Dernière de couverture Is ont redoublé deux à cinq fois
entre la maternelle et le bac, ils ont
été orientés vers des cycles
courts : sixième de transition, CPPN, CAP,
BEP, ils ont parfois été
rétrogradés ou ont
décroché. Leur entourage n'imaginait
pas qu'ils puissent « aller loin », voire
les déclarait « incapables »,
« nuls », « inaptes aux
études ». Et pourtant ces
élèves ont tous validé au
minimum un second cycle de l'enseigne-ment
supérieur : ici une maîtrise en
sciences de la vie et de la terre, en lettres et
arts, là un troisième cycle en
sciences humaines et sociales ou en droit, ou
encore ils sont devenus ingénieurs,
médecins, avocats... Pourquoi et comment ces élèves,
qu'ils soient issus de milieux populaires ou
d'origine bourgeoise, malmenés au cours de
leur traversée scolaire, parviennent-ils
à accéder aux sommets de
l'enseignement supérieur ? Quelles ont
été les conditions et les dynamiques
de ces parcours scolaires atypiques ? Même si
ces itinéraires ne concernent qu'une
minorité, l'analyse conduite par Bertrand
Bergier et Ginette Francequin est porteuse d'espoir
pour tous les jeunes en délicatesse
aujourd'hui avec l'école. Parents,
éducateurs, enseignants, professionnels de
l'orientation scolaire trouveront là
matière à réfléchir sur
les outils à leur disposition, les
passerelles existantes ou à créer,
les relations qu'ils établissent avec les
jeunes, la manière dont ils peuvent
valoriser les compétences et éviter
les jugements définitifs. Bertrand Bergier, professeur à
l'université catholique de l'Ouest,
professeur associé à
l'université de Sherbrooke, directeur de
l'Institut des sciences de la communication et de
l'éducation d'Angers, membre du laboratoire
de recherche en éducation et formation
(LAREF). Ginette Francequin, maître de
conférences en psychologie, membre du
Laboratoire GRIOT, groupe de recherche
interdisciplinaire sur l'organisation du travail
(CNAM UMR LISE CNRS). Table des matières PROLOGUE _ - _ 1. INÉDITS ET
ORIGINALITÉS _ . Des parcours à faire « mentir les
statistiques » Le jeu des rapports sociaux. Le jeu des passerelles Le jeu des histoires singulières À la rencontre des rescapés du
système scolaire Du qualitatif en quantité Mise en oeuvre d'une pratique restituante Clés de lecture 2. DES RAISONS D'ESPÉRER
Loulou : « Tu n'arriveras jamais à
rien dans la vie » Jenny : J'étais virée Jorge : Ils vont voir si je ne suis pas
capable Alex : Faire face et m'en sortir Suzon : Droit au but, quoi qu'il en coûte
_ Simon : Il n'y a pas que les biens-nés
qui peuvent réussir Mériem : récole, c'était
l'issue de secours, ma liberté Armand : À partir du moment où
j'ai décollé, ça a
été mieux. 3. DE LA PUISSANCE DU GENRE Les filles se sous-estimeraient plus
facilement Les filles auraient une lecture aggravante des
difficultés scolaires Les filles deviendraient moins ambitieuses Rapport pénalisant des filles à
l'âge et à la pulsion
d'indépendance Un type de décohabitation
défavorable aux étudiantes 4. DE l'IMPORTANCE DE L'AGE Avoir un an d'avance Des enfants de la fin de l'année Plus « jeune » et finalement plus
«vieux» 5. Du POIDS DES ORIGINES Entre multiredoublement et cycle court : un
choix socialement construit Lautosélection varie selon le milieu
social Outre le milieu, influence des groupes
fréquentés 6. Du RÔLE DES PARENTS Des dispositions parentales socialement
différenciées Absence d'attente parentale concernant les
atypiques relégués « Va le plus loin possible » pour les
atypiques non relégués Un encadrement « à la maison »
limité au primaire pour les atypiques
relégués Des cours particuliers au collège pour
les atypiques non relégués 7. DE L'INFLUENCE DU LIVRE Un rapport différent aux livres selon le
type de carrière scolaire Une forte représentation de
boulimiques 8. LES CHEMINS DE LA SECONDE
CHANCE Les détours par des structures marginales
plus ou moins innovantes Les classes passerelles Les passages incertains en cycle long Les contournements du bac 9. FACE À UNE RELÉGATION
INSTITUTIONNALISÉE Un réseau de plus en plus complexe mais
une circulation ordonnée et filtrante Pourquoi les passerelles ne se
développent-elles pas ? 10. COMMENT SORTIR DE LA
RELÉGATION ? L'explication par l'intérêt : un
intérêt limité L'explication par les ressources affectives :une
ressource trompeuse 11. LEXPÉRIENCE DE LA «
BONNE NOTE » Rupture informative et statutaire avec le passif
scolaire Un système d'évaluation
délivré de la « constante
macabre » La politique de notation de
l'établissement Retrouver l'estime de soi et la confiance en
soi 12. LEXPÉRIENCE D'UN CHOC
CULTUREL PORTEUR Un choc extrascolaire S'identifier à « ceux qui font des
études Avantages d'une décohabitation
culturelle 13. L'EXPÉRIENCE DU
DÉCLASSEMENT ET DU MÉPRIS Lépreuve du déclassement : la
conviction de ne pas être à sa
place L'expérience du mépris : une
revanche à prendre Une revanche nourrie par un sentiment
d'injustice Une revanche qui s'oppose à la
résignation 14. DES CONDITIONS POUR SORTIR DE LA
RELÉGATION Des complicités de l'intérieur Un contexte extérieur dissuadant 15. L'ASCENSION DES MULTIREDOUBLANTS :
DE LA SOUMISSION... La pression parentale : des parents
déterminés pour leur enfant La pression exercée par les parents
migrants Lautopression : des enfants
déterminés pour leurs parents 16 ...À L'ÉMANCIPATION Retour critique sur soi, sur la structure
scolaire et le milieu familial L'opportunité d'un nouveau
départ Une mobilité intégrée
à la stratégie de mobilisation
scolaire CONCLUSION Du côté de l'institution
éducative Du côté du sujet
élève « Vouloir sa revanche
» Un double appui : « sur » et «
contre » Se qualifier précocement ou redoubler
? Des stratégies douloureuses, mais
gagnantes Souffrance psychique en milieu populaire Poinits douloureux... en milieu bourgeois Force et fragilité de ceux qui
réussissent leur revanche, quelle que soit
leur origine Et, si, à l'école, « tous les
enfants devaient naître et demeure libres et
égaux » Prévenir et soigner Une aide personnalisée ? Toutes petites utopies ANNEXES BIBLIOGRAPHI_ _ TABLE DES SIGLES Un passage <<FORCE ET FRAGILITÉ DE CEUX QUI
RÉUSSISSENT LEUR REVANCHE, QUELLE QUE SOIT
LEUR ORIGINE Beaucoup d'élèves, quel que soit
leur milieu, nous ont parlé d'ennui à
l'école, de ces cours qui
s'égrènent sans joie. Au terme de ces
parcours scolaires atypiques, de ces ascensions
étonnantes, il n'y a pas pas d'enthousiasme
triomphant. Les sentiments sont mêlés,
fierté et amertume se côtoient. Avoir
pris sa revanche peut être grisant, «
jouissif » et en même temps, être
empreint de l'amertume d'un itinéraire qui
s'est construit « contre ». La mobilisation de l'élève contre
les humiliations, contre ce que l'on a fait de lui,
contre un destin, donne une orientation à
l'action qui a pu l'éloigner de ce vers quoi
il tendait, de ce à quoi il aspirait. Cette
traversée tourmentée qui voit des
derniers de classe devenir des premiers de classe,
ou tout au moins suivre avec succès de
longues études dans l'enseignement
supérieur, témoigne du potentiel
d'apprentissage des élèves
prétendument « limités » ou
déclarés « inaptes aux
études ». Au final, elle laisse nos interlocuteurs
à la fois » fragiles et forts ».
Leur fragilité tient aux humiliations
scolaires, aux épreuves subies, à ce
qu'on a fait d'eux. Leur force tient aux
reconnaissances scolaires, aux épreuves
surmontées, à ce qu'ils ont fait avec
ce qui leur est arrivé.>> p.257 Commentaire Un livre qui me touche personnellement; voir:
http://www.pedagopsy.eu/page90.htm
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