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PLAN
DU SITE
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L'école
du futur
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J'ai
posé la question suivante,
par mail, à un certain
nombre de personnalités:
"De
quelle façon est-il
possible d'aborder, la question
de l'école du futur. Par
quel sujet, par quel
problème ou dans quel
esprit peut-on traiter cet aspect
fondamental de notre avenir ?
(Répondre par un texte
court de 5 à 10 lignes)".
Tous n'ont pas respecté la
consigne sans doute trop
réductrice ! Les textes,
toujours très
intéressants ont,
malgré tout,
été repris en
entier.
Voici
leurs réponses
classées par ordre
alphabétique:
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Laurence
BARANSKI
Conseil
auprès des entreprises et institutions
Cofondatrice de TP-TS
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Biographie
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Le devenir de
l'école, un enjeu vital pour nos
sociétés
Par quel sujet, par
quel problème, ou dans quel esprit traiter
cet aspect fondamental de notre avenir ?
Dans les
années 1968 à 1990 je fus
écolière, puis lycéenne, puis
étudiante. Je suis donc un produit de
lécole française de la seconde
moitié du siècle dernier. Quy
ai-je appris ? Ce que jappellerai les savoirs
de bases. Indispensables à mon
intégration dans le monde des adultes,
à mon autonomie professionnelle, et par
là même à mon besoin de
contribuer à la vie de la
société, à mon
épanouissement et à lestime de
moi. Que ny ai-je pas appris ? A explorer
deux espaces essentiels.
Le premier
relève de la connaissance de moi.
Je nai pas
appris à lécole, ou si peu, qui
« je » suis. Un être humain en
quête de sens et comme nous tous, en tout cas
beaucoup dentre nous, piégés
dans des filets émotionnels (résultat
de notre histoire personnelle) qui filtrent et
alourdissent notre aptitude à vivre avec
force et simplicité avec nous-même et
avec les autres.
Le second
relève de la capacité à faire
des liens entre les savoirs qui
métaient proposés.
La
réalité est complexe, naturellement
reliée et interdépendante.
Lécole ne ma pas donné
cette clé pourtant si vitale, au sens
premier du terme.
Pour apprendre
cela, jai du faire lécole
buissonnière et me former à celle de
la vie, la vraie. Non sans mal. Jai
trouvé dautres professeurs sur ces
chemins de traverses. Heureusement. Ces
connaissances métaient indispensables.
Je men aperçois avec le recul.
A lheure
où nous devons nous interroger sur la
finalité de nos sociétés,
à lheure où la survie de
lhumanité exige une réforme
culturelle et anthropologique qui nous fera passer
de la compétition et de lisolement
à la coopération et à la
réciprocité, lécole
de ce début de siècle doit
intégrer la formation à la
connaissance de soi et au développement
dun nouveau regard sur le monde. Un regard
complexe et transdisciplinaire. Sans cette
école régénérée,
aucune société nouvelle ne verra le
jour. Aucun de nos idéaux humanistes ne se
réalisera. Nous continuerons à parler
dans le vide, à nous gargariser de nos
propres discours dans la méconnaissance du
fait que ce sont nos actes et nos pratiques, au
quotidien, qui leur donnent du sens. Qui donnent du
sens à lécole, à nos
vies, et à la société. Le
travail que nous avons à faire,
individuellement et collectivement, est de mettre
ces actes et ces pratiques en cohérence avec
les aspirations démocratiques que nous
affichons.
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Claudine
BLANCHARD-LAVILLE
Professeur de
Sciences de l'Education, Paris X
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Son
site
Dans ce
site:
La
dimension groupale de la classe
Master
professionnel d'analyse des
pratiques
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Pour une clinique de
la formation
Que les recherches
sur les pratiques enseignantes nous aident à
comprendre comment les enseignants contribuent
à construire le rapport au savoir de leurs
élèves, tout en nous sensibilisent
aux répercussions dans les espaces
denseignement des phénomènes de
déliaison sociale, et quelles
singénient à repérer les
organisations didactiques les plus performantes, ne
doit pas nous faire oublier que, dans ce
métier de lhumain par excellence
quest lenseignement, si nous ne
travaillons pas à favoriser
linstauration et le maintien de liens
psychiques bien tempérés entre les
élèves et les enseignants, toute
transmission deviendra impossible. Si nous voulons
que les forces de liaison soient le plus souvent
gagnantes, transmettons aux enseignants de demain,
en le partageant avec eux, le geste de construire
un cadre approprié pour que ces liens
puissent vivre et croître, accompagnons-les
pour soutenir une posture intérieure
adéquate par rapport aux difficiles
conditions actuelles dexercice de ce
métier.
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Marie-Françoise
BONICEL
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Dans ce
site:
Transmettre
:
illusion,
défi, ou acte d'espérance
?
L'enseignant
hypermoderne
Handicap
ou différence : broder sa vie d'homme
?
Accompagner
: la belle histoire
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Quelle école
pour quel avenir ?
Des auteurs se sont
aventurés à ajouter des chapitres au
livre fétiche de Kahlil Gibran" le
Prophète".Je prendrais bien la
liberté de faire de même :
" Monsieur le
Président ou Madame la Présidente qui
voulez être élu (e), parlez-nous de
l'Ecole".Et le (la )Président
(e)répondit :
" Il appartient
à l'Ecole :
De passer du
réalisme utopique à l'utopisme en
action .
De préparer
l'élève à anticiper et
à intérioriser l'imprévisible,
à favoriser son autonomie tout en lui
faisant découvrir la fertilité de
l'autorité, de lui faire traverser
l'expérience de
l'hétérogène et de la
cohésion dans un univers complexe afin de
l'aider à développer son
identité terrienne dans la
coopération et la solidarité .
D'aider les
personnels, les élèves et leurs
familles à sortir de la culture de la
plainte pour entrer dans la culture du
désir, pour le futur mais aussi pour le
présent .
De leur permettre
de partager des projets plutôt que des
problèmes et d' envisager une autre
manière de recréer des liens sociaux
et des liens de pensée, notamment en
favorisant l'apprentissage de la communication et
en créant des lieux et des temps de partage
et de fraternité.
De renoncer
à réclamer des moyens
supplémentaires, en redistribuant
judicieusement ceux qui existent et en passant d'un
ajustement conservateur à un ajustement
créateur favorisant l'innovation,
l'expérimentation, la création,
puisque comme le dit Hannah Arendt "une crise ne
devient catastrophique que si nous y
répondons par des idées toutes
faites".
" Je m'y engage
", ajouta le (la) président (e) !
"
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Dr Cyrille
CAHEN
Neuropsychiatre
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Dans ce
site:
Accompagnement
d'enfants et d'adolescents en difficulté
scolaire
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Forcerions-nous nos
enfants à manger des noix sans casser la
coquille ? Une telle question ne saurait être
le produit que d'un cerveau malade. Et pourtant, la
pratique de l'enseignement, non seulement chez
nous, mais dans tous les pays dits
évolués, nous démontre que
cette manière de procéder n'est pas
exceptionnelle. Les mots sont des noix : pour que
le son devienne sens, pour que le signifiant
accouche d'un signifié, autrement dit, pour
qu'il y ait compréhension, il faut briser la
coquille : non seulement expliquer le sens des
mots, mais veiller à ce que l'explication
elle-même soit donnée en termes
intelligibles pour un public donné. Enfin,
s'assurer que la définition puisse
être reprise par l'apprenant dans des termes
prouvant qu'il a compris. La difficulté
provient de ce que nombre d'enfants, ayant appris
le mot s'imaginent avoir compris la chose, mais un
test rapide montrerait qu'un grand nombre
d'élèves sont incapables, mettons au
niveau 5ème, de définir ce qu'est une
bissectrice, un adverbe, une assemblée
constituante, un affluent, un
dénominateur... Ce flou, cet
à-peu-près dans les connaissances est
non seulement un facteur important de
l'échec scolaire, mais aussi la cause d'un
découragement
généralisé devant toute forme
de discours théorique ou explicatif. Encore
les termes cités plus haut, si
rébarbatifs qu'ils paraissent à
certains, sont-ils nécessaires ; mais que
penser du " champ lexical " ou du " schéma
narratif ", concepts qui semblent destinés
à stériliser toute émotion et
à tuer dans l'oeuf tout plaisir
esthétique ? Finalement l'idée que
les mots sont des mots et qu'il n'y a rien à
comprendre s'insinue dans les esprits qui ne sont
plus capables de comprendre que les
énoncés les plus simplistes et les
plus passionnels.
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Georges
Chappaz
Maître de
conférence - Université de Provence -
Marseille
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Jai l'impression
que tout à été
déjà dit sur l'école, mais
souvent, trop souvent, sur le ton de la
polémique.
Cependant, dans un
groupe AGSAS pas plus tard que Samedi à
Montpellier, nous nous demandions pourquoi les
Professeurs d'école ne recevaient pas une
formation véritablement professionnelle, par
exemple sur la base de la formation des
"Maîtres AIS" où sont fournis des
moyens d'analyse des difficultés
d'apprentissage et "à grandir" des enfants
dans les différents temps de leur
croissance.
Mais il est sans
aucun doute possible d'en dire autant pour les
professeurs de collège et de lycées :
surtout ceux de collège d'ailleurs car de
mon point de vue, c'est en ces temps de croissance
que se joue beaucoup de choses.
Ne pourrait-on pas
reprendre quelques idées du Plan
Langevin-Wallon (n'ayons pas peur d'être
"rétro") où le travail sur projet est
à même de donner sens aux
apprentissages, et puis si on est vraiment
"rétro", nous pourrions aussi aller chercher
dans les "Pédagogies nouvelles" qui ont
bientôt 100 ans, dans lesquelles le projet et
les activités coopératives sont au
centre de l'organisation des apprentissages
?
Quand
arrêtera-t-on de sélectionner les
professeurs d'école avec des
problèmes de mathématiques aussi
bêtes que le suivant :
<< un nombre
est composé de trois chiffres dont la somme
est X, si on intervertit les chiffres des centaines
et des dizaines ce nombre augmente de Y et si on
intervertit les chiffres des centaines et des
unités ce nombre augmente de Z : trouver ce
nombre !>> (Il y a peut-être une erreur
dans l'énoncé, mais c'est à
peu près cela).
Celui qui a
"réussi" cet exploit sera-t-il un "bon"
professeur de mathématiques au "primaire"
?
Tu vois, j'ai
écrit, au bout du compte, quelques lignes un
peu décousues, mais dont la trame est sans
doute la réforme profonde des objectifs de
formation et de sélection des maîtres
de tout niveau.
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Yves
CHEVALLARD
Professeur des
universités Université de
Provence (IUFM)
|
Son
site
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Faire École,
à nouveau
À l'instar
d'autres institutions à la fois
familières et vieillies, l'École
souffre d'un mal cruel : nécrose du sens.
Elle est là, posée comme un gros
caillou dans le paysage de nos
sociétés. Mais ses raisons
d'être se sont élidées :
situation dévastatrice. Expérience de
pensée : appelons-la de son nom grec,
skholè. Pourquoi, alors, la
skholè?
Question
première, qui commande toute interrogation
sérieuse sur la " chose " École.
Réponse : la
skholè, lieu voué à
l'étude d'uvres existantes ou
possibles (c'est-à-dire de manières
de faire ceci ou cela et de penser ceci ou cela),
en tant que ces uvres répondent
à des questions ombilicales, grandes et
petites, faisant saillie sur l'ordinaire des
travaux et des jours. Fort bien, diront certains,
qui croient tout comprendre ; mais l'École
est désormais une skholè
d'opérette, dénuée d'efficace
; c'est l'entreprise qui, aujourd'hui, est la vraie
skholè !
Deuxième
question, donc : où situer la skholè
de la République, qui satisfasse
l'indépassable obligation d'instruction des
citoyens ?
Réponse :
dans un lieu où l'on étudie
résolument, et tous ensemble, ces questions
dont un pédagogue inspiré disait
naguère que, dans une démocratie
moderne, chacun a le droit qu'on lui interdise de
ne pas les rencontrer (has the right not to be
allowed to avoid). Exit donc l'entreprise comme
école première. Mais l'École -
l'école pour tous, tous ensemble -
répond-elle aujourd'hui à ce
critère ? La racine du mal est là,
silencieusement : dans le " choix " des questions
et des uvres qu'on y étudie ou qu'on y
évite. L'aggiornamento de l'École,
qui la sauvera, doit commencer par là.
Condition sine qua non, qui seule peut redonner
sens et énergie à l'engagement des
professeurs, à l'effort des
élèves, au souci des parents,
à la volonté des citoyens de faire
école pour faire société.
Vaste problème, sans doute, mais qui a des
solutions. Et que nous sommes condamnés
à résoudre.
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|
Jacques
DEMORGON
Philosophe et
sociologue
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Dans ce
site:
Construire
une Europe des échanges
Construire
son identité, aujourd'hui, dans les
banlieues du monde
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|
Quatre perspectives
pour une éducation du
futur
1/ Une «
éducation à lespace
planétaire » composant nos
enracinements régionaux, nationaux et nos
horizons continentaux et mondiaux permettant
déviter tout fondamentalisme, ancien
ou nouveau, toute pensée unique.
2/ Une «
éducation à lhistoire
planétaire » et au riche patrimoine
culturel de lhumanité, à
développer encore pour faire face aux
nouveaux défis du futur.
3/ Une «
éducation à la reliance »
des individus, des groupes, des
sociétés dans une espèce
humaine ouverte à son contexte cosmique et
à la diversité biologique, animale et
végétale.
4/ Une «
éducation aux oppositions et aux conflits
», pas toujours source de violences
extrêmes mais pouvant, aussi, pouvant
stimuler linvention de nouvelles
coopérations indispensables entre individus,
groupes et sociétés.
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|
André
DE PERETTI
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Dans ce
site:
Lettre
ouverte aux enseignants
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Le Monde autour de
nous change: et vite, très vite! On le
sait... mais l'Ecole; en France, bougerait-elle?
Naturellemnt, oui! Tout le monde chez nous, attend
impatienmment, en se chamaillant comme à
l'habitude, des mesures de réorganisation et
de " mise-à-jour" dans nos institutions
scolaires et universitaires; tout juste à la
sortie des Urnes! On verra ce qu'on
verra...
Quelles que seront
ces mesures (et seront-elles "mesurées"?)
gageons qu'elles ne pourront se dispenser de
répondre à notre besoin de "bon
sens": au moins si nous ne le détournons pas
en prétentions, comme a su, finement, nous
le reprocher le bon et méthodique
Descarte!
Convenons
consensuellement, - serait -ce possible?- , que
rien ne se fera de fécond et d'utile dans la
vie quotidienne de notre Ecole, sans :
1) la confiance
et le respect témoignés
à tous les acteurs du système
éducatif et scolaire, adultes et
jeunes;
2) la
responsabilisation et professionnalisation
soutenues chez les personnels en
service, mais aussi les élèves
en vue de leur orientation;
3) la
solidarité de tout l'environnement de
l'Ecole et la coopération
compréhensive des parents
d'élèves ;
4) le
développement de la recherche
pédagogique et didactique ainsi qu'une
considération honnête accordée
aux Sciences de l'Education dans
l'Université et l'Opinion.
A titre indicatif,
on peut saupoudrer ci-dessous quelques dispositions
et précautions autant symboliques que
pragmatiques, signifiantes!
Lire
le détails des
propositions
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François
DUBET
Professeur de
sociologie à l'Université
Bordeaux-II, Directeur d'études
à l'EHESS
|
Son
blog
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Plutôt que de
dire ce qu'il faudrait faire à
l'école, je voudrais me poser la question de
savoir pourquoi les candidats à
l'élection en disent si peu. En fait de
politique scolaire, tout se passe comme si les
candidats ne cherchaient qu'à séduire
les électeurs enseignants : un peu d'appel
à l'ordre à droite, beaucoup de
moyens et pas de réformes à
l'extrême gauche, un peu des deux à
gauche
Et plus la campagne avance, moins on
en dit. En fait, tout se passe comme si
l'école n'appartenait qu'aux membres de
l'Education Nationale, dont je fais partie, et
comme si, ceux-ci incarnaient naturellement
l'intérêt général. Je
souhaite donc que le débat ne s'organise pas
sur tel ou tel point " technique ", mais sur la
question de savoir si notre société a
la capacité de maîtriser les
politiques scolaires ou si, définitivement,
celles-ci lui échappent.
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|
Daniel
FAVRE
Enseignant-chercheur
en Sciences de l'Education
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Biographie
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TROIS
PROPOSITIONS POUR LES CANDIDATS À LA
PRÉSIDENCE DE LA
RÉPUBLIQUE
Si je devais faire
des propositions sans moyens financiers
supplémentaires pour que le monde de
l'enseignement remplisse mieux ses engagements
éducatifs, transmettre des savoirs et des
valeurs, former des citoyens, je me focaliserais
sur trois points :
1 - Ayant pu
constater que beaucoup d'enseignants sont à
titre individuel partagés entre deux
systèmes de valeur apparemment peu
compatibles :
-celui (dominant)
de la société marchande qui a
imposé comme valeur le "toujours plus !"
avec les comportements addictifs associés
à la croissance et à toutes les
formes de compétition, la logique de
l'exclusion, (cela ne peut pas être du
"toujours plus pour tout le monde") et
l'irresponsabilité liée à
l'obtention du plaisir immédiat et sans
limite ;
-et celui des
valeurs de la République qui implique la
solidarité, la logique de l'inclusion
(chaque élève est important) et la
laïcité pour développer la
résistance du futur citoyen à
l'emprise et à la manipulation. Il s'agit
d'éduquer ici à la
responsabilité par rapport à soi, aux
autres et à l'environnement avec comme
valeur : le " encore mieux ! ".
Il en
résulte une tension inhibitrice de l'action.
Les enseignants doutent : doivent-ils adapter ou
désadapter les élèves à
la société marchande ?
Ma proposition
serait que dans chaque établissement soit
pris sur le temps professionnel, celui d'une
réflexion sur les valeurs qui
déchirent notre société
au-delà des idéologies de droite et
de gauche. Cela permettrait de prendre conscience
de cette tension et du coup faire un choix
conscient et collectif des valeurs au service
desquelles chacun mettrait son engagement
professionnel. Cet engagement pourrait faire
l'objet d'une charte qui expliciterait ce à
quoi les enseignants disent OUI et serait
donnée aux élèves et à
leurs parents. J'ai pu vérifier que ce
travail d'explicitation des valeurs soude
l'équipe enseignante et permet à
chacun de retrouver de l'énergie lorsque
l'angle entre ses valeurs profondes et ses
comportements devient de plus en plus aigu. Le
travail collectif permet alors, si c'est un choix,
de s'affranchir du système de valeur
dominant. D'autant plus que dans le cas
présent, ce n'est pas être rebelle que
de vouloir la solidarité sociale, la
coopération interindividuelle, et des
élèves dont on a favorisé
l'esprit critique, c'est la mission officielle des
enseignants français !
2 - Il est
habituel d'attendre du ministère la
réforme, le cahier des charges, la lettre de
cadrage, l'instruction qui va solutionner le
problème et une fois qu'on l'a eu d'en voir
tous les défauts. Je suis persuadé
que cette pratique infantilisante pourrait
être amendée si on demandait
officiellement aux enseignants de donner leur avis
sur ce qui ne va pas à l'école en
séparant ce qui demande des moyens
supplémentaires (postes,
crédits
) et ce qui n'en demande pas.
Ce second point repose sur cette idée simple
que ce sont les enseignants qui sont le mieux
placés pour identifier les problèmes
et proposer des solutions. On aurait suite à
cette enquête nationale deux listes : ce qui
dépend des enseignants et ce qui
dépend du gouvernement. Ils s'en suivrait
une responsabilisation des uns et des autres dont
les premiers bénéficiaires seraient
les enseignants et les seconds, les
élèves.
3 - Il
existe une ressource précieuse (mais
dédaignée) dans notre pays : les
enseignants retraités en pleine
santé, bourrés de savoir faire et qui
sont prêts à offrir quelques heures
par semaine pour aider des collègues,
participer à la formation des enseignants,
intervenir auprès d'élèves ou
des parents d'élèves pour peu que les
lois, les règles, l'inspection
académique, le rectorat ne rendent pas les
choses trop difficiles. Danièle,
ex-principale de collège en zone sensible,
pourrait former des enseignants à la
médiation ; Aline, ex-formatrice, sait
donner envie d'écrire aux
élèves d'origine gitane ; Allen,
ex-agrégé de physique, sait rendre
"appétantes" la physique et les
maths
Grâce
à eux l'école offrirait un meilleur
service public, grâce à l'article de
loi qui rendrait leur intervention légale,
ils pourraient continuer à se sentir utiles
dans la société et transmettre dans
des conditions idéales le meilleur
d'eux-mêmes.
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|
Roger-François
GAUTHIER
Inspecteur
général de l'administration de
l'Education Nationale et de la
Recherche
|
Dans ce
site:
Évaluation
des acquis des
élèves
évaluation
de système,
où
en est-on en France en 2006
?
|
|
Les politiques
éducatives des dix prochaines années
sont-elles condamnées à ressasser les
thèmes du dernier quart du vingtième
siècle ? De nouvelles perspectives sont
pourtant devenues nécessaires :
- fusionner
enseignement primaire et collège,
avec l'objectif unique de conduire tous les
enfants à la maîtrise des
connaissances et compétences
nécessaires à vivre ;
- faire du
lycée général et
technologique l'antichambre méthodique de
l'enseignement supérieur, en allant
vers un baccalauréat unique
préparant aux compétences
génériques nécessaires aux
poursuites d'études ;
- cesser de
rendre l'école à tous niveaux
transitive aux angoisses
générées par le monde socio
-économique en faisant d'abord de
l'école un lieu de joie d'apprendre, et
non de peur d'être
jugé
- reconsidérer
toute la question des élèves en "
difficulté ", notamment en
s'interrogeant sur le prééminence
accordée en permanence aux soi-disant
fondamentaux de " français " et de "
maths ", au détriment d'autres
compétences culturelles
marginalisées ;
- proscrire
à tous niveaux tout calcul de moyenne
arithmétique de notes
hétérogènes et construire
un vrai contrôle continu, au niveau de
l'établissement, de l'apprentissage des
connaissances et compétences simples ou
complexes ;
- donner aux
élèves et aux familles la
liberté du choix de leur filière
d'études.
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|

|
Serge
GINGER
Psychologue
clinicien, psychothérapeute, fondateur de
lÉcole Parisienne de Gestalt (EPG)
|
E.P.G.
Dans ce
site:
En
quoi les enseignants sont-ils concernés par
la psychothérapie ?
Cerveaux
féminin/
masculin
|
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Arrêtons de
fabriquer des
hémiplégiques
Ségolène
Royal, dans son « pacte », vient de
souligner à nouveau avec passion
quelle plaçait léducation
au centre de son programme.
Et dans
léducation, que placer au centre du
programme ?
Certainement pas
lacquisition de connaissances, mais la
relation humaine entre lenseignant et les
élèves.
La connaissance
aujourdhui est accessible sans effort,
à travers les livres et à travers
linternet. Elle ne manque pas ; elle est en
surabondance.
Il ne faut pas
enseigner des connaissances, mais apprendre
à les trouver, et surtout à trier
parmi les connaissances.
Tout cela implique
que lécole stimule non seulement
lintellect mais la personnalité des
élèves, quelle développe
non les fonctions corticales du cerveau, mais notre
cerveau émotionnel limbique profond, non
seulement notre hémisphère gauche
rationnel, mais aussi notre
hémisphère droit artistique et
émotionnel. Arrêtons de fabriquer des
« hémiplégiques »,
intelligents mais incapables de partager une vie
sociale épanouie.
Seule une formation
« expérientielle » vécue du
maître, à travers des stages et
séminaires dimplication personnelle,
lui permettra de mieux saisir la psychologie de ses
élèves et non des cours
théoriques sur la grammaire, les
mathématiques, ou même sur les
méthodes denseignement ou sur la
psychologie.
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|
André
GIORDAN
Professeur,
Directeur du Laboratoire de Didactique et
Epistémologie des Sciences,
Université de
Genève
|
LDES
|
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Les savoirs
importants pour décoder le monde ne sont pas
à l'école. Enseigner n'est pas
automatiquement faire apprendre Apprendre est trop
complexe pour se résoudre par une seule
méthode. Beaucoup de chantiers sont à
mettre en place si l'on ne veut pas que
l'école ne disparaisse à la
manière du Mur de Berlin durant la
décennie qui vient.
Mais surtout que le
prochain ministre de l'Education ne propose pas
à son tour sa réformette personnelle
: une supposée nouvelle loi d'orientation.
Un peu de recul sur un passé récent
montrerait que le changement de l'école ne
se légifère pas... et que le
changement ne vient jamais d'en haut ! Trente ans
de réformes successives non
préparées, non partagées,
inachevées, pas évaluées ont
fini par bloquer le système.
Cette
difficulté de mutation n'est pas l'apanage
de l'école : toute organisation
réagit de la sorte. Dans tout système
humain (individu, service, entreprise,
institution), le fait de légiférer ou
de décréter un changement
immédiat et brutal est ressenti par ses
éléments ou ses membres comme un
diktat. Tous le vivent comme une agression et
réagissent immédiatement en opposant
toute l'énergie de leurs
résistances.
|
|

|
Françoise
HATCHUEL
Maîtresse
de conférences en Sciences de
lEducation. Université Paris
X
|
Dans ce
site:
-Qu'est
ce que le rapport au savoir?
Rapport
au savoir des filles et des
garçons
|
|
"L'école du
futur, ce serait une école où enfants
et adultes pourraient se reconnaître
mutuellement comme sujets, c'est-à-dire
comme êtres humains porteurs de
questionnements, de doutes, de désirs et
d'histoires souvent difficiles à
déchiffrer et à faire vivre. Si
l'école de la République s'est
instituée sur la base d'une négation
de la singularité à l'heure où
le positivisme triomphant permettait de croire en
un salut par la rationnalité, à
l'heure aussi où la France se constituait en
nation, nous en avons vu aujourd'hui les impasses
et il me semble que l'école ne peut survivre
que si elle accepte de retravailler la place du
savoir : non plus une certitude instituante mais un
ensemble de réponses, forcément
partielles mais néanmoins précieuses,
aux questions qui se posent depuis toujours
à l'humanité. Cela demande
probablement d'aider chacun-e à retravailler
son rapport à l'autre et au
savoir".
|
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|
Georges
HERVE
Enseignant,
psychologue scolaire, fondateur-animateur de
l'association-réseau REVEIL
|
REVEIL
Dans ce
site:
Transformation
personnelle / transformation
sociale
|
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3 propositions en 5
à 10 lignes, c'est un peu une gageure. Ce ne
peut être que lapidaire.
Voici donc, brut de
décoffrage, 3 points qui me paraissent
importants - sans être les seuls !
1. redéfinir
les valeurs qui fondent notre éducation : je
partage totalement l'avis de Daniel Favre.
J'ajouterai cependant que cette
redéfinition, pour qu'elle soit
démocratique, ne peut se limiter à la
confrontation d'opinions, mais doit émerger
d'une réflexion approfondie, d'un
débat argumenté, prolongé dans
le temps, auquel les enseignants seront
invités à participer, mais aussi,
parallèlement ou dans un deuxième
temps, l'ensemble des citoyens. Car
redéfinir les valeurs conduit à
redéfinir les missions de l'Ecole (au sens
le plus large) et donc à faire un choix de
société.
2. partir de la
base : l'école primaire. Relancer la Charte
pour bâtir l'Ecole du 21e siècle
(jamais abrogée). Sur le modèle du
projet d'expérimentation concernant
l'aménagement du temps de l'enfant
lancé par Guy Drut en 1995, lancer un appel
en vue de la constitution de sites pilotes de
l'éducation chargés, sur la
durée d'une législature, par exemple,
d'explorer des voies d'application de cette Charte.
3. favoriser et
valoriser l'expérimentation
pédagogique en rapprochant les chercheurs
universitaires, les formateurs des IUFM, les
mouvements pédagogiques, mais aussi les
praticiens de terrain (recherche-action). Relier
effectivement les formations initiales et
continuées à la recherche
pédagogique permanente. Transformer les
Inspecteurs en incitateurs et coordonnateurs des
recherches-actions (relire ce qu'en dit le plan
Langevin Wallon à ce sujet).
Et, si un 4e point
peut être évoqué :
Amorcer
réflexions, expérimentations,
recherches (notamment historiques - et à
l'étranger) en vue de relier l'ensemble de
le scolarité obligatoire en un
établissement unique et diversifié :
l'école fondamentale. Ce point prolongeant
le n°3.
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Emmanuel
JARDIN
Professeur de
philosophie
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CEMEA
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Plaidoyer pour une
école
démocratique
L'école
française ne s'est jamais vraiment remise de
la critique sociologique qui l'a secouée
dans les années soixante, soixante-dix. A
tel point qu'elle ose à peine revendiquer
encore sa vocation d'institution de l'homme
démocratique comme le faisait sans
équivoque Jules Ferry. Cette critique a eu
un double effet chez les enseignants : d'un
côté un désenchantement source
de malaise identitaire, de l'autre une crispation
sur une forme scolaire obsolète et largement
fantasmée, l'école de la
IIIème République.
Pourtant, aucune
Ecole ne peut avoir de sens sans porter
conjointement dans son horizon un idéal
d'homme et de société. Pour autant,
comme le remarquait déjà Durkheim,
l'école n'a pas le pouvoir de
façonner de toutes pièces un nouvel
homme et un nouveau monde mais elle peut seulement
- ce qui n'est déjà pas une mince
affaire - uvrer pour que la
société s'accorde petit à
petit avec les valeurs qui la fondent. Quelles sont
ces valeurs dans une société
démocratique ? La solidarité dans la
liberté, l'égalité dans la
différence. L'homme qui se situe à
l'horizon des sociétés
démocratiques est donc un individu libre et
singulier uni à ses semblables dans des
liens de coopération vivants et respectueux
qui se tissent dans la parole
échangée. Et de manière
symétrique, la société
démocratique est un organisme dont la
vitalité s'accroît dans la mesure
où s'accroît celle de chacun de ses
membres. Une école démocratique a
vocation à instituer ce monde, c'est en cela
que réside sa justice.
Mais l'Ecole ne
pourra instituer des individus singuliers, sachant
faire preuve d'initiative, de responsabilité
et de sens de l'action collective qu'à
condition que ceux qui la font, les enseignants,
soient eux-mêmes de tels individus. Et cela
n'est possible qu'en changeant l'organisation des
établissements et en redéfinissant
les diverses dimensions du métier
d'enseignant. C'est ce pari qu'ont engagé
tous ceux qui ont fait le CLE depuis vingt -cinq
ans.
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IUFM
de
Reims
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Jean
Baptiste LAGRANGE
Professeur des
Universités. Didactique des
Mathématiques.
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Quelles
mathématiques aujourd'hui dans la
société et à l'école
?
Dans un contexte de
libéralisme et d'intégration
européenne, les hommes et femmes politiques
français ont découvert à la
fois leur relative impuissance à apporter
des solutions aux attentes des citoyens dans les
domaines économiques et sociaux, et
l'intérêt électoral que
présentent pour eux les " questions de
société ". Après le cancer et
la violence routière, les apprentissages
scolaires constituent leur prochain horizon. Ainsi
voit-on le titulaire actuel du Ministère de
l'Education prétendre réformer
l'enseignement des Mathématiques à
l'école primaire après celui du
Français. Un candidat se prononce quant
à lieu sur les contenus mathématiques
qui seraient formateurs " dans la
société que nous voulons
".
En tant que citoyen
je préférerais voir les hommes et
femmes politiques affronter les questions
financières liées au choix d'un
enseignement démocratique de masse. En tant
que chercheur en didactique, il ne m'est pas
possible de refuser le débat sur les
contenus. La façon dont ce débat est
abordé dans les deux exemples dont je viens
de parler montre bien à quel point la
société est peu sensibilisée
à une approche scientifique des questions
d'éducation : la nostalgie pour un type
d'apprentissage adapté à la
société des années 1950 tient
lieu de discours de référence. La
réaction de la communauté
scientifique (voir http://educmath.inrp.fr/) pour
appropriée qu'elle soit, me semble se situer
davantage au plan technique qu'à celui des
questions de société. Si les hommes
politiques peuvent à ce point ignorer les
travaux sur l'Education, c'est peut-être que
ceux-ci ne prennent pas assez en compte la question
des rapports de la société aux
savoirs. Pour développer ce point de vue, je
vais prendre l'exemple du calcul.
Le calcul est
aujourd'hui partout dans le moindre des dispositifs
que nous utilisons. Pendant que j'écris sur
ce traitement de texte, une boucle de programme
compte l'espace pris par les caractères
tapés depuis le début de la ligne.
Quand cet espace est suffisant pour remplir une
ligne, le système opère une
césure judicieuse du texte et calcule une
répartition agréable des espaces
entre mots. En tant qu'utilisateur, je n'ai pas de
calcul proprement dit à faire, mais il me
faut agir sur le calcul qu'opère la machine,
en changeant de police, de longueur de marge, en
positionnant judicieusement des
tabulateurs
Comme autrefois,
l'apprentissage du calcul à l'école
doit permettre aux élèves à la
fois des pratiques sociales et l'entrée dans
les mathématiques. L'évolution
technologique marque une modification profonde des
pratiques sociales du calcul, et des modes
d'entrées dans les mathématiques. En
dehors de l'école, le calcul est partout,
intégré et opéré
automatiquement dans des systèmes
finalisés. Ces systèmes permettent
à l'utilisateur un pilotage externe du
calcul par un paramétrage qui prend sens en
fonction des finalités du système. De
même la façon de faire des
mathématiques a profondément
changé avec les logiciels
dédiés. Qui aura le courage de
rejeter la nostalgie d'un âge supposé
idyllique et donnera sa place aux apprentissages de
la société d'aujourd'hui ?
|
|

|
Martine
LANI-BAYLE
Professeur en
Sciences de l'éducation,
Université de Nantes; Rédactrice
en chef de la revue "Chemins de
formation"
|
Son
site
.lani-bayle.com
.fc.univ-nantes.fr/transform
|
|
Principe de
NON-SEPARATION pour une Ecole du futur : les 3 S,
Savoirs, Solidarité,
Sécurité
Nous avons tous
besoin de sécurité, afin que
l'angoisse d'apprendre ne l'emporte sur le
désir et le plaisir de savoir. Nous avons
tous besoin d'une école où les
adultes forment une équipe solidaire
en mesure d'accompagner des enfants solidaires (et
non pas en compétition) à
dépasser leurs peurs, l'inquiétude
face à l'inconnu, les interdits de savoir,
les détournements de mémoire,
l'impasse à comprendre
les tensions
abrutissantes.
D'un espace
habitable et à sa mesure où
l'élève, acteur de ses
découvertes, expérimente, interroge,
avec des enseignants passionnés, des
savoirs décloisonnés ; d'un
espace où se développent une zone de
curiosité et un partenariat de construction
partagés.
D'un creuset
d'humanité et d'émulation joyeuse,
contrastant avec une ambiance de violences et
autres dégradations.
Rêves ?
Utopies ? Avenir ?
|
|

|
Jean-Louis
LE MOIGNE
Professeur
émérite, Université d'Aix
-Marseille
|
Programme européen
"Modélisation de la CompleXité"
http://www.mcxapc.org/
|
|
Par quel Sujet
-Problème ? Celui de l'inculture
épistémologique de trop de chercheurs
scientifiques et, par là de trop
d'enseignants de tous types et niveaux. Toutes nos
institutions scientifiques sont
imprégnées par cette inculture (ou
cette monoculture) post scientiste, qui facilite
l'exercice corporatif des carriérismes
dé-civilisateurs. Ainsi se légitime
croit-on, la césure entre celui qui sait et
celui qui fait.
Il s'agit de rendre
possible la boucle fondatrice de la culture humaine
: transformer l'expérience en science avec
conscience. Autrement dit ne plus séparer
Pragmatique, Épistémique et Ethique.
Ou encore, rester sans cesse attentif à la
légitimité socio-ulturelle des
connaissances que nous produisons-transformons et
que nous enseignons.
Il faut que nous
nous répétions sans cesse "l'expert
est aveugle sans les lunettes du citoyen",
Alors que les
experts (scientifiques, enseignants) continuent
à expliquer aux politiques et au peuple: 'le
citoyen est aveugle sans les lunettes de
l'expert.", (LE MONDE | 23.01.07 ), ce qui justifie
à leurs yeux leur chasse aux crédits
et aux postes que nul 'Serment de
Responsabilité-Solidarité'* ne
régule
* Pourquoi par
exemple ne demande-t-on pas aux chercheurs de
méditer quelques § de la remarquable
introduction du Schéma Stratégique
2002 du CNRS presque totalement ignoré par
tous, alors qu'il est depuis 5 ans document
contractuel État-CNRS? On le trouve
aisément en cliquant sur:
http://www.cnrs.fr/strategie/projet.html
On pourrait au
moins lire un § clé :
Sattacher
à la complexité, cest
introduire une certaine manière de traiter
le réel et définir un rapport
particulier à lobjet, rapport qui vaut
dans chaque domaine de la science, de la cosmologie
à la biologie des molécules, de
linformatique à la sociologie.
Cest
reconnaître que la modélisation se
construit comme un point de vue pris sur le
réel, à partir duquel un travail de
mise en ordre, partiel et continuellement
remaniable, peut être mis en uvre. Dans
cette perspective, l'exploration de la
complexité se présente comme le
projet de maintenir ouverte en permanence, dans le
travail dexplication scientifique
lui-même, la reconnaissance de la dimension
de limprédictibilité.
|
|
|
Docteur
Jean-Paul MARTINEAU
Professeur
agrégé, Directeur de
l'enseignement scientifique d'une école
d'ingénieur"
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Concernant l'Ecole
et les méthodes de formation, de nombreuses
idées germent dans les esprits mais souvent,
elles sont semées par des politiciens et pas
par des formateurs. Or, ces élus n'ont
souvent qu'une vision personnelle et donc partielle
de la formation.
Depuis que je
pratique l'enseignement, j'ai la sensation d'une
dévalorisation progressive du métier
et de la mission. Mon avis est qu'il faut
reconsidérer l'Education et l'Enseignement
dans le contexte sociétal actuel. Il est
nécessaire de trouver une manière de
re-responsabiliser les parents sur la formation de
leur progéniture, et de redonner aux
enseignants le respect qu'ils meritent, necessaire
à la réalisation de leur mission.
Pour regagner le respect et la reconnaissance de la
mission au sein de la société, il
faut entre autres passer par une étape de
réévaluation des statuts, de la
gestion des carrières et de la
rémunération (nos
élèves sont mieux payés que
certains de leurs professeurs (Maitres de
conférences débutants) )!
Dans l'enseignement
supérieur et dans le cadre du processus de
Bologne (LMD), la bataille franco-française
université/grandes écoles est tabou
alors que les deux systèmes sont
complémentaires et devraient unir leurs
forces dans cette compétition internationale
de la formation.
La France dispose
d'un potentiel très important mais mal
géré. Cette réflexion globale
sur l'Ecole doit passer par une reconstruction de
l'Eduction Nationale, par la mise en place
d'évaluations pédagogiques des
enseignants du supérieur, à minima la
mise en place de stages pédagogiques
obligatoires. De même le statut des
enseignants-chercheurs doit être plus
flexible et permettre à ceux qui le
souhaitent de s'investir davantage dans
l'administration ou la pédagogie tandis que
d'autres feront plus de recherche.
Même si
l'Education et la formation des jeunes a lieu en
continu jusqu'au premier emploi, il me semble
intéressant pour en optimiser le
fonctionnement, d'envisager de marquer des cissions
entre les cycles de formation en donnant des
objectifs différents à chaque
période de formation : primaire,
collège, lycée, L, M, D. Chaque cycle
étant géré
séparément pour que les objectifs et
les compétences des enseignants soient
adaptés. Je prône la gestion des
enseignants par les compétences et pas par
les statuts ou par le cycle dans lequel ils
enseignent.
De même, il
me semble que l'enseignement en collège doit
être beaucoup plus pratique avec des mises en
situation plus nombreuses. Le sens pratique est
souvent absent de nos enseignements et les
élèves ont souvent du mal a faire le
lien entre la théorie et la pratique, le
cours dans la classe et la "vraie vie" dans la
rue.
|
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|
Didier
MARTZ
Philosophe
|
Son
site
Voir dans ce site:
Bachelard
entre
théorème
et poème
Le
concept de chien n'aboie pas
(Spinoza)
Le
corps
altéré
|
|
Politique de la
participation
Il est beaucoup
question de participation dans cette campagne pour
les présidentielles. On se met à
rêver d'une démocratie directe
comblant la distance entre les politiques et les "
gens " tout en pestant contre le manque
d'idées des premiers, obligés d'aller
les chercher chez les seconds.
Mais la
participation n'est qu'une forme
particulière d'exercice d'un pouvoir qui
fonctionne sur ce mécanisme. Alors qu'on
envisage ordinairement le pouvoir comme
répression et notamment répression de
la parole, Michel Foucault a substitué
à cette vision négative,une vision
positive du pouvoir qui passe par la production de
discours. " Partout, écrivait-il à
propos de la sexualité, ont
été aménagées des
incitations à parler, partout des
dispositifs à entendre et enregistrer,
interroger et formuler ". Aujourd'hui, il ne s'agit
plus seulement de sexualité mais de la vie
entière des individus. Débats
participatifs,
télé-réalité, questions
directes aux candidats à l'élection
présidentielle
partout ils sont
contraints, avec leur assentiment, à mettre
leur vie en discours. Ils sont
débusqués dans leurs moindres
recoins, dans le moindre pli de leur
intimité. Il est pris prétexte d'une
réduction au silence de " la France d'en bas
" pour la faire parler et l'affranchir en lui
donnant la parole.
Objectif louable
que d'aller à la rencontre des gens, de les
écouter. Mais, poursuit Foucault, " il faut
se faire une représentation bien
inversée du pouvoir pour croire que nous
parlent de liberté toutes ces voix qui,
depuis tant de temps, dans notre civilisation,
ressassent la formidable injonction d'avoir
à dire ce qu'on est, ce qu'on a fait, ce
dont on se souvient et ce qu'on a oublié, ce
qu'on cache et ce qui se cache, ce à quoi on
ne pense pas et ce qu'on pense ne pas penser.
Immense ouvrage auquel l'Occident a plié des
générations pour produire
[
] l'assujettissement des hommes ;
[
] leur constitution comme " sujets "
au deux sens du mot ". A bon parleur, salut
!
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|
Bruno
MATTEI
Professeur de
philosophie à l'IUFM de
Lille
|
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|
Interrogations pour
l'avenir
- Faut-il
réellement continuer à performer
l'école au nom de "l'égalité
des chances", étant donné qu'il
s'agit d'un concept libéral et concervateur,
générateur d'inégalités
maintenues, mais légitimées
entièrement? Ne convient-il pas d'INVALIDER
cette notion pour lui subsistuer le droit à
l'éducation qui fasse droit à
l'obligation de réussite de tous?
- L'école
pour accomplir ses missions, notamment le
développement de la personne et
l'éducation citoyenne, ne doit-elle pas
songer à réformer la formation des
enseignants, en incluant à coté des
compétences didactiques,
pédagogiques, discipinaires, des
compétences psychologiques et
éthiques?
- N'y a-t-il pas
lieu de penser, voir de revendiquer que l'Ecole de
la République mette en avant la
fraternité autant que la liberté et
l'égalité des droits, (et pas des
chances)?
|
|

|
Philippe
MEIRIEU
Fondateur de la
chaîne d'éducation
CAP
CANAL
|
Son
site
Dans ce
site:
La
télécommande et
l'infantile
|
|
Et si la meilleure
manière daborder lavenir de
lécole était la question de
LEXIGENCE ? Histoire de ne pas laisser ce
terme aux nostalgiques. De tenter de montrer que la
réflexion pédagogique ne peut se
réduire à un affrontement caricatural
entre le prétendu laxisme des novateurs et
lautoritarisme, plus ou moins affirmé,
des traditionalistes...
On pourrait, alors,
sinterroger sur les conditions dun
enseignement exigeant, qui invite
lélève à
linvestissement, à la concentration et
à leffort. On pourrait aussi montrer
à quel point lévaluation
marchande qui met une mauvaise note à
lélève qui a bâclé
son devoir quand il faudrait laider
à le remettre en chantier - est une forme de
démission. On devrait
réfléchir également à
la diversification des formes dexcellence
pour cesser de privilégier abusivement
lintelligence académique et aider
chacun à aller jusquau chef
doeuvre qui permet dapprendre et
de grandir en même temps. On serait
amené, enfin, à sinterroger sur
la dimension éthique du métier
denseignant : la nécessité du
pari positif sur lélève et du
principe de léducabilité de
tous...
Et, plus que tout,
on cesserait de poser des actes de renoncement
éducatif, en manifestant à
légard du système
éducatif de notre pays la même
exigence que celui-ci manifesté
auprès de ses élèves :
lexigence du dépassement, de
linvention, de la perfection.
|
|

|
Jeanne
MOLL
Vice-présidente
de l'AGSAS
|
AGSAS
Association
des groupes de soutien au
soutien
|
|
Une
école pour demain
Je rêve d'une
école qui serait une vraie maison
d'école, attentive à l'accueil de
chacun des nouveaux venus et sachant la
difficulté des passages : de la famille
à l'école, de l'enfance à
l'adolescence, le passage d'une classe à
l'autre, d'un établissement à un
autre.
Une maison
d'école où l'équipe des
enseignants entraînerait les
élèves à la conquête des
savoirs en respectant leur diversité et
leurs rythmes, et où elle saurait le prix
des échanges et des rencontres, avec les
parents aussi qu'elle associerait à sa
mission ainsi qu'avec tous ceux qui se
préoccupent d'éducation dans les
quartiers.
Je rêve
d'une école qui , au développement de
l'intelligence abstraite oserait grandement
associer celui de l'intelligence relationnelle, de
la sensibilité artistique, de l'intelligence
pratique , bref, des talents multiples que
possèdent les enfants - une école qui
aurait à cur de former des
personnalités soucieuses de construire
ensemble un monde plus juste, plus
humain.
|
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|
François
MULLER
Agrégé
dhistoire. Coordonnateur académique "
Innovations pédagogiques"
|
Son site
francois.muller.free.fr/diversifier
|
|
Acrostiche-toi
à l'Ecole !
A la manière
d'un exercice de style littéraire,
livrons-nous ensemble à un acrostiche en
guise de message.
Evaluation :
trop d'évaluations et pas assez de valeurs ;
les contrôles ont saturé le temps, les
travaux, les esprits et la vie des familles.
Retravaillons sur le concept et pas sur un mode
technocratique !
Débutants
: l'Education doit renouveler plus de la
moitié de ses effectifs dans les toutes
prochaines années ; priorité absolue
à la formation repensée,
modernisée et professionnalisée,
continuée !
Urgence :
l'édifice est ébranlé par ses
controverses, ses retours en arrière, ses
ponctions ; pour changer, les personnels, les
familles ont besoin de réassurance et de
confiance.
Compétence
: clé de la formation, des
élèves comme des enseignants ; elle
invite aussi à une valorisation des parcours
et des possibilités de diversification ;
à quand une vraie DRH ?
Autorité
: le mode de " gouvernance " doit être
revu pour enfin dépasser l'infantilisation,
le contrôle de conformité et le "
prescriptisme ". Les enseignants, les chefs
d'établissement sont des cadres
responsables. Donnons- leur une vraie
liberté, c'est-à-dire des
responsabilités, des choix à
opérer. Autorité signifie augmenter
les potentialités, non
contraindre.
Temps : le
temps de formation, le temps pédagogique, le
temps d'un projet sont des temps longs ;
dépassons les injonctions, fixons des
objectifs fermes et à moyen terme ; et
libérons les
..
Initiative :
chaque enseignant possède un potentiel
d'intervention auprès des jeunes ; faisons
en sorte que ce potentiel soit
développé, soutenu, positivé,
accompagné ; que se développe le
conseil.
Orientation
: les dispositifs d'orientation sont une
priorité ; conseil, diversité,
proximité, rapidité,
efficacité !
Non-défensivité
: s'engager dans des évolutions fortes,
c'est aussi accepter d'avancer ensemble en
évitant de s'arc-bouter en présentant
ses épines, tels les porcs-épics.
Privilégions le dialogue et apprenons la
négociation sociale et convenable dans cette
institution.
Et pour vous,
ce serait quoi ?
|
|
Pourquoi
l'école changera
|
Guy
POUZARD
Inspecteur
Général
Honoraire
|
Dans ce
site:
La
nécessité de ne pas confier
aveuglément trop de pouvoirs à la
machine.
|
|
Le rôle
évidemment très récent et
très nouveau joué par internet dans
la société apparaît de plus en
plus évident aux yeux de tous. Ce qui
n'était pour beaucoup qu'une brume
lointaine, il y a quelques années à
peine, se révèle aujourd'hui comme un
instrument redoutable, capable de changer les
comportements individuels et collectifs et
même de structurer les esprits. Internet est
le premier instrument de la mondialisation en
mesure, pour l'instant, d'être utilisé
par tous ceux qui ont (encore ?) la chance de
pouvoir bénéficier des ressources
nécessaires à son utilisation. Il
donne en principe à chacun le pouvoir
d'accéder et de participer à la
diffusion de l'information à
l'échelle mondiale.
Comment
l'école pourrait-elle échapper
à son emprise ? Non seulement comme outil
technologique, mais plus encore par les
possibilités qu'il imposera en
matière d'organisation et de transports, de
méthodes de travail et d'accès au
savoir, de rythmes d'apprentissage et de partage
des connaissances. Les questions que soulève
internet en matière de philosophie, de
sociologie, de psychologie, de
sécurité et de contrôles sont
présentes dans tous les esprits. Les
réponses qu'il peut apporter en
matière d'économies d'énergie
méritent être étudiées.
Le nouveau grand défi se trouve à
l'évidence dans une réflexion de fond
sur la structure et la nature même de
l'école de demain. Penser que l'école
pourra longtemps continuer à fonctionner
avec son organisation, ses structures et ses
méthodes héritées du XIX°
siècle serait un faux-sens lourd de
conséquences, non seulement pour les
candidats à l'élection, mais surtout
pour l'avenir de notre société tout
entière.
|
|

|
Françoise
REY
Agrégée
de lettres classiques,
retraitée
|
COLLEGE
LYCEE EXPERIMENTAL
Hérouville
Saint-Clair
etab.ac-caen.fr/cleh/
|
|
Pour une
révolution copernicienne : les
réformes peuvent et doivent venir d' "
en-bas "
Elèves comme
enseignants sont d'abord des personnes, il serait
temps d'en tirer les conséquences. Si l'on
veut que l'école soit plus juste et plus
efficace, il faut libérer les initiatives,
laisser les enseignants construire eux-mêmes
le projet d'établissement qui contribuera le
mieux à la réussite de chaque
élève et qui sera forcément
différent selon les lieux et les moments. A
l'Etat de poser les valeurs, de fixer les objectifs
et les programmes, de veiller à une juste
distribution des ressources et d'exercer un
contrôle a posteriori pour éviter les
dérives éventuelles. Pour le reste,
l'autonomie des établissements et le travail
en équipe, avec la concertation et la
responsabilisation des enseignants,
l'évaluation et la reconnaissance de leur
travail qu'ils impliquent, permettraient d'apporter
les améliorations décisives qu'aucune
réforme de l'Education Nationale n'a pu
obtenir jusqu'à présent. C'est ce que
montrent les vingt-cinq années de
fonctionnement du collège lycée
expérimental d'Hérouville-Saint-Clair
qui s'est attaché à construire une
école non pas " libérale " au sens
économique actuel mais authentiquement
démocratique.
|
|

|
Jean-Pol
ROCQUET
IEN
retraité
|
Dans ce
site:
Qu'est-ce
qu'une médiation?
exemple
avec un élève
Médiation
entre un parent et un enseignant
Méthode
de la médiation
L'inspecteur,
un médiateur
|
|
Pour une
égalité des
autonomies
La confusion et le
malentendu caractérisent le fonctionnement
de l'Education nationale. Le ministre, les
chercheurs, la hiérarchie, les enseignants,
les parents errent de conserve dans un maquis de
textes, de recommandations, d'opinions,
d'injonctions et de stéréotypes. En
réponse à cette confusion, il
convient de développer l'autonomie, celle
des élèves autant que celle des
personnels. On n'en a jamais autant parlé
mais chaque instance hiérarchique s'efforce
à la brider, dans la classe, comme dans les
métiers de l'enseignement. Les valeurs
traditionnelles de l'école sont
bafouées par les faits :
l'égalité des chances, la
méritocratie, la mixité sociale, la
laïcité. Faute d'être
travaillées, elles opèrent sans
cohérence, à tout propos. Au bout du
compte, il est souhaitable que chacun puisse
échapper à la disqualification ou
à la mystification d'une communication
paradoxale de valeurs considérées
comme sacrées.
L'égalité
des chances présuppose que chacun soit en
situation d'égalité face aux savoirs
et que chacun saisisse la (seule) chance qui lui
soit offerte. L'égalité des
autonomies vise le développement de
l'élève comme celui des personnels.
L'autonomie, c'est l'auto-limitation de sa
liberté, dans le cadre de la loi.
L'égalité des autonomies, c'est une
culture de la différence pour que chacun se
situe à la fois dans la cohésion de
savoirs communs, pour que chacun se trouve dans une
conformité qui ne soit pas conformiste. Mais
l'égalité des autonomies, c'est aussi
une valeur qui développe la
singularité, celle qui assure au sujet le
pouvoir de choisir ses appartenances.
Première
étape de la visée d'autonomie : peu
de textes, mais applicables et appliqués.
Seconde étape : engager l'accompagnement,
celui des élèves comme celui des
personnels, à tous les niveaux. S'il
convient de conserver une hiérarchie
fonctionnelle, il est important de renverser la
pyramide. Comme l'enseignant qui doit avoir le soin
de l'autonomie des élèves, il
appartient aux inspecteurs, aux recteurs, aux
directeurs de prendre soin de l'autonomie du
personnel et du public. L'accompagnement par la
hiérarchie est une des valeurs centrales
d'un nouveau service public qui réalise
l'égalité des autonomies.
|
|

|
Jean-Daniel
ROHART
Professeur
agrégé d'espagnol
|
Dans ce
site:
Quelques
notes " autobiographiques ", en guise de
contribution
à une
éthique de
l'éducation
|
|
Tous les acteurs de
la relation éducative :
élèves, parents
d'élèves, professeurs, chefs
d'établissements et inspecteurs, pourquoi
pas ? se sentent isolés, seuls,
s'interrogent sur le sens de leur pratique
respective, souffrent et se rendent parfois,
mutuellement, la vie impossible. Le malheur rend
méchant, on le sait.
L'angoisse, le
stress, le découragement et la fatigue
récurrente (burn-out) sont
omniprésents, l'angoisse et le stress des
uns alimentant l'angoisse et le stress des autres,
en un cycle infernal. On parle parfois de " crise "
de l'École !
Pourtant, il ne
s'agit pas de se lamenter, de céder à
" la culture de la plainte " et du ressentiment ou
à la révolte vaine, ni surtout de
rester prisonnier du mythe prométhéen
" progressiste " et vertuiste propre à la
Modernité en train d'agoniser sous nos yeux
perplexes, inquiets ou pleins d'espérance,
au contraire.
Il ne s'agit ni de
changer radicalement ni de " guérir "
l'École des maux dont elle souffre, et nous
avec elle. Ce qui me semble être à
l'ordre du jour, d'un point de vue
archétypique (Jung), c'est une "
révolution " anthropologique profonde (une
metanoia sociale, un renversement de " valeurs " ou
de paradigme) susceptible de réenchanter
l'École, le monde et les acteurs, à
partir de la reviviscence de mythes
anciens/nouveaux : Pan, le Trickster (ou
Fripon-Divin), Dionysos, Eros, Hermès,
etc.
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Jacques
SALOME
Psychosociologue,
diplômé de l'Ecole des Hautes
Études en Sciences Sociales de
Paris
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Son
siteet sa biographie
Dans ce
site:
Quoi
enseigner? Enseigner comment? A
qui?
Sanctions
et punitions
Pourquoi
enseigner la communication à l'école
?
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Quelques
réflexions sur l'école d'aujourd'hui
et celle de demain.
Durant
l'année 2006, j'ai eu l'occasion de
rencontrer à différentes reprises de
nombreux collégiens et lycéens tant
en France, qu'en Belgique ou en Suisse, pour leur
parler (en moyenne durant trois heures) de
communication et des origines de la violence.
Le message qu'il me
paraissait important de transmettre à ces
adolescents et donc à des futurs adultes
était double.
* leur rappeler que
lorsqu'on n'utilise pas les mots, on en est
réduit à utiliser des maux: sur les
autres (violence) et sur soi
(auto-violence)
* qu'il est
possible d'apprendre à communiquer, c'est -
à - dire à mettre en commun à
partir de règles d'hygiène
relationnelles simples accessibles à chacun
et surtout transmissibles. Transmissibles en
particulier à leurs copains et à
leurs parents.
J'ai tenté
de leur faire partager une de mes convictions: La
conviction profonde que la communication
relationnelle (celle qui nous relie et nous
prolonge) est le seul rempart contre la violence.
De leur montrer que le seul antidote non violent
à la violence passe par un double
apprentissage :
1- Celui d'une mise
en mots sur cinq registres possibles.
· le registre
des idées, celles qui nous sont propres et
celles auxquelles on adhère
· le registre
du ressenti, à partir de notre
vécu
· le registre
des sentiments, qui sont les nôtres; le
registre des émotions, qui sont le langage
de ce qui résonne, retentit en nous dans une
rencontre·; le registre des croyances
auxquelles nous tenons.
2- Celui d'une
écoute tolérante et active autour des
cinq registres cités plus haut.
Je ne crois pas aux
vertus de la répression en matière
d'éducation, car toute répression est
une violence susceptible de susciter d'autres
violences.
Je crois à
la sanction, c'est - à- dire à la
nécessité de confronter un enfant aux
conséquences de la transgression qu'il a
commise ou du comportement déviant qui a pu
semer un trouble chez autrui. Toute sanction
suppose 3 conditions :
* de
connaître ce qui est permis et ce qui ne
l'est pas et donc le rappel fréquent
à une référence ( loi ou
règlement).
* d'avoir une
personne de référence qui sera garant
du respect du règlement, qui
témoignera de la transgression commise et
confrontera l'enfant à une
sanction.
* d'ajuster la
sanction à l'acte
répréhensible, ce qui suppose
l'idée d'une personnalisation pour
déboucher sur une
réparation.
L'utopie que je
défends depuis un quart de siècle
(c'est peu au regard de l'évolution d'une
culture), c'est qu'un jour la communication
relationnelle puisse être enseignée
dans les écoles comme une discipline
à part entière.
Non seulement je
suis persuadé que cela est possible, mais je
pense qu'il y a une urgence. Car nous sommes
actuellement à l'intérieur d'une
spirale ascendante de violence tout azimut, qui
s'élargit à toutes les classes
sociales, qui touche tous les âges, qui
contamine tous les niveaux de la vie intime et
sociale.
Je crois que les
"adultes " et j'implique dans ce terme tous les
parents, tous les enseignants, toutes les personnes
décisionnelles de ce pays vont comprendre
qu'il ne suffit pas de répondre aux besoins
de survie d'un enfant (nourriture, vêture,
sécurité physique, santé) mais
qu'il est important de répondre aussi
à ses besoins relationnels (besoin de se
dire, d'être entendu, d'être reconnu,
d'être valorisé, d'avoir une
intimité et de pouvoir rêver que
demain sera meilleur qu'aujourd'hui !). Qu'il ne
suffit donc pas que l'école transmette du
savoir et du savoir faire, mais qu'elle puisse
aussi transmettre du savoir être, du savoir
devenir et du savoir être. Ces trois
dernières propositions concernent la
communication, c'est - à - dire le fait de
pouvoir échanger, partager, dynamiser une
mise en commun qui débouche sur des
relations vivantes et en santé, que ce soit
entre les enfants et les adultes mais aussi les
enfants entre eux.
Je crois en cette
possibilité et je suis persuadé que,
comme le combat pour une écologie au
quotidien, pour laquelle notre sensibilité
s'est réveillée depuis quelques
années et qui s'affirme cette année
avec des propositions très concrètes,
il y aura une sensibilisation à
l'écologie relationnelle dans tous les actes
de la vie.
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André
SIROTA
Professeur de
psychopathologie sociale, Université
d'Angers
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Modifier la structure
d'autorité de l'école et instituer
des lieux pour penser ce que l'on vit et ce que
l'on fait
Les jeunes sont
sensibles aux insuffisances des institutions et de
ceux qui les représentent, bien plus qu'on
ne le croit, en famille ou à l'école,
les deux institutions de base de la
société. Beaucoup plus qu'on ne
l'imagine, ils ressentent toutes les manuvres
d'instrumentalisation dont ils sont l'objet. Ils
peuvent alors entrer précocement dans ce jeu
dangereux : instrumentaliser autrui, pour
éviter de l'être
soi-même.
Certes, grandir
suppose qu'on cesse d'attendre que parents,
maîtres, ou responsables publics soient
parfaits. Mais, entre l'idéal et
l'insuffisance grave, il y a de la marge, et c'est
dans cette marge que s'inscrivent les
possibilités de changement. Cependant la
complexité des structures sociales et
culturelles actuelles est telle qu'elles ne peuvent
être appréhendées ni
modifiées par un seul ; pour les penser et
pour y agir, des instances collectives sont
nécessaires. C'est pourquoi une nouvelle
politique pour l'école consisterait à
donner plus d'autorité à chacun sur
l'ensemble des dimensions de l'institution
scolaire. C'est à cette condition que peut
s'élaborer, pour chaque professeur et pour
chaque élève, le sentiment
d'appartenance à son école, sentiment
qui est la marque du lien social possible, sans
lequel la transmission du patrimoine intellectuel
et culturel ne peut prendre sens.
Enseigner en ce
début de vingt et unième
siècle nécessite du travail
d'équipe. C'est le travail d'équipe
et en équipe qui fait institution par
l'ensemble des paroles échangées
régulièrement sur les actes
d'apprendre, d'enseigner et d'éduquer. Pour
entretenir cette coopération malgré
les inévitables confrontations à
l'altérité et à la
conflictualité, pour analyser ce qui se
trame entre les générations, dans le
rapport au savoir et dans le rapport que chacun
entretient à ses origines
singulières, des lieux spécifiques de
parole et d'élaboration sont
nécessaires. Ils permettent de se
décaler périodiquement des
opérations du quotidien et de penser ce que
l'on vit et ce que l'on fait avec d'autres, pour
d'autres.
L'ouvrage collectif
qui paraît sur le CLE
d'Hérouville-Saint-Clair montre comment un
collège ou un lycée peuvent s'engager
dans cette voie.
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Armen
TARPINIAN
Directeur de la
revue de psychologie de la
Motivation
|
Le
site:
psychomotivation.free.fr
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L'ECOLE: Cinq ans
pour changer de cap ?
Il ne saurait pas y
avoir de politique pertinente d'éducation
sans une interrogation sur la vision de
l'être humain vers lequel nous tendons. Les
questions de l'école, de la
société, de l'évolution de
l'humanité sont liées. Les bons
apprentissages pour l'école le demeurent
pour la vie : apprendre à connaître,
apprendre à faire, apprendre à se
connaître, apprendre à vivre ensemble.
Ces quatre voies d'une éducation
humanisante, au plein sens du terme,
définies par l'Unesco, auxquelles s'ajoute
aujourd'hui la voie écologique, devraient
constituer la trame et la chair de toutes les
formations de 7 à 77 ans
C'est à
toute la société, et non seulement
à l'école, qui en est
l'émanation mais qui, en retour,
l'influence, qu'incombe la responsabilité de
repenser les principes, valeurs et modes d'action
par lesquels elle répond ou non à ces
besoins anthropologiques de base.
Ce que l'on
voudrait trouver dans les choix politiques pour les
cinq ans à venir ce sont des projets et des
programmes de développement individuel et
collectif fondés sur :
-une vision
écologique énonçant les
conditions de survie de l'espèce (ce que
satisfait en principe le " Pacte écologique
" de Nicolas Hulot)
-une vision
anthropologique fondée sur une meilleure
définition du processus d'humanisation,
c'est-à-dire de maturation mentale et
émotionnelle de l'espèce.
-une vision
psychologique concernant la maturation des
personnes, nourrie des connaissances des sciences
humaines accumulées depuis plus d'un
siècle (incluant l'éthologie humaine
et les neuro-sciences).
-une vision sociale
elle aussi fondée sur ces sciences et
permettant des apprentissages innovants et
féconds d'un meilleur vivre-ensemble. Les
voies d'actions et les outils existent qui sont
ignorés ou négligés, où
même rencontrent des sourdes
résistances. (*)
Cela apparaît
bien faiblement au cur des programmes
politiques qui nous sont proposés : la
dimension anthropologique, la connaissance de soi,
la relation à autrui, la capacité
à coopérer sont loin de
prévaloir à l'école et dans la
société. Elles ne sont pas
identifiées et reconnues, "
sacralisées " comme les autres savoirs (en
France en particulier). A l'école tout
autant que dans la société,
l'excellence ne se juge que sur la capacité
de surpasser les autres et non dans
l'émulation constructive face à des
compétences ou des savoirs à
acquérir.
Dans une
orientation générale qui prendrait en
compte la nécessité de ces
finalités fondamentales, on pourrait
proposer cinq mesures essentielles, parmi d'autres,
dont l'efficacité psychopédagogique
est largement vérifiée :
1- officialiser le
développement des capacités de
coopération, de travail en équipe des
adultes comme des élèves, et assurer
aux-enseignants-éducateurs les formations
appropriées à cette fin ;
2- abandonner
progressivement, au profit de modes
d'évaluation novateurs et auto-formateurs,
les modes d'évaluation stigmatisants, plus
ou moins arbitraires, qui fragilisent la confiance
de l'enfant dans ses capacités, exacerbent
l'esprit d'hyper-compétition et
pervertissent le désir et les raisons
d'apprendre. A cet égard, le modèle
finlandais, élaboré et
expérimenté au long des trois
dernières décennies, en
démontre les gains humains et scolaires
;
3- repenser
fondamentalement le statut de l'erreur dans les
processus d'apprentissage et de formation. C'est
une question centrale.
4- assurer les
apprentissages en cycles de maturation et non,
rigidement, par année d'âge, qui
conduit à faire avancer au même pas
les élèves nés en janvier et
d'autres nés en décembre de la
même année. C'est sans doute un
élément plus déterminant dans
les difficultés et échecs scolaires
que l'influence de telle ou telle méthode
d'apprentissage.
5- assurer la
formation à " la médiation et
à la résolution des conflits " pour
les élèves comme pour les
adultes.
Sans sous-estimer
la complexité des facteurs en jeu, ces cinq
mesures obtiendraient sans trop de peine un large
consensus et pourraient susciter, à travers
leur intégration dans les pratiques
quotidiennes, des effets systémiques sur les
représentations comme sur les valeurs
implicitement transmises. Elles contribueraient
à remotiver les élèves,
à éviter leur
désinvestissement ou ennui en classe, voire
leur entraînement dans des spirales
d'échec dont on sait les conséquences
spectaculaires, mais trop peu les souffrances
intimes. De nature à apaiser le climat de la
classe, elles entraîneraient une
économie d'énergie et de temps perdu
à obtenir l'attention des
élèves. Elles auraient naturellement
tendance à diffuser dans le corps social,
à féconder les comportements
politiques, et à s'intégrer dans une
culture commune. On l'observe dans les pays
nordiques souvent cités, à juste
titre, comme des exemples.
Leur étude
et formation dans les IUFM devraient tenir une
place égale aux autres disciplines. Il faut
noter avec espoir qu'elles apparaissent dans les
instructions officielles et plus récemment
dans les " Recommandations du Haut Conseil de
l'Education " (octobre 2006).
|
|

|
Claude
THELOT
Conseiller
Maître à la Cour des
comptes
|
Dans ce
site:
L'évaluation
dans le système éducatif:
pour
quoi faire ? A quelles conditions
l'évaluation est-elle utile
?
|
|
La question
éducative aujourd'hui se résume
à une seule exigence : faire réussir
tous les élèves et étudiants.
Ce qui a plusieurs conséquences :
-le faire vraiment,
et pas seulement le proclamer, d'où une
politique éducative qui doit être
repensée pour satisfaire cet objectif
;
-tous les
élèves et étudiants, et en
particulier ceux qui ont du mal à
réussir seuls ou aidés par leur
famille ;
-reconnaître
que réussir signifie un mélange de
deux choses : une maîtrise de fondamentaux
(un socle) sans lesquels ni les études
ultérieures, ni la vie professionnelle et
sociale ne seront réussies, et une meilleure
adaptation de l'école aux talents, souhaits
et projets des jeunes, ce qui suppose de mieux les
éduquer aux choix et les
orienter.
Cette exigence
centrale impose de transformer en profondeur le
métier des deux catégories de
personnes qui importent le plus dans la
réussite : les enseignants et les chefs
d'établissement. Repenser leur
métier, leur formation, leur recrutement,
leur évaluation et les conséquences
qu'on en tire, pour que les uns comme les autres
soient, beaucoup plus qu'aujourd'hui,
orientés vers l'accompagnement collectif et
individuel de tous les élèves et
étudiants, assurant ainsi mieux leur
réussite, c'est-à-dire leurs
progrès.
Il ne faut pas
croire que ces transformations puissent attendre :
notre système éducatif ne progresse
plus, et sur certains points recule, y compris par
rapport à l'étranger. Il faut prendre
conscience qu'il y a là une urgence, ne
serait-ce que parce que la qualification des futurs
salariés et non salariés du pays en
dépend étroitement,
c'est-à-dire la clef de notre
compétitivité. D'où la
nécessité d'engager les
transformations nécessaires dès les
premiers mois du nouveau quinquennat.
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|

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Gérard
VERGNAUD
Directeur de
recherche émérite au
CNRS
Ancien directeur
du Groupement de Recherche " Didactique et
acquisition des connaissances scientifiques
"
|
Dans ce
site:
LES
COMPETENCES, BRAVO ! MAIS ENCORE
?
Pratiques
des élèves, pratiques des
enseignants
Un
avis sur l'avis de l'Académie des
Sciences
|
|
L'école est
à la fois culture et investissement. Oublier
l'une, c'est compromettre l'autre. Parmi les
problèmes de société qui ont
surgi en France au cours des trente
dernières années, je mets au premier
plan la faible ouverture offerte aux jeunes pour
entrer dans les entreprises et les administrations,
et la mauvaise représentation chez les
politiques des rapports entre culture et
développement. C'est la question des valeurs
; sans tomber dans le moralisme, elle devrait avoir
davantage d'importance dans les débats
politiques.
L'école est
un facteur essentiel du développement des
forces productives. La compétence des jeunes
est à moyen terme le premier facteur de
développement. Il ne s'agit pas seulement de
leur compétence scientifique et technique,
mais aussi de leur compétence sociale et de
leur souci d'autrui. La créativité
s'alimente à la fois aux qualités et
aux désirs individuels, et au bonheur que
trouvent les individus à travailler ensemble
et à faire aboutir un projet collectif. La
culture littéraire, artistique et
philosophique est un ciment essentiel de la vie
ensemble.
|
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Catherine
YELNIK
Enseignante
à l'Université
ParisX-Nanterre
|
Dans ce
site:
Idéal
du professeur, réalité du
groupe
Fantasmatiques,
scénarios inconscients dans le rapport au
groupe
Analyse
d'un entretien avec Antoine
professeur
Le
groupe, " chaînon manquant
"
|
|
Ce sur quoi, entre
autres choses, j'aimerais attirer l'attention des
candidats à l'élection
présidentielle.
Dans les
écoles, collèges et lycées,
qui accueillent des enfants et adolescents de
toutes origines sociales - et ce principe doit
être défendu - les professeurs
contribuent à l'éducation des
élèves, les aident à grandir
et à devenir des acteurs dans la
collectivité scolaire, avant de le devenir
dans la société. Cela n'advient pas
en écoutant des leçons.
L'établissement scolaire ne peut plus
être un local abritant des suites de cours,
il doit constituer un milieu de socialisation dans
lequel les élèves agissent, exercent,
dans des situations diverses, leur
créativité, coopèrent avec les
autres, assument des responsabilités
à leur mesure, réfléchissent
avec les adultes aux questions liées
à la vie collective, aux valeurs, aux normes
de conduite, aux droits et
devoirs,
Ce rôle,
comme bien des textes officiels ainsi que des
études sur la prévention de la
violence l'énoncent depuis des
décennies, s'exerce nécessairement en
équipe(s), en coopération avec les
autres adultes. Le travail d'un enseignant ne se
limite pas aux préparations de cours et aux
corrections, il comporte de multiples tâches,
que de nombreux professeurs assument
déjà - entretiens avec des
élèves, des parents, concertations
avec les autres acteurs de l'établissement,
heures de vie de classe, aides, activités
culturelles
Il requiert des
compétences multiples, qui dépassent
la seule maîtrise des savoirs à
enseigner. La formation professionnelle, initiale
et continue doit les prendre en compte, elle doit
préparer et aider les professeurs à
tenir une position d'autorité
éducative, à instaurer un cadre
sécurisant et contenant pour les
élèves, ce qui suppose
d'intégrer les dimensions relationnelles et
groupales. Elle doit leur donner des outils
conceptuels pour comprendre ce qui se joue dans
leurs relations avec les élèves, non
seulement sur le plan cognitif, mais aussi
psychique, elle doit les accompagner et les
soutenir dans la durée, leur permettre de se
perfectionner mais aussi de se ressourcer, de
trouver un étayage pour faire face aux
difficultés.
Il est heureux que
le cahier des charges de la formation des
maîtres en IUFM (Arrêté du 19
décembre 2006 JO du 28 décembre 2006)
mentionne notamment, parmi " les compétences
professionnelles des maîtres " (§3) "
les fondements de la psychologie de l'enfant, de
l'adolescent et du jeune adulte, les processus
d'apprentissage ", des " connaissances et des
capacités relatives à la gestion des
groupes et des conflits ",
Il est temps que
toutes ces " capacités " et " attitudes "
soient officiellement reconnues comme
nécessaires et intégrées dans
les missions du professeur. Encore faut-il en tirer
les conséquences sur les modalités de
recrutement et sur la définition du service,
c'est-à-dire diminuer le nombre d'heures de
cours qui étaient jusqu'à
présent la seule unité de mesure du
temps de travail.
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Jean-Michel
ZAKHARTCHOUK
Professeur de
collège en ZEP, formateur à
lIUFM de lAcadémie dAmiens
et membre de la rédaction des Cahiers
pédagogiques
|

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Plus que jamais, il
est nécessaire de développer la
dimension culturelle des savoirs scolaires. En
particulier en visant, à travers le travail
sur la " culture " dans sa diversité, la
conjugaison du passé, du présent et
du futur. C'est bien en aidant les
élèves à comprendre
d'où ils viennent, quel est leur
héritage qu'ils pourront affronter les
problèmes du présent et surtout
s'ouvrir à un futur qui parait aujourd'hui
menaçant, alors qu'il peut être
promesse et motivation à agir. Et
inversement. Ni nostalgie (mortifère), du
passé ni exaltation (irresponsable) de
l'avenir, mais encouragement à faire preuve
d'esprit civique et critique, en utilisant les
armes que nous fournit la culture, d'hier et
d'aujourd'hui.
|
|
Réactions:
<<J'ai lu
avec intérêt les réponses des
personnalités que vous avez contactés
au sujet de l'école du futur., Je me permets
de vous donner aussi mon avis:
- Une
école qui aide à définir et
promouvoir certaines valeurs à travers
des actions et interactions au sein d'un
groupe
- Une
école qui ne nous donne pas
forcément des réponses, mais qui
nous aide à poser de bonnes questions
- Une
école qui nous motive et nous apprend
à chercher les réponses nous
même
- Une
école qui nourrit l'enthousiasme, la
créativité et la
curiosité
|
|
- Une
école qui prend en compte les
intérêts de l'élève
et non pas uniquement ceux du maître ou
ceux qui ont écrit "le programme".
- Une
école qui valorise ce que
l'élève sait et peut apporter aux
autres
- Une
école qui permet aux élèves
d'oser essayer
- Une
école où "impossible n'est pas
français" et où on peut tenter
d'innover sans peur d'être
ridiculisé ou considéré
hors-norm
- Une
école où l'enseignant est aussi un
apprenant
- Une
école où il "vaut mieux voyager
dans l'espoir qu'arriver à destination",
où on va en classe en profitant du temps
qu'on y passe et non seulement pour avoir un
diplôme à la fin des études
- Une
école où savoir résoudre
des problèmes d'une façon
inhabituelle n'est pas faire preuve
d'iconoclasme où d'hérésie
mais d'intelligence
- Et bien
sûr une école ou même avant
d'apprendre à agir et ou à penser
on apprend à être . Merci de
m'avoir lu jusqu'au bout.>>
Susan
|
|
<<je n'ai pas
encore lu toutes les contributions mais je suis
emerveillée devant la "finesse" de certaines
( et surement de toutes) . Ce qui m'inquiète
est que, malgré qu'il soit porté (
depuis pas mal de temps, a mon avis) un diagnostic
si pertinent sur la (les)problematique(s) de
l'Ecole, "un" traitement ait tant de difficultes
à se mettre ( ou etre mis)en place et les
effets..n'en parlons pas !! >> Sylvie
03/07
<<Il me
semble qu'un élément a
échappé aux brillantes analyses de
vos correspondants. La cause essentielle de
l'échec scolaire me semble trouver son
origine dans les lacunes linguistiques et
culturelles des enfants. L'école ne se
préoccupe pas suffisamment de ce
problème, ne comble pas les lacunes en
donnant des nourritures langagières et
culturelles suffisantes à tous les
enfants>>
<<"L'école
ne se préoccupe pas suffisamment de ce
problème, ne comble pas les lacunes en
donnant des nourritures langagières et
culturelles suffisantes à tous les
enfants" Relisez l'intervention du Dr Cyrille
CAHEN et son : "Les mots sont des noix : pour que
le son devienne sens, pour que le signifiant
accouche d'un signifié, autrement dit, pour
qu'il y ait compréhension, il faut briser la
coquille : non seulement expliquer le sens des
mots, mais veiller à ce que l'explication
elle-même soit donnée en termes
intelligibles pour un public donné"..Je
pense que "l'ecole donne des nourritures
langagieres et culturelles suffisantes" a ses
eleves mais elle ne travaille pas assez sur la
digestion chez eux et peut-etre que les plats ne
sont pas a leur gouts (un peu trop epicés
parfois ou alors sans aucun gout !)
>>
<<Excellente
initiative que ce "brain storming" sur
l'école et son avenir. Manifestement "nous"
ne manquons pas d'idées ...alors c'est
peut-être le pétrole qui fait
défaut, autrement dit l'énergie et la
volonté de réussir vraiment ?
>>JLB
<<"l'énergie
et la volonté de réussir
vraiment" y sont mais elles ne doivent plus
venir du pétrole mais d'energies
alternatives... on sait bien que, Aujourd'HuI, le
pétrole, c'est plus l'AvenIr ..>>
3/07
<Merci de votre
fructueuse collaboration, qui est très utile
à notre Institut d'Educateurs (au
Liban)>>
<<Je ne sais
pas si l'on peut donner des liens ici mais vous
avez sur le site du café pédagogique
un "très bon"article d'Evelyne Charmeux sur
une lecon de mots http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/200307Article-dossier-lecondemots-charmeux2.aspx
"...Les travaux menés sur le
fonctionnement de la communication
démontrent qu'on ne communique jamais pour
dire, mais pour agir sur celui ou ceux avec qui on
communique. Plus que le sujet de la communication,
ce sont ses enjeux qui sont déterminants. Le
choix des mots est dirigé par l'effet que
l'on veut produire et le résultat que l'on
attend. Lorsque Alexandre Dumas écrit, dans
ses « Mémoires » : « Je fus
réveillé par mon valet qui criait
d'une façon chromatique : monsieur,
monsieur, monsieur. », il ne veut nullement
dire que le valet montait d'un demi ton
précisément à chaque «
monsieur ». Le terme technique, parfaitement
inattendu ici, produit par son inadaptation un
effet comique bien évidemment voulu par
l'auteur. Maîtriser le vocabulaire, c'est
connaître parfaitement les effets que peuvent
produire les mots et savoir en jouer, en fonction
des effets à produire..." Je crois que
l'"ampleur" qu'a pris le prblème vient
surement de la fragilité de la
communication... entre: les eleves et les
enseignants, les enfants et les parents, les
enseignants et les parents, les pedagos entre eux,
ministere et personnels, personnels et personnels.
On ne s'entend plus ! (surtout lorsque l'internet
s'en mele et que , là, on est certain de pas
avoir le son ! )>> Sylvie
<<Vous n'avez
pas l'impresson d'avoir accouché d'un
sondage singulièrement monochrome ? Quasi
auto-caricatural, parfois ? mais sans ironie, ce
qui gâche un peu? Allez, on ne vous en veut
pas, chacun fait ce qu'il peut?>>
JPB
<< Bref,
c'est l'école d'Amélie Poulain que
vous voulez construire ?>>
<<J'ai lu
avec intérêt les réponses au
projet d'école du futur. Et j'ai envie
d'ajouter et si nous bâtissions tout
simplement une école de la confiance: *
Confiance dans chaque enfant et son potentiel
*Confiance dans les enseignants qui ne sont pas que
des fonctionnaires mais d'abord et surtout des gens
passionnés par leur métier et des
professionnels. *Confiance dans les choix
pédagogiques des maîtres: ce ne sont
pas des kamiquazes qui feraient exprès
d'utiliser des méthodes qu'ils croiraient
dommageables pour leurs élèves. *
Confiance dans les parents qui ne sont pas tous des
juges, des sources de problème * Confiance
dans chaque équipe et communauté
d'école. * Faire confiance: peut-être
la clé de la réussite.>>
B.F
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