Dernière de couverture <<Le facteur
humain » est l'expression par laquelle les
spécialistes de la sécurité
des personnes et de la sûreté des
installations désignent le comportement des
hommes au travail. II est fréquemment
invoqué dans l'analyse des catastrophes
industrielles, des accidents du travail, et dans
les procès ou les commissions
d'enquête. On lui associe l'idée de
faute commise. Paradoxalement, cette conception
négative de l'intervention humaine repose
sur une confiance sans faille dans la technique et
sur une méconnaissance des sciences humaines
Cet ouvrage récapitule les progrès
réalisés dans les sciences de l'homme
au travail, afin de formuler une doctrine plus
nuancée que celle de l'école des
<<human factors », dans les
années 50. Christophe
Dejours:
Christophe De jours est professeur titulaire de la
chaire de psychologie du travail au Conservatoire
national des arts et métiers. Table des matières Avant-propos Introduction I. Les orientations
de la recherche sur de facteur humain : Les
questions initiales : 1. Objectif de l'action - 2:
Prévisibilité des conduites humaines
- 3: Orientation normative II. Les
orientations de la recherche sur le Facteur humain
: Les démarches d'investigation. III. Identification
des présupposés théorique dans
les deux orientations de recherche sur le facteur
humain: 1 Les présupposés relatifs au
modèle de l'homme - 2 Les
présupposés relatifs au concept de
technologie. - 3 Les présupposes relatifs au
concept de travail PREMIÈRE
PARTIE :ANALYSE CRITIQUE DES
PRÉSUPPOSES DE LA RECHERCHE SUR LE FACTEUR
HUMAIN . PROBLÈMES
THÉORIQUES Chapitre 1 Le
concept de technologie 1. Conception
commune de la technique et notion de
défaillance humaine - 2 Conceptions
psychosociologiques et notion de ressource
humaine 3 L'anthropologie
des techniques et la critique des
présupposées de sens
commun. Chapitre 2. De
la technologie au concept de travail 1 Le réel
comme concept (apport de l'ergonomie ) - 2 Vers une
autre définition du travail - 3 La notion d'
« activité subjectivante >>
(apport de l'ethnographie industrielle) - 4.
Réel du travail et intelligence rusée
(apport de la psychologie historique) Chapitre 3. La
conception de l'homme : modélisation
individuelle ou modélisation collective
(apports de la sociologie de l'éthique et de
la psychodynamique du travail)? 1 Les paradoxes de
l'intelligence de la pratique.- 2 La
visibilité et le problème de la
confiance, - 3. Les formes de jugement sur le
travail : a) Le jugement d'utilité b) Le
jugement de beauté. - 4. La reconnaissance.
- 5. Arbitrage et coopération. - 6 Facteur
humain et espace de discussion: a)
L'intelligibilité , b) La souffrance et les
défenses contre la souffrance, c) L
authenticité. - 7. Travail et
action DEUXIÈME
PARTIE: PROBLÈMES
ÉPISTÉMOLOGIQUES POSÉS PAR LA
NOTION DE FACTEUR HUMAIN Introduction Chapitre 1.
Théorie de l'action et critique de la
rationalité 1 - Les trois
formes de l'agir -2 . L agir
communicationnel. Chapitre 2. Les
sciences humaines et leur division
interne Chapitre 3.
Sciences empirico-analytiques et sciences
historico-herméneutiques Chapitre 4.
Relations entre sciences de la nature et sciences
de l'esprit 1. La conception de
Ricoeur - 2. La sociologie de la science - 3.
Davidson et l'enquête sur la
vérité - 4. Anscombe et la
«vérité pratique >>- 5.
Conclusion Épilogue
- Incidences de l'analyse théorique et
épistémologique des
présupposés de la recherche sur le
modèle de l'homme dans les conceptions du
facteur humain I. Les
conséquences de l'analyse théorique :
1 La dimension bio-cognitive (ou le réel du
corps) - 2. La dimension intersubjective - 3. La
dimension de la mobilisation
subjective II. Les
conséquences de l'analyse
épistémologique : l. Limites de la
notion de facteur humain - 2. Facteur humain et
coopération Bibliographie Un passage <<Dans la
tradition épistémologique qui remonte
à la 17n du siècle dernier, on
distingue deux types de sciences : les sciences de
la nature et les sciences de l'esprit, qu'on
dénomme plus couramment en France «
sciences de l'homme ». Or cette opposition,
qui a une réelle légitimité au
plan épistémologique, ne recoupe pas
exactement ce qui se joue au niveau des
disciplines. Parmi les sciences humaines en effet,
on compte la psychologie, la sociologie,
l'ethnologie, l'anthropologie, l'histoire,
l'économie, la linguistique qui, bien
sûr, ont affaire avec les sciences de
l'esprit. Mais chacune de ces disciplines ne
relève pas, dans sa totalité, de
l'épistémologie des sciences
humaines. La linguistique par exemple, est
constituée de nombreuses sous-disciplines.
On oppose ainsi en son sein la sociologie du
langage et la pragmatique d'un côté,
la phonologie, de l'autre. Or ces deux groupes de
sous-disciplines ne se réclament pas du
même statut épistémologique.
Les premières relèvent
essentiellement des sciences humaines, les secondes
essentiellement des sciences de la
nature. De même en
psychologie, la psychophysiologie, la
neurophysiologie, l'aphasiologie,
l'éthologie humaine et animale,
relèvent essentiellement des sciences de
la nature, cependant
que la psychopathologie, la psychanalyse, la
psychologie des petits groupes, etc.,
relèvent des sciences de
l'esprit. Et encore cette
partition entre deux groupements de
sous-disciplines n'aboutit-elle pas à une
identification parfaitement pure du point de vue
épistémologique. Pour ne prendre que
l'exemple de la psychanalyse, beaucoup d'auteurs,
à commencer par Freud, considèrent
qu'elle relève des sciences de la nature.
L'éthologie humaine ne peut pas être
considérée uniquement comme une
science de la nature; l'aphasiologie tout
entière est prise dans la structure
symbolique et culturelle, référence
sans laquelle il est impossible de faire l'analyse
des troubles du langage et de la pensée
déclenchés par des lésions du
système nerveux central. Et l'ergonomie :
s'inscrit-elle dans le cadre
épistémologique d'une science humaine
ou d'une science de la nature (F. Daniellou, 1992)
? Finalement, il faut
bien admettre que la prise en considération
des deux grandes lignées
épistémologiques conduit au constat
que beaucoup de disciplines et de sous-disciplines
sont traversées par les deux ordres
épistémologiques et qu'il faut donc
souvent faire face au problème de
l'hétérogénéité
épistémologique des
disciplines. Pourquoi? Est-ce
parce que ces distinctions
épistémologiques ne sont pas
pertinentes'? Est-ce parce que les disciplines
appartenant aux sciences humaines sont
foncièrement incohérentes ou
immatures, ou bien est-ce le fait de querelles
idéologiquement et socialement
déterminées entre chercheurs
épris de polémique? L'hétérogénéité
en cause ne vient pas de la science. Son origine
est dans le monde. C'est le monde qui est
hétérogène. Ou plus exactement
c'est l'homme qui introduit
l'hétérogénéité
par rapport à la nature. En effet l'homme
appartient aux deux mondes. Comme nous avons
déjà eu l'occasion de le voir dans la
première partie, l'homme appartient au monde
naturel, notamment par son corps biologique, mais
il appartient aussi au monde de l'action ou de
l'esprit, essentiellement par sa capacité de
manipuler et surtout de créer des symboles.
Fondamentalement, si l'homme appartient au monde de
l'esprit dont par ailleurs il est le constructeur,
c'est du fait de sa capacité à
participer à des interactions symboliques
médiatisées par le
langage.>>p.84-86 Commentaires C'est un "Que
sais-je" avec tout ce que cela indique, sa
densité, sa petite écriture, mais
aussi sa synthèse efficace. Il permet entre
autres de comprendre les présupposés
avec lesquels vivent bien des acteurs dans les
entreprises (et aussi dans l'E.N.!)
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