Dernière de couverture Les affrontements
humains tournent au tragique. Nous nous agitons
sans cesse autour des identités et des
altérités personnelles, familiales,
groupales, nationales, continentales. Nous sommes
aveugles aux intérités et aux
reliantes multiples. Développée,
avec Edgar Morin, la pensée
systémique peut seule contribuer à
métamorphoser nos différends,
à construire nos oppositions et,
peut-être, à déjouer l'inhumain
? Elle seule peut ne pas séparer l'humain,
la vie, la terre, le cosmos. De même,
l'histoire systémique ne sépare pas
acteurs, activités, sociétés
et cultures. Ainsi, religion, politique,
économie, information «
s'entre-transforment », les
sociétés aussi. Une cosmopolitique
de civilisation est, aujourd'hui, à
inventer. On ne peut pas se contenter d'invocations
plus que légères à la
démocratie et aux Droits de l'Homme quand
flambent les inégalités destructrices
des humains et quand la terre même en vient
à souffrir avec eux. Une cosmopolitique de
civilisation devrait nous permettre d'inventer des
moyens pour déjouer l'inhumain et pour aller
de la Mère-Patrie à la
Terre-Patrie. Jacques
DEMORGON, philosophe et sociologue,
étudie les genèses interculturelles
des sociétés, pour fonder, en acte et
en pensée, le projet d'une cosmopolitique de
civilisation. Plusieurs ouvrages y contribuent :
Complexité des Cultures et de
l'interculturel. Contre les pensées uniques,
2010 - Critique de l'interculturel, 2005 -
Dynamiques interculturelles pour l'Europe, 2003 -
L'histoire interculturelle des
sociétés. Pour une information monde,
2002, publiés chez Economica Anthropos. On a
aussi, avec Jean Moreau, Le Vénérable
et le philosophe. Franc-maçonnerie et
mondialité, 2008, chez Detrad. Enfin, Les
sports dans le devenir des sociétés,
2005, chez L'Harmattan. Plusieurs ouvrages sont
traduits en allemand comme nombre d'articles aussi
en anglais. Tous ces travaux font l'objet de
recensions, d'analyses et d'études. Comme,
avec Silvio Martinelli, L'apprentissage
interculturel, TKit 4, Conseil de l'Europe, traduit
en quinze langues. Table des matières Préface
La possibilité d'une espérance : la
Terre- Patrie, de Jacques Cortès Introduction
Le cosmos immense, l'histoire géante et la
pensée naine Chapitre I.
Critique de la pensée
simplifiante Chapitre II.
Les antagonismes du réel et la
méthode systémique Chapitre
III. Figures de la complexité et de
l'hypercomplexité Chapitre IV.
Du Cosmos à la vie. Antagonismes et
synergies Chapitre V.
-- La pensée systémique et
l'épreuve de l'histoire Chapitre VI. Dialogique des actions, des
activités, des appareils Chapitre VII. L'organisation
systémique des royaumes et la raison des
sociétés divergentes Chapitre
VIII. Chine, Europe : dialogiques analogues ou
divergentes Chapitre IX.
-- L'Europe antagoniste et « l'association,
dissociation » du politique et du religieux.
Chapitre X.
La nation moderne : l'économie et
l'information associées Chapitre XI.
-- La mondialité et l'ascension de
l'économie financière Chapitre
XII. Le défi cosmopolitique : l'humain
mul-tiple Conclusion
Déjouer l'inhumain Bibliographie
Un passage <<V.
L'INDIVIDU ET SA RICHE CONCRÉTUDE,
SINGULIÈRE ET COMPLEXE Il n'est pas
question de nier « l'idée
d'objectivité, nécessaire pour
concevoir la catégorie du sujet ». Mais
elle produit « une hiérarchisation
simplifiante qui subordonne le particulier au
général, l'aléatoire au
déterminé, le variant à
l'invariant, le discontinu au continu...
L'abstraction, sans contrepoids, exclut
l'être et l'existence » (1980, p.
264). Si l'on pose qu'il
n'y a de science que du général,
l'individu est exclu. D'ailleurs, le simplisme
statistique réduit l'individu à
n'être qu'un écart à la
moyenne. Le déterminisme simpliste lui
enlève toute autonomie. Le probabilisme
simpliste le transforme en girouette. Certes, il n'est
pas question de récuser «
l'idée systémique,
c'est-à-dire d'organisation, et
l'idée cybernétique,
c'est-à-dire de machine ». Mais
cybernétique et systémique simplistes
« conçoivent, bien à tort, la
machine vivante sur le modèle de la machine
artificielle ». Les identifications
sont indispensables et les identités sont
inévitables mais elles ne doivent pas
entraîner le déni des relations, des
interactions, des rétroactions qui sont
l'autre dimension irréductible et
complémentaire du réel. «Nous avons
besoin d'une méthode qui conçoive
ensemble la singularité et la
généralité... l'autonomie et
la dépendance, et la relation
récursive où l'individu-sujet est,
à la fois,
"généré/produit/déterminé"
et générateur/
producteur/déterminant" » (1980, p.
264). Cette
hypercomplexité du sujet se manifeste de
bien des façons : a)
l'identité est transindividuelle : «
antérieure (le géniteur,
l'ancêtre) ; intérieure (le patrimoine
inscrit dans les gènes) ; postérieure
(la progéniture) ; extérieure
à soi (le congénère)
» ; b) «
l'égocentrisme subjectif exclut tout autre
semblable de son site ontologique »
; c) chaque
être vivant est défini comme
«irremplaçable, irreproductible dans
sa singularité objective
(génétique, physiologique,
morphologique, psychologique) ». Comme il
l'est aussi dans sa singularité subjective
« d'être construisant (computation)
et pensant (cogitation) son devenir unique
» (1980, p. 165). Ainsi, pour Morin,
« notre tendance à confondre ou
à simpler nous amène à faire
de l'individu soit rien, soit tout. Or, la notion
clé de l'individu doit demeurer
clignotante... L'individu participe
contradictoirement à un continu et à
un discontinu, assume le paradoxe biologique
d'être, à la Ibis,
élément, fragment et totalité
de vie» (1980, p. 149).>>
p.19 Commentaire Un livre qui aide à comprendre la
pensée d'Edgar Morin. Bien utile.
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