Dernière de
couverture
«Formateur de
terrain» ! Il devient parfois difficile de
saisir le sens de cette expression banalisée
dans l'univers de la formation des maîtres,
et certains lui dénient même toute
signification. Le succès de la formule tient
peut-être à son ambiguïté.
En fait, l'expression dissimule une grande
variété de statuts, de pratiques, de
compétences et de lieux d'intervention. Son
succès tient peut-être aussi à
cela : chacun, à sa façon, y trouve
son compte et y retrouve son
identité. L'ouvrage fournit
des points de vue, des
éclairages, des remarques,
quelques repères théoriques, des
études de cas, autant
d'éléments qui peuvent contribuer
à faire avancer les réflexions, les
débats et les analyses. Table des matières Introduction
: Le
terrain et ses formateurs A. Bouvier et J -P.
Obin P R E M I
È R E P A R T I E Le rôle de la
préprofessionnalisation J
Lacotte D E U X I
È M E P A R T I E La formation des
professeurs d'EPS J. -P. Euzet La formation des
enseignants spécialisés D.
Millet La visite de classe
M. Mante Le mémoire
professionnel R. Etienne T R O I S I
È M E P A R T I E Les enjeux de la
formation des formateurs L. M.
Bélair Former des
praticiens-formateurs F. Clerc Former des
formateurs : vue d'une MAFPEN M.
Bois Q U A T R I
È M E P A R T I E Le rapport au
terrain A. Bouvier Dépasser
l'alternance J -P. Obin Le rôle des
formateurs de terrain P.
Perrenoud Conclusion
: Où
l'on découvre que le terrain n'est pas
seulement là où on le pense M.
Develay Un passage <<En
premier lieu, il faut donc se demander quels sont
ces « objets mystérieux et
indiscernables », disions-nous plus haut, ces
phénomènes sociaux opaques que seul
peut observer et rapporter un acteur de terrain
stricto sensu, que tout autre formateur (ou
chercheur) ne pourrait discerner et surtout
le plus surprenant qu'un formateur de
terrain n'est plus en mesure de percevoir
si-tôt sa situation professionnelle
modifiée. Quel est ce savoir diffus
? Quelle est cette
étrange compétence qui ne peut
s'acquérir que dans une telle situation et
fugace au point de disparaître avec elle
? L'écoute
du milieu des formateurs permet rapidement de
constater que le terme « terrain fonctionne
essentiellement comme un signe de «
distinction » et de reconnaissance"'. De la
sorte, il permet à certaines
catégories d'acteurs de s'identifier pour se
différencier des autres et se construire une
identité. Après
tout, c'est une fonction sociale comme une autre,
et sans cloute même plus importante que
beaucoup. Mais suffit-elle pour une institution de
formation? Peut-elle justifier d'esquiver les
débats scientifiques, de refuser toute
approche épistémologique et
d'éviter d'aborder le registre des
compétences ? Tel n'est pas notre
avis. Dans le cadre
d'une formation professionnelle, la
nécessité d'un rapport au terrain
s'impose presque toujours. D'abord pour permettre
à celui qui va exercer une profession de
repérer les caractéristiques des
diverses situations qu'il sera susceptible de
rencontrer, ensuite pour observer les pratiques des
acteurs déjà en exercice, pour les
décrire, les formaliser et les
théoriser, et enfin pour s'exercer dans un
rôle nouveau, dans des conditions les plus
proches possibles de celles que le futur
professionnel connaîtra, tout en recevant les
feed-back in-dispensables pour son auto-formation.
Ces aspects ne sont récusés par
personne, tout au moins explicitement. Si leur
fondement tient plus d'une tradition orale
qu'écrite et semble ignorer
l'épistémologie, depuis quelques
années un nombre croissant de travaux de
recherche et des ouvrages sur la formation des
enseignants tentent (après coup, mais mieux
vaut tard que jamais) de leur trouver un fondement
scientifique et épistémologique plus
affirmé. Gageons qu'ils vont y parvenir sous
peu. À ce
sujet, notons au passage que beaucoup de
métiers aujourd'hui font appel à des
simulateurs de plus en plus perfectionnés.
Or, cette pratique semble exceptionnelle pour les
métiers de l'enseignement. Faut-il s'en
réjouir? Peut-être pas. Tient-elle
à la faiblesse des instruments, à la
complexité des situations ou à la
résistance du milieu? Aux trois sans
cloute.>> p. 196 Commentaire Un livre bien utile sur les rapports de la théorie et de la pratique dans la formation
|
|
|