Dernière de couverture Si de multiples tentatives ont été
faites pour appliquer le concept d'énergie
aux sciences humaines, notamment depuis Freud et
son « Esquisse d'une Psychologie
scientifique» en 1895, aucune n'a
été poussée jusqu'à son
terme. Du changement à l'inertie propose la
première unification des différents
phénomènes relationnels
individuels et sociaux autour de ce concept
et de son corrélatif, l'inertie. A partir des notions d'énergies«
fortes » et « légères
», de l'étude de leurs liens et de
leurs propriétés (propagation,
structuration, actualisation...) et en particulier
de l'analyse de l'inertie qui accompagne
inéluctablement leur mise en uvre,
André de Peretti construit un modèle
visant à rendre compte des oscillations, des
échanges et des stockages d'énergie
au sein de chaque organisme comme dans tout
processus d'interaction. De ces développements
théoriques, validés à chaque
étape par leur capacité à
élucider les événements
historiques notamment la
décolonisation et la crise de l'enseignement
il ressort que les systèmes sociaux
fonctionnent comme régulateurs ou
médiateurs des variations
énergétiques. Cela permet à
l'auteur de fonder une théorie
psychophysiologique des émotions et de
l'affectivité et de proposer une conception
originale de l'aliénation des forces
humaines et de l'altération des images de
soi. Avec Du changement à t 'inertie,
André de Peretti, qui dirige depuis
1976 le Département de psychosociologie de
l'éducation à l'Institut national de
recherche pédagogique (INRP), nous propose
un ouvrage issu de ses travaux théoriques et
de ses engagements professionnels, tant
administratifs que pédagogiques ou
politiques. Ce livre important permet de mieux
situer, par la mise au jour des effets de
l'inertie, les risques sociaux quotidiens, et
justifie la thèse d'une dialectisation de la
personne et des systèmes sociaux. Table des matières Avant-propos PREMIÈRE PARTIE : ÉNERGIES ET
INSTITUTIONS 1. Rencontres et stress Puissance motrice et contraintes physiques Émotions et champ de contraintes Paléocéphale et primitivation de
la conduite Peur et menace « magique » Angoisse et vide Les antagonismes émotionnels les oscillations émotionnelles Colère La jouissance Oscillations émotionnelles et
ambiguïté Le continuum émotionnel Émotions et stress L'appareillement primaire L'assujettissement 2. Influences et désarroi Individu et variétés de
relations Échanges et développement de
l'organisme Régulation et image de soi Image de soi et influence Champ d'influence et affectivité Le sentiment de culpabilité Tristesse et anxiété d'abandon Les antagonismes affectifs L'agressivité La sympathie Le continuum affectif Interaction des émotions et des
sentiments Affectivité et désarroi Désarroi et rapport avec « autrui
» L'accointance 3. Objets et cadres L'objet rassurant L'objet offensif L'objet outil L'objet, représentation de soi et
d'autrui L'objet et l'échange L'« objet » sexuel et l'alliance Des objets et des mots Jeu des mots et tissage des structures Des techniques et des normes 4. Structurations systémiques Émergence des systèmes Formes sociales en émergence
systémique La forme systémique d'un match Différenciation de l'assujettissement Pouvoir et régulation systémique
des forces Pouvoir et protection Diversification de l'accointance Figure d'autorité et régulation
systémique des influences Figures centrales et sécurisation Pouvoirs et autorités Légitimation et régulation Structuration systémique et
protection Incertitudes, défenses et protection
systémique L'effet de protection et sa
contre-épreuve La protection institutionnalisée DEUXIÈME PARTIE : INERTIE ET
INSTITUTIONS 5. Réduction et Effets de
fermeture Les objets réducteurs Langage et sélection Formes et fond d'effacement La précipitation des formes L'« effet de fermeture » Fermeture dans les perceptions L'« effet Bunuel » Fermeture dans les mots Fermeture par abus linguistique Fermeture dans les techniques Fermeture dans les représentations 6. Fermeture dans les institutions Appesantissement des normes et des
modèles Le phénomène bureaucratique Fermeture dans les pouvoirs Fermeture et dissymétrie
réductrice Aliénation économique et
physique Dissymétrie et altération
psychique 7. Inertie et structures Effets « pervers » ou inerties L'inertie d'entraînement en
cinématique L'inertie de résistance
ou d'induction en mécanique L'inertie de résistance -
dégradation en physique Inertie et mécanique ondulatoire Inertie d'entraînement et
contradictions Inertie et artefacts Inertie et organismes Structures sociales et inertie
d'entraînement Équilibre et inertie de
résistance 8. Aliénation, altération et
colonialisme Aliénation et inertie
d'entraînement L'inertie d'induction-dégradation Altération et inertie
d'induction-dégradation Altération et violence Aliénation, altération et
colonisation Conflits entre émigrants et
conquérants Le complexe d'altération chez les
coloniaux Résistance aux métropoles Genèse de l'altération Altération induite chez les
colonisés Fermeture aux évolutions Le « cercle infernal » Le retour de flamme La mise en échec de
l'altération TROISIÈME PARTIE : DIALECTISATION ET
PRINCIPES PRATIQUES 9. Changements dans les systèmes
sociaux et dialectisation Rejet réactionnel Renforcement réactionnel Inertie et violence Régulation des effets d'inertie Projet et processus dialectique Dialectique de la non-directivité Dialectique des « concept-repères
» Agressivité et inversion de la
dialectique Dialectique et groupes ou institutions Dialectique de la passion
démocratique Le troisième mouvement Dialectisation et civilisation
post-industrielle 10. Une thèse pratique : le principe
de continuité-interaction Civilisations identitaires à texture
discontinue Civilisations de complémentarité
et d'interaction continue Statique d'ordre ou dynamique
d'équilibre Valorisation de chaque différence Différence et transfert Le paradoxe d'Abraham Dialogue avec la « base » Recherche et participation Science et modestie Considération des institutions « Disparation » et lieu
méthodologique Le couplage objectif-subjectif Le couplage
abstraction-concrétisation Le couplage théorie-pratique 11. Une hypothèse pratique : le
principe de l'économie dans la
formalisation Non-inflation des langages Noyaux signifiants et pédagogie Noyaux « générateurs »
et « langage total » Noyaux signifiants et projet
pédagogique Non-suprematle a un lieu a analyse Absence de définitions des concepts Fondements univoques Énergie et
trans-spécificité Non-spécificité et
trans-spécificité 12. Une synthèse pratique : le
principe de la pluralité harmonique « Tâches ouvertes » Multiplicité nécessaire des formes
pédagogiques ou administratives Crise et réduction des
pluralités Effets d'effacement et de fermeture Une pédagogie variée pour chaque
enseignant La pédagogie diversifiée au sein
d'un établissement La pédagogie
différenciée Les « gammes » de moyens Variété dans
l'évaluation Gammes et innovation Multiplicité, personnalisme et
démocratie Conclusion Index des noms cités Un passage <<Les
approches de Bales (sur le registre des forces) et
celles de Jaques (sur celui des sentiments et des
identifications) convergent avec les
démarches théoriques et pratiques que
nous avons développées ci-dessus.
Leurs hypothèses de stabilisation et de
défense s'appliquent en fait, au-delà
des groupes et des organisations, à toute
structure systémique. On ne peut mettre en
doute que les institutions et les systèmes
sociaux à tous les niveaux, par leur
fonctionne-ment, protègent de l'incertitude
galopante, sur l'emploi des puissances, comme ils
préservent de la désarticulation ou
des heurts brusques. Ils protègent d'autre
part de doutes et de craintes sur autrui et sur
soi, qui seraient trop coûteux. Ils
évitent donc aux collectivités comme
aux individus les à-coups de restrictions
excessives ou d'emballements. Il apportent de ce
fait une simplification opportune à la
complexité des relations ou de
l'identité. C'est ce
que concluent Max Pagès et trois autres
chercheurs à l'issue d'une étude sur
« l'emprise de l'organisation » : «
Les institutions seraient ainsi le lieu où
les individus travaillent collectivement leurs
inconscients les plus profonds. Elle
constitueraient une sorte de gigantesque
système de défense collective, un
gigantesque sociodrame de défense contre la
conscience de la mort... (s) » Mais on a
pu faire un pas de plus par rapport à ces
auteurs en considérant que les structures,
au sein des systèmes sociaux, effectuent
cette action de stabilisation, de
sécurité et de simplification par le
double fait d'absorber, de manière plus ou
moins rustique, une part des forces individuelles
pour ensuite canaliser celles-ci, et de globaliser
(schématiquement) une part des informations
en vue de les orienter toutes. Ce faisant, les
structures, en tant que phénomènes
potentiels, constituent des stocks de
réserve de puissance et des « matelas
» d'amortissement entre les personnes, le
monde extérieur., et leurs diverses
conjonctions. Les
pouvoirs ou les autorités ne sont donc pas
seulement des concentrations de puissances
résultantes ou des influences
déterminantes. Leur interposition produit ce
qu'il faut bien appeler un volant d'énergie
de régulation : et celui-ci assure un «
régime » simplifié et
stabilisé(') des rapports, occasionnels ou
habituels, de force et d'influence entre les
individus.Dans cette perspective, c'est une «
économie » systémique des
relations et des échanges
énergétiques ou informatiques entre
les personnes qu'on peut édifier pour
interpréter les situations institutionelles
et groupales(2). Et cette économie,
déborde et englobe l'économie des
rapports de production, quels que soient
ceux-ci.>> p.81 De Peretti Commentaire Une synthèse remarquable de la
pensée d'André de Peretti
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