La dépression
existe! Différentes
enquêtes le montrent, elle touche de
nombreuses personnes: Elle peut toucher
tous les milieux Les
enseignants n'en sont pas
protégés; des faits
récents le montrent: Une
enquête récente du SGEN sur
les conditions de travail des personnels
de collège l'a bien mis en
lumière: <<Les
réponses à certains items
laissent entrevoir lexistence
dune population en situation
professionnelle dramatique et en grande
souffrance personnelle : sentiment
dêtre en danger,
incapacité à gérer
ses tâches, déni de
reconnaissance, absence de
régulation, difficultés
relationnelles. Parmi ceux qui
narrivent pas à gérer
leur quotidien professionnel, 20 %
déclarent se débrouiller
sans recours aux collègues,
à la hiérarchie ou aux
syndicats. 23 % dentre eux souffrent
à la fois de très forte
fatigue et de troubles du sommeil, ce qui
est le symptôme classique de la
dépression. Cest une infime
minorité en pourcentage, mais elle
représente plusieurs milliers de
collègues.>>
Enquête
SGEN
(Pdf) <<
Bonjour ! Voici un sujet (la
dépression) qui me touche
parce qu'il me concerne... Je
n'ai pas de réponse toute
faite, juste une piste. Je suis
très très
réactive lorsqu'une
situation me paraît injuste
et surtout dangereuse pour des
enfants. Du coup, j'ai à
plusieurs reprises
été très
mal. Dans mon parcours, je n'ai
pas plongé tous les ans,
mais tous les ans ce fut
terriblement difficile :-
institution déconnante sur
mon premier poste, les ados
avaient pris le pouvoir à
l'indifférence
générale de la
direction de
l'établissement spé
et de toutes les
hiérarchies
contactées ...beaucoup
beaucoup de violence, verbale
mais aussi physique, hurlements
de bout'chous qui avaient besoin
de soins, traumatismes chez tout
le monde Dans les moments
où on n'arrive plus
à supporter, on pleure
beaucoup beaucoup, on devient une
sorte de zombie à la
maison, super pour la famille.Je
n'ai trouvé qu'un petit
"truc" pour aller mieux :
M'AUTORISER à demander un
poste "cool". Du coup,
pédago pédago
pédago, mais ça me
va mieux côté moral
: je croule sous le boulot mais
au moins je sais qu'en me battant
les résultats seront au
moins corrects. Alors
qu'auparavant, en me battant, je
ne récoltais que du
vent... glacé
d'indifférence chez la
plupart, terriblement
brûlant de colère
chez moi. J'avais des
résultats
côté scolaire, mais
que dire de ce qu'on vivait au
quotidien et que penser de ces
mômes dont la situation
personnelle ne changeait pas d'un
iota malgré sa
gravité... ! Aujourd'hui,
je ne suis pas super à
l'aise en classe ordinaire, mais
je vais vraiment mieux,
après bientôt une
année scolaire en
école
privilégiée,...>>
Mail dans groupe de
discussion Mais quelle
dépression? Mais que met-on
sous ce terme de dépression? Comme il est
dit plus haut il s'agit " d'un trouble de
l'humeur", c'est-à-dire de l'état de
notre psychisme, et cet état n'est pas en 0
ou 1 (comme en maths!) déprimé ou non
déprimé. En réalité il
s'agit d'un continuum qui peut aller: - d'une simple
tristesse passagère - à une
tristesse qui dure (plus de 15 jours par exemple)
et qui est accompagnée de différents
symptômes psychosomatiques ( sommeil.,
douleurs ..) et de difficultés ou de
ralentissement dans les activités - à un
état ou se mèlent un sentiment
d'abandon et une impression d'être
obligé de "réparer" des dégats
imaginaires faits à d'autres (s'occuper des
autres davantage, se dévouer
davantage...) - avec des peurs de
dommages graves pour les êtres que l'on aime
et un sentiment de culpabilité et
d'impuissance (incapacité à faire ou
actes automatiques, obsessionnels) - mais aussi des
fantasmes de destructions catastrophiques, des
sentiments de culpabilité insupportables
avec parfois un déni de son état, de
sa tristesse,de ses difficultés (tout va
bien...! c'est magnifique!) ou au contraire le
désir de mettre fin à sa vie
(suicide). Ainsi
dfférents états psychiques peuvent
faire penser à la "dépression" dont
la gravité est plus ou moins grande. D'une
certaine façon nous sommes tous
"dépressifs" à certains moments de
notre existence mais pas de la même
façon! Quels en sont les
causes? Elles
sont, en général, multiples:
génétiques,
(prédisposition?), sociales (stress
au travail, ambiance de la
société (imaginaire
collectif),
dépression économique voir
l'encadré, météo),
entourage (isolement plus ou moins grand,
climat des personnes qui nous entourent),
évènementiel (deuil d'un
être chèr, mise au
chômage..), historique
(évènement de l'histoire
personnelle qui rejaillit sur le
présent)... Ceci
montre que la lutte contre la
dépression doit comporter plusieurs
dimensions pour être
efficace. <<Des
effets à moyen terme,
liés à une
augmentation du chômage, de
la précarité ou des
difficultés
économiques sont sans
doute prévisibles dans la
population. Dans les pays
occidentaux, en effet, il y a une
forte corrélation entre un
faible niveau
socio-économique et la
dépression. Toutes les
études
épidémiologiques
conduites en Europe mettent en
évidence ce lien.
Paradoxalement, dans les pays du
Sud où les troubles
dépressifs sont beaucoup
plus rares, cette
corrélation ne se
rencontre pas. Ce n'est donc pas
tant la misère qui semble
être en cause dans la
dépression que le
décalage entre la
prospérité et ceux
qui sont moins
favorisés.>>
Le
Figaro 11/10/08 Que peut-on faire pour
soi, quand on se sent
dépressif? - La
première chose est de ne pas rester seul(e)
avec cette difficulté. Trouver un appui au
moins provisoire: ami(e), collègue,
association de soutien... de façon a pouvoir
lui en parler au moins en "mi-dire". - Accepter de
"penser à soi" sans s'en sentir coupable,
trouver des petites occasions de se faire du bien
(voir "Des cures contre la dépression" Le
Monde 5/03/08), changer de poste... - Consulter un
spécialiste du psychisme. Ne pas oublier que
les médecins généralistes ne
sont pas formés pour cela( voir: "Le
mal-être surmédicalisé" dans Le
Monde 10/09/08) , même si, parmi eux,
certains l'ont fait en dehors de leur études
initiales. Leur consultation pourra
néammoins, éliminer des causes
purement organiques qui seraient à la source
de ce que l'on ressent; iIs peuvent
également informer sur les
spécialistes du psychisme. - Ne pas confondre
les différents types de
spécialistes: Le
psychiatre: c'est
d'abord un médecin, donc c'est un
titre protégé (n'importe qui
ne peut se dire psychiatre), c'est un
spécialiste, il a donc fait une
spécialisation de psychiatrie
après sa médecine. Il
s'occupe comme tout médecin des
"maladies" (du psychisme), comme tout
médecin il pose un diagnostic et en
fonction de ce dernier prescrit des
médicaments (principalement:
neuroleptiques, tranquillisants,
anxiolytiques, régulateurs
d'humeurs...). Le
psychologue
a fait
cinq ans d'études théoriques
après le bac (D.E.S.S) en
faculté et au moins un stage
pratique. Le titre de psychologue est
lui aussi un titre protégé
depuis seulement quelques années.
Son travail n'est pas forcément de
"soins", il peut être de "conseil",
de "thérapie", de
"développement personnel",
"d'amélioration du travail"
etc...son action n'est évidemment
pas liée à la prise de
médicaments, mais, à son
écoute, à sa parole,
à ses techniques, à sa
relation avec les personnes.
N'étant pas médecin ses
consultations ne sont pas
remboursées en France Le
psychanalyste a, en
principe, fait une psychanalyse, a suivi
des cours théoriques sur la
psychanalyse et une "supervision" durant
au moins ses premières
années de consultation.
C'est-à-dire qu'il a fait un
"travail" sur lui-même et que c'est
à partir de sa propre connaissance
de lui-même qu'il peut aider les
autres. Il peut proposer soit une
psychothérapie en face à
face, soit une psychanalyse où la
personne est allongée sur le divan.
Il peut ou non appartenir à "une
école" qui spécifie des
pratiques et des orientations
théoriques différentes. Ce
titre de psychanalyste n'est pas
protégé. Ce qui veut
dire que vous pouvez, demain, mettre une
plaque sur votre porte avec "Mr Untel
psychanalyste"! Le psychanalyste comme le
psychologue agit par sa relation, son
écoute, son acceptation des
"transferts". Ses consultations ne sont
pas remboursées sauf s'il est aussi
médecin, ce qui arrive
souvent. Le
psychothérapeute propose
une aide par sa parole, son écoute,
ses techniques, sa relation. La
durée de sa formation est
très variable ( de quelques jours
à plusieurs
années). Parmi les organismes
de formation on trouve de tout : du
sérieux et du farfelu, de
l'efficace et du dangereux
(sectes).
C'est
un titre, actuellement, non
protégé, mais en voie de
protection. Des discussions ont eu
lieu à l'Assemblée Nationale
pour un projet de loi posant des
conditions à l'utilisation de ce
terme, les décrets d'application
sont en route. Ses consultations ne sont
pas remboursées sauf s'il est aussi
médecin. Bien sûr ces
titres et d'autres sont cumulables: On trouve
ainsi des "psychiatres psychanalystes",
des "psychiatres thérapeutes", des
"médecins psychanalystes", des
"enseignants psychothérapeutes"
etc.. En
connaissant la signification exacte de ces
termes on a déjà une vision
plus précise de ce qui est
proposé par le spécialiste.
Par exemple ce n'est pas pareil d'aller
voir un psychiatre ou un psychiatre
psychanalyste; de même pour un
psychologue ou un psychologue
psychothérapeute.etc... Les
médicaments
(antidépresseurs,
anxiolytiques...) Ils sont parfois
une aide, parfois indispensables mais ils ne
réglent jamais seuls le problème; la
psychothérapie sera toujours
nécessaire pour accompagner une prise en
charge médicale. Ne serait-ce parfois,
pour aider à les prendre car ils sont
ressentis, par certains, comme des poisons....
<<Les
prescriptions d'antidépresseurs sont trop
importantes et
"déséquilibrées". Terré
dans le fond de son lit, sans volonté de
consulter un médecin, le dépressif
grave n'est généralement pas assez
traité. Par contre, le modéré
recourt trop vite aux
médicaments.>> Saintluc.be Il y a risque
- à croire
que le médicament est la solution à
tout, autrement dit à "médicaliser"
toutes les situations; le médicament devient
alors un fétiche qu'on absorbe pour se
protéger, - à ne pas
intervenir à temps et nier la
nécessité que l'on a de prendre ces
médicaments Que peut-on faire
pour les autres? D'abord
ce qu'on ne peut pas faire:
- se
mettre à leur place et croire qu'on
peut "les comprendre" parce qu'on a
été dépressif
à certains moments; or on a vu que
l'état dépressif
revêtait des formes
variées. - vouloir
absolument que la personne fasse ce qui
vous a réussi, fasse telle chose
précise. En général
plus on fait pression sur elle, plus elle
se "défendra". - lui
faire trop sentir qu'on veut absolument
l'aider. Cela sera ressenti souvent comme
une pression plus ou moins insupportable
(voir une expérience personnelle
dans l'encadré ci-contre).
Ce
qu'on peut faire - Garder
le contact avec la personne qu'on veut
aider, malgré les
difficultés. En effet la solitude
d'une personne dépressive est
grande et le simple fait de sentir une
présence est une aide. - Etre
attentif aux "mi-dire"
qui peuvent être une tentative de
demande de dialogue. - Etablir,
quand c'est possible et demandé, un
dialogue sans jugement (La tentation est
de dire par exemple:"tu as tord de rester
seul"..!) et avec le minimum de pression
même si on envie de dire : " Tu
devrait absolument aller voir quelqu'un,
tu ne peut pas rester comme cela, ton cas
est trop grave") À
la demande d'un chef
d'établissement, mon
collaborateur et moi
débarquons dans un
collège où une
douzaine de professeurs nous
attendent pour ce qui doit
être un stage de formation.
Au moment de s'asseoir en rond
par terre, une participante
refuse catégoriquement,
prend une chaise et va se mettre
à l'autre bout de la
pièce. Nous
commençons à parler
avec le groupe, nous essayons
petit à petit
d'interpeller l'autre personne,
qui ne répond pratiquement
pas. À la pause, elle nous
explique que c'est le proviseur
qui l'a obligée à
venir. Rassurée sur le
fait que la formation n'a rien
d'obligatoire, elle quitte la
pièce. Et là, un
phénomène
extraordinaire se passe. Pendant
la première
période, les participants
parlaient de façon
intellectuelle et très
lointaine, ne disant que des
banalités. À partir
du moment où cette
personne est partie, les langues
se délient et le groupe
nous confie sa crainte de la voir
mettre fin à ses jours,
malgré tous les efforts
faits pour l'entourer au mieux.
Nous nous sommes rapidement rendu
compte qu'il s'agissait là
d'une peur imaginaire due au fait
que chacun des participants avait
été, par le
passé, confronté au
suicide d'un membre de sa famille
ou qu'eux-mêmes y avaient
pensé. Cela créait
un imaginaire de groupe qui
provoquait une pression terrible
sur une personne "choisie" pour
"incarner" le suicide.
C'était devenu absolument
insupportable pour elle. Le fait
de pouvoir en parler a permis de
débloquer la
situation. -
être capable (après
s'être renseigné) de donner
des informations utiles si elles sont
demandées de façon à
éviter des démarches
pénibles (nom, adresse,
téléphone de personnes
compétentes...) - Tenir
compte de la peur imaginaire des Psys de
ceux qui n'ont jamais eu affaire à
eux. - Bien
sûr il existe des cas extrêmes
où la personne n'est plus capable
de se prendre en charge (état
catatonique...) on a alors l'obligation
d'intervenir et on pourra trouver de
l'aide auprès des pompiers en
particulier. Association
psychanalytique de France
<<Je pense que ces personnes ont besoins quon prenne soins deux, elles se sentent mal aimés alors que non pas du tout malgré lamour quon leur portent elles ne voient rien elles sont lassé de tout ! Elles peuvent même devenir dans certains cas nihiliste, elles ne sinteressent au néan, a la destruction, a la mort... jai déjà été dans ce cas et je pense quen ce moment je replonge rien ne vas mais je sais que mes ami(e)s et mon fiancé son là pour moi! et jessaye de me relever et davancé!>> <<Actuellement en congé longue maladie pour dépression non, maladie mentale, puisque la dépression ne fait pas partie de la liste des maladies pouvant donner lieu à CLM) je tiens à témoigner que ladministration ne fait rien pour tous les profs en mal-être dans notre société ... On parle de France Télécom et nous ? Jai 30 ans dancienneté et de volontariat dans des classes délèves en difficulté et je me retrouve pratiquement seule face à mes problèmes ... La demande de prolongation de longue maladie ayant été raccourci par le comité départemental jai du faire appel auprès du comité national qui me promet une réponse mais pas avant 6 mois ! Je suis lasse et en même temps très révoltée , moi qui ai tant donné pour ces enfants à la dérive qui moffrent encore aujourdhui leurs témoignages affectueux ! Que deviendra lEducation Nationale avec ces jeunes profs qui ont compris bien avant moi que trop donner sans retour aura raison de leur vie ! Merci cependant à mes anciens élèves et à mon groupe danciennes collègues qui mont soutenue et qui me soutiennent encore aujourdhui sans oublier ma petite famille !>> <<Vous n'en parler pas mais peut-être faudrait-il signaler qu'il existe un système de psychiatrie public : chacun peut, s'il en ressent le besoin contacter le Centre Médico-Psychologique (CMP) correspondant à son lieu de résidence. On peut y consulter un psychologue ( ou parfois un psychiatre)gratuitement. >> <<Bravo pour vos témoignages sur les maux très très graves dont sont victimes nombre d'enseignants depuis des années et qui souffrent en silence et pour cause ! Notre société est en pleine déliquescence et des boucs émissaires sont recherchés : l'enseignant a bon dos, il est par contre HONTEUX qu'il n'y ai pas un statut de l'enseignant et une déontologie professionnelle comme dans des écoles outre atlantique avec des règles non négociables.... ce n'est pas un réglement mais un code dans lequel sont repris les devoirs mais aussi les droits de l'enseignant. L'enseignant en France est et sera sans cela de plus en plus victime rien que par son existence même. Il est urgent d'agir, j'ai moi-même vécu du harcèlement dans un organisme social pervers où l'excellence du service n'a été étudiée que dans l'intérêt des usagers et qui a laissé le personnel dans une jungle morale où la seule règle (non écrite) était la survie.... cela ne vous rappelle-t-il pas certains jeux télévisés... je ne caricature rien, c'est seulement un sujet de réflexion pas drôle du tout.>> |
||||||||||||||||||||||||||||||||

|
|