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A
L'OMBRE D'UN SILENCE
Tes
yeux, ambre charnel, s'emplissent d'or
nocturne,
De
souvenirs secrets faits de frissons
hâtifs.
Tes
songes s'en vont mordre un long champ
taciturne ;
Taffetas
mordorés, tes rêves sont
furtifs.
Ton
regard près des lacs pourchasse
encor la vie.
L'évanescence
avide, en sillonnant ton front,
A
tressé des éclats sur ta
bouche ravie.
Le
temps froisse ta peau tressaillant sous
l'affront.
Chaque
mot qui s'éteint sur le seuil de ta
lèvre
En
recherche d'obscur, se cambre sous
l'effroi
Que
déjà tu pressens et te donne
la fièvre.
Tu vas
guetter la mort du haut de ton
beffroi.
Le
passé sans couleur, aux
étreintes d'esquilles,
Sur ta
nuque enroulé se farde
d'insolence.
Tu
croises sur tes mains trois bouquets de
jonquilles
Et tu
t'en vas mourir à l'ombre d'un
silence.
Chantal
Nimier
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