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La méthode 6 Ethique

Edgar Morin

Editions du Seuil. ISBN: 2-02-078638-9 (2004) 10€

Dernière de couverture

CI SIXIÈME et dernier volume de La Méthode constitue le point d'arrivée de la grande d'Edgard Morin. traduite et reprise en édition de poche dans de nombreux pays. Cette oeuvre a fait de la complexité un problème fondamental à élucider et traiter; depuis, elle a fait école et suscité un mouvement pour réformer la pensée». Dans ce tome 6, le plus concret et, peut-être, le plus accessible. l'auteur part de notre crise contemporaine, proprement occidentale, de. l'éthique et y revient en finale après un examen ù la fois anthropologique, historique et philosophique.

Si le devoir ne peut se déduire d'un savoir, le devoir a besoin d'un savoir. La conscience morale ne peut se déduire de la conscience intellectuelle, mais elle a besoin de la conscience intellectuelle, c'est-à-dire de pensée et de réflexion. En effett, la bonne intention risque de déterminer des actions mauvaises et la volonté morale d'avoir des conséquences immorales. D'où la pertinence du précepte moral de Pascal: «travailler à bien penser». Faire son devoir n'est souvent ni simple ni évident, mais incertain et aléatoire: c'est pourquoi l'éthique est complexe.

Au-delà du moralisme comme au-delà du nihilisme, l'auteur, plutôt que de céder à la prétention classique de fonder la morale, cherche à en trouver et régénérer les sources dans la vie, dans la société. dans l'individu. étant donné que l'humain est à la fois individu/société/espèce. Il traite des problèmes permanents mais sans cesse aggravés de la relation entre. éthique et politique, science et éthique.

Directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influera« sur la réflexion contemporaine. notamment dans le monde nu«literranéen et en Amérique latine, et jusqu'en Chine, Corée. Japon. La Méthode (six volumes au total) est son oeuvre majeure, celle où il affronte la difficulté de penser la complexité du réel.

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE

La pensée de l'éthique et l'éthique de pensée

1. La pensée de l'éthique

L'exigence subjective

La reliance éthique

L'autonomie morale

La modernité éthique : les grandes dislocations

L'individualisme éthique

La crise des fondements

Ressourcer l'éthique

II. Le ressourcement cosmique

Les sources de reliance

L'humaine reliance

Au coeur du Mystère

Éthique de la reliance

III. L'incertitude éthique

Principe d'incertitude dans la relation intention-action

Écologie de l'action

Limite de la prévisibilité Double et antagoniste nécessité du risque et de la

précaution Inconscience ou négligence de effets secondaires pervers

d'une action jugée salutaire

Incertitude dans la relation entre la fin et les moyens

Permutation de finalités selon les circonstances

Dérives et inversions

Les contradictions éthiques

Les impératifs éthiques contraires

La dialogique éthico-politique

Incertitude et contradiction éthiques dans les sciences

L'illusion éthique

L'illusion intérieure

Ripostes à l'incertitude et à la contradiction

Conclusion : la complexité éthique

IV. L'éthique de pensée

L'éthique de la connaissance et la connaissance de l'éthique

Le lien

Le mal-penser»

Le « travailler à bien penser »

De la pensée complexe à l'éthique

L'éthique éclairée/éclairante

DEUXIEME PARTIE

Ethique, science, politique

 1. Science, éthique, société

Science/technique/société/politique

La tache aveugle

Les compromis éthiques

Vers la réforme

Vers la transformation de la nature humaine?

Conclusions

II. Éthique et politique

Les grandes incertitudes

Réalisme et éthique

Crise

Y a-t-il espérance?

 

TROISIEME PARTIE

Auto-éthique

 1. L'individualisme éthique

II. La culture psychique

L'auto-examen (bien se penser)

Autocritique

La culture psychique

La récursion éthique

Résistance à la moraline (purification éthique)

Éthique de l'honneur

Éthique de la responsabilité

Des vertus

Conclusion : la résistance à la barbarie intérieure

III. Éthique de reliance

L'impératif de reliance

L'exclusion de l'exclusion : la « reconnaissance »

Le respect d'autrui : la courtoisie

L'éthique de tolérance

L'éthique de liberté

L'éthique de fidélité à l'amitié

L'éthique de l'amour

IV. Éthique de la compréhension

Reconnaître l'incompréhension

Reconnaître la compréhension

La compréhension de la complexité humaine

La compréhension des contextes

Comprendre l'incompréhension

Le méta-point de vue

L'erreur

L'indifférence

L'incompréhension de culture à culture

La possession par les dieux, les mythes, les idées

L'égocentrisme et l'auto-centrisme

L'abstraction

L'aveuglement

La peur de comprendre

Terrible travail de compréhension. Paradoxes et contradictions

Les commandements de la compréhension

V. Magnanimité et pardon

Du talion au pardon

Le pardon

La pari du pardon

Le pardon politique

Mémoire et pardon

Impossibilité du pardon et de la punition

L'auto-examen

VI. L'art de vivre : poésie ou /et sagesse ?

Dialogique raison-passion

L'art de vivre

Le savoir-aimer

L'incorporation du savoir : le savoir-vivre

La sagesse de l'esprit

Conclusion

VII. Conclusion auto-éthique. Re- et com-

QUATRIÈME PARTIE

Socio-éthique

1. L'éthique de la communauté

La boucle démocratique

Les deux universalités

Annexe : Le problème d'une démocratie cognitive .

 

CINQUIÈME PARTIE

Anthropo-éthique

 

1. Assumer la condition humaine

Vers l'humanisme planétaire

II. Ethique planétaire

L'humanisme planétaire

Les neuf commandements

L'éthique planétaire

Société-monde?

III. Les voies régénératrices

Réforme / transformation de société

Réforme de l'esprit / réforme de l'éducation

Réforme de vie

La régénération morale

Le concours d'une science réformée

Complémentarité en boucle des réformes

IV. L'espérance éthique : la métamorphose ?

Conclusions éthiques

1. Du mal

Le mal de vie

L'humanité du mal

II. Du bien

Pensée complexe et éthique : reliance

La complexité éthique

La fragilité éthique

La modestie éthique

Régénérer

Espérance / désespérance

« Muss es sein ? Es muss sein ! »

Éthique de résistance

La finalité éthique

La foi éthique

Vocabulaire

Un passage

<<La tache aveugle

Il a été très difficile et très long pour concevoir que la science, qui était identifiée à la raison, au progrès, au bien, pouvait être profondément ambivalente dans sa nature même. La conscience de cette ambivalence a commencé à se répandre à partir des années 1980, lorsqu'il apparut que les deux grandes catastrophes menaçant l'humanité, la catastrophe nucléaire et la catastrophe écologique, auraient été toutes deux inconcevables sans les développements de la science.

Seule une minorité de scientifiques a perçu ce lien, notamment ceux qui se sont regroupés dans le Mouvement universel de la responsabilité scientifique (MURS), dont Jean Dausset, prix Nobel, assure la présidence'. La majorité a gardé la conviction qu'une disjonction irréductible sépare science, technique et politique. Selon eux, la science demeure intrinsèquement bonne, bienfaisante et morale ; la technique est ambivalente, comme la langue d'Ésope ; la politique, elle, est mauvaise, et les utilisations mauvaises des sciences sont dues à la politique. Une telle conception ignore non seulement la contamination entre les trois instances, mais encore que l'activité scientifique développe par elle-même les pouvoirs de manipulation et les potentialités de destruction. Elle occulte les gigantesques problèmes sociaux, politiques et éthiques posés par l'omniprésence de la science et par son développement incontrôlé.

Les esprits formés par un mode de connaissance qui répudie la complexité, donc l'ambivalence, ne savent concevoir l'ambivalence inhérente à l'activité scientifique, où connaissance et manipulation sont les deux faces du même processus. Plus généralement, la mentalité formée à un mode de pensée binaire, qui exclut l'ambiguïté, ne peut concevoir que la science soit à la fois « bonne » et « mauvaise », bienfaisante et perverse, utile et néfaste.

Comme la science moderne, par sa nature même, est indifférente à toute considération éthique autre que l'éthique de la connaissance et l'éthique du respect des règles du jeu scientifique, il y a un aveuglement de bien des scientifiques sur les problèmes éthiques posés par l'activité scientifique. Cet aveuglement est lui-même engendré par un aveuglement inhérent à la connaissance objective.>> p. 75

Commentaire

Une vision renouvelée de l'éthique acceptable pour le croyant comme pour l'athée. Un livre important...comme toute la méthode d'Edgard Morin.

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