On voit
que l'enjeu est de taille et explique la
dureté de la confrontation et de toute
réforme. En effet elle
ne touche pas à des "connaissances",
seulement, mais à des conceptions de "la
connaissance" (savoir tout fait ou à
construire continuellement), de la relation
maître/élève (quelqu'un qui
instruit un autre ou quelqu'un qui aide,
organise...), de ce qu'est un formateur (un
modèle ou un aide, un organisateur), du
rôle du maître dans une classe
("instruire" ou "instruire et éduquer"),
etc...
<Concrètement
quel impact auront ces réformes sur le
déroulement d'une formation pour nos jeunes
: plus de concours d'entrée en IUFM
?>> <<Bonjour, Je
partage tout à fait votre interrogation sur
la formation des enseignants, en particulier ceux
du secondaire, dont je suis, en prise directe avec
les formes d'enseignement. Mais, les structures de
formation mises en place en IUFM, ont
perpétué la séparation entre
le disciplinaire ( à "transmettre" ...) et
le transversal (autrement dit, tout ce qui concerne
la pédagogie - y compris la didactique -,
relevant du domaine de l'art aux yeux de certains).
Les termes en italiques ne sont pas les miens mais
ceux choisis par mon IUFM. ... Bien
cordialement.>>J.M. <<Cher
collègue, Il me semble qu'à force de
"psychologiser" vous semblez ne pas voir
l'essentiel qui est que mettre à bas les
IUFM, d'une part pour des raisons
idéologiques (redonner la main aux rectorat
sur les IUFM), et d'autre part tout simplement
économiques : mettre les stagiaire sur le
terrain en lieu de place des titulaires non
recrutés...Et pour clore le tout, remettre
les universitaires dans les universités
(..tant pis pour les didacticiens qui retourneront
à leur champ clos), et les professeurs dans
leur classes de lycée (qu'ils y
restent)... Resteront les
"pairs"...professeurs de écoles qui
procéderont à des "analyses de
pratiques"....comme si à partir de rien on
allait créer du savoir par la seule
discussion ?? Si vos réflexions peuvent
avoir une certaine pertinence (que j'avais
déjà relevée par
moi-même il y a quelques années) il
n'en reste pas moins que le moment est mal choisi
pour s'interroger au fond : hiérarchiser les
priorités c'est d'abord ne pas donner de
bonnes raisons à ce ministre
réactionnaire autant que méprisant
pour les personnels enseignants. C'est à
l'intérieur des IUFM que les forces
progressistes feront avancer la cause de la
formation "intelligente"..à condition de ne
pas être sous le couperêt. Merci cher
collègue de prendre en considération
ces quelques remarques.>>C.Balpe,
maître de conférence et membre de la
FSU. <<Mais
qu'apprend-on dans un IUFM? Partout le
modèle se rapproche des sciences exactes.
Proche du comportementalisme. Le sujet est en cause
mais est oublié: comment aider un humain/un
enseignant à découvrir et
éventuellement l'aider à modifier son
"activité de pensée" en cours de
l'acte pédagogique? "Prendre soin" de
l'Autre reste le noeud ignoré du
problème dans les formations en IUFM parce
qu'il renvoie au sujet en évolution, capable
de modifier ses approches.
L'intersubjectivité est
reléguée au discours savant. La
didactique toute puissante interdit de
réfléchir et d'être sensible
à l'Autre.>>
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