Depuis plus
d'un siècle, la "
polydisciplinarité " a
existé pour trois disciplines :
l'Histoire, la Géographie et
l'Education Civique ayant pour
finalité la formation d'un citoyen
actif et responsable -Convient-il
d'entrer dans le monde et de convoquer des savoirs,
des savoirs disciplinaires mais pas seulement eux,
au profit de la résolution de
problèmes que l'on peut y rencontrer
? -ou
inversement, convient-il d'abord d'initier aux
différentes disciplines, comme autant de
manières d'entrer dans le monde et de le
comprendre ? -Dans
le premier cas, le sujet entre
dans la connaissance par sa
propre expérience du
monde, voire par une
expérience du monde plus
ou moins organisée
à et par l'école ;
cette expérience sert de
support à la construction
progressive de concepts, de
problématiques, d'outils
de pensée, de
raisonnements ; -dans
le second cas, le sujet est
invité à entrer
dans la connaissance par un
ensemble déjà
constitué,
déjà
formalisé, en
considérant que cet
ensemble est la force
légitime de la
connaissance, du moins
légitime à
l'école. Le
risque de la première
position est de manquer la
rencontre attendue entre
l'élève et la
connaissance, parce que l'on
reste dans le sens commun en
prenant l'expérience
vécue comme seule
référence
légitime ; -
le risque de la seconde position
est aussi de manquer cette
rencontre , mais pour une autre
raison : parce que l'univers de
l'élève et celui de
la connaissance disciplinaire
sont deux univers trop disjoints,
trop
éloignés. Les disciplines ne
sont-elles pas un découpage arbitraire de la
réalité ? Actuellement un courant
tend à rapprocher les différentes
disciplines, qui aiderait les élèves
à voir tous les liens entre les disciplines
et leurs interactions. Une vue
plus globale et systémique, et non
plus strictement disciplinaire ne
devient-elle pas indispensable pour
enseigner ? Par
rapport à quelques grands enjeux de
notre société actuelle
(cohésion, rapport
identité-altérité,
développement-aménagement),
il semble que la nécessité
d'introduire de l'éducation
à la citoyenneté , à
l'environnement, à la santé,
à la pluralité, s'impose de
plus en plus . Ressent-on
le besoin , même diffus, de
bousculer quelque peu l'organisation
disciplinaire actuelle
? Le travail
interdisciplinaire permet de s 'appuyer sur les
champs disciplinaires connus, d'ouvrir le dialogue
entre les disciplines, de redonner du sens et de
l'utilité sociale aux disciplines
concernées par ces enjeux. Toutefois, , il
dérange, perturbe ; il est vécu
comme promesse d'enrichissement et d'innovation,
soit, au contraire, comme une période de
crise et d'agression contre un ordre
établi. Tout modèle
de transition provoque une remise en cause , des
déplacements de " frontières de
territoires ", une recomposition, l'adoption de
nouveaux comportements et de nouvelles pratiques,
l'adhésion à de nouvelles
références culturelles. Cela ne se fera pas
facilement car l'enseignant est lié à
sa discipline, non pas seulement sur des
considérations administratives, mais bien
plus fortement sur des considérations
psychologiques procédant du choix qu'il a
fait de cette discipline, choix lié à
sa personnalité. Remettre en cause
cette importance disciplinaire, c'est toucher en
quelque sorte à un aspect de la
stabilité de la personne de
l'enseignant Quels
effets sur la lutte contre l'échec
scolaire ? L'interdisciplinarité
peut contribuer à relever le
défi de
l'hétérogénéité
des élèves dans les
classes, en leur donnant à tous
(c'est aussi la thématique de la "
culture commune ") ce à quoi ils
ont droit. En effet,
si le cloisonnement disciplinaire
constitue un obstacle pour l'ensemble des
élèves, il dessert encore
plus ceux qui ne peuvent pas faire le lien
ailleurs qu'à l'école entre
différents champs du
savoir. Ainsi,
nombreux sont les collèges
travaillant en ZEP ou REP
à déclarer que le
travail en équipe (pluri-
ou interdisciplinaire ) est
absolument nécessaire pour
motiver les
élèves. On peut
aussi retenir l'idée que
l'interdisciplinarité est un moyen
susceptible de mieux faire réussir
les élèves, leur permettant
de construire du sens autour des
apprentissages, et, par là
même, de mieux atteindre les
objectifs assignés aux
différents niveaux de la
scolarité. Former
des enseignants spécialistes ou des
enseignants polyvalents ? Cette façon de
poser le problème contraint d'emblée
à se caler sur les dispositifs
institutionnels existants. Il existe pourtant
d'autres façons d'interroger la formation
des enseignants : on pourrait , par exemple,
formuler l'hypothèse suivante : la formation
au travail en équipe devrait permettre que
la réduction de la polyvalence ne se fasse
pas au préjudice des élèves,
de même que la spécialisation ne
débouche pas nécessairement sur un
cloisonnement des connaissances, des apprentissages
des élèves, des postures
intellectuelles. Finalement, la
question pourrait donc être : peut-on former,
pour le plus grand profit des élèves,
des enseignants du second degré de
façon plus
uniquement
disciplinaire,
et peut-on former des enseignants du premier
degré moins polyvalents ? Si cette formation
est envisageable, elle pourrait alors s'articuler
sur deux axes : formation à l'ouverture
et formation à
l'équipe. Réaction: <<je suis
sénégalais, je viens de
découvrir votre site qui ma beaucoup
marquer. je tellement content. je vous
félicité et je vous encougers. je
demandent comment faire pour recevoir vos articles
?>> <<Monsieur,
c'est toujours avec beaucoup d'intérêt
que je consulte vos nombreux articles, notamment un
qui m'a beaucoup interpeller : LE MONDE N EST PAS
DISCIPLINAIRE, LES Élèves NON PLUS,
ET LES CONNAISSANCES . Je partage votre conclusion
:formation à l'ouverture et formation
à l'équipe. En effet, je suis
confronté professionnellement à
employer plusieurs disciplines qui à
1ère vue ne sont pas transverses dans mon
domaine qu'est la promotion construction
immobilière , tout particulièrement
sur des questions d'urbanisme. (je me suis
reconverti dans l'immobilier). Les entreprises nous
contactent pour solutionner leurs
difficultés à mettre en oeuvre la
"mobilité géographique des
salariés". La création d'un
pôle de production nécessite le
déplacement de techniciens sur une nouvelle
plate-forme géographique et rencontre
simultanément la réticence des
techniciens: coût dans le sud de la France de
l'immobilier. La solution envisagée
nécessite de notre part (votre lecteur) la
mise en place d'outil de contrôle de gestion
statistique (simple et exploitable par un
utilisateur inexpérimenté) en
intégrant le droit de l'urbanisme et les
règles de flux financier (bilan€) pour
élaborer des programmes qui puissent
satisfaire les futurs locataires ou accèdant
et répondre à nos exigences de
rentabilité. Notre étude a fait appel
à la sociologie, à la théorie
des systèmes en matière de RH (
coût pour l'entreprise de mettre en oeuvre la
mobilité et enjeux économique),
l'urbanisme (droit et politique des
collectivité territoriales) étude de
marché ( bilan financier et état des
lieux)et recherche historique (-5 ans) du bassin de
vie( INSEE, anpe). 4 grande disciplines: le droit,
les statistiques, l'analyse financière, la
psychologie des groupes sociaux (déterminer
le produit à long terme). Vous remarquez que
nous sommes bien loin de la simple construction
d'immeuble. Cette gymnastique est obligatoire
aujourd'hui au regard de la politique d'emploi des
PME qui cherche une économie de personnels
et qui vous offre des intéressement non
négligeable. L'école a donc des
enjeux : la polyvalence n'est pas le terme que je
retiendrait, mais plutôt la capacité
à mettre en interaction dynamique les
connaissances acquises individuellement. je vous
assure qu'au début c'est assez difficile.
Bien amicalement à vous>>
Hervé |