Dernière de couverture La violence en
milieu scolaire est devenue une
préoccupation mondiale. Enjeu
éducatif et politique majeur, elle est
malheureusement loin d'être abordée
comme il le faudrait pour affronter positivement ce
mal planétaire, où il y va de notre
avenir culturel et démocratique ; elle
alimente tout un discours de la «
décadence » qui sert d'alibi à
de menaçantes entreprises de
régression. L'auteur de ce
livre fait litière, avec un humour ravageur,
de ces récupérations et de leurs
atours pseudo-scientifiques. Expert reconnu, esprit
indépendant, il ne s'installe pas davantage
dans la posture symétrique, bien pensante
mais surréaliste, de négation du
problème : à aucun moment il n'oublie
l'oppression vécue par les
victimes. Son propos est de
fournir à chacun, enseignant, responsable
politique ou simple citoyen, une
présentation objective du
phénomène pris dans sa
complexité et sous toutes ses dimensions.
Une expérience de terrain de plus de vingt
ans, en Europe, en Amérique et en Afrique,
le savoir théorique constitué au fil
de ses recherches par lui et son équipe, une
synthèse approfondie de la
littérature scientifique mondiale sont les
gages de son sérieux. Ce tableau ouvre
sur les stratégies possibles pour faire face
de manière pragmatique, efficace et
motivée au problème. L'accent est mis
sur l'importance du dialogue Nord/Sud, qui seul
permettra ce renouvellement d'approche qu'exige sa
« mondialisation ». De lecture
captivante, aussi constamment rigoureux
qu'utilement illustré d'anecdotes
significatives et de tranches de vie, cet ouvrage
est un exemple parfait de science
engagée. ÉRIC
DEBARBIEUX, docteur en philosophie, est professeur
en sciences de l'éducation à
l'université de Bordeaux. Éducateur
ou instituteur auprès d'enfants et
d'adolescents en difficulté durant plus de
dix-huit ans, il s'est imposé par ses
travaux sur la violence à l'école. Il
dirige l'Observatoire International de la Violence
à l'École. Table des matières Remerciements -
Préface Introduction La «
découverte » de la violence à
l'école Un doute
nécessaire De la connaissance
à l'action Un projet
d'écriture Chapitre I. La violence
manipulée Une histoire
sensationnelle Une histoire
rentable Une science
suspecte Le risque de la
négation Conclusion :
plaidoyer pour une navigation
rationnelle Chapitre II. Quantifier la
violence : pour une critique des chiffres
administratifs Y a-t-il un
statisticien dans la salle ? La France, «
Signa » ou le compte impossible Enquêtes
scientifiques Conclusion : la
nécessaire indépendance de la mesure
de la violence à l'école Chapitre III. La violence
ordinaire : définition et
conséquences La
définition de la violence Les
microviolences Définir la
violence : un faux problème ? Conséquences
des microviolences : une enquête Les violences
sexuelles Conclusion Chapitre IV. Comprendre la
violence Quelques
simplismes L'approche par
facteurs de risque Les paradoxes de la
« mondialisation » Conclusion : sortir
du simplisme Chapitre V. Agir contre la
violence Les solutions de M.
Muscle Les « bonnes
pratiques » Une approche
écologique Conclusion : le
refus de l'impuissance Chapitre VI. Défi
mondial, échec français
? L'évolution
de la violence à l'école en
France l'école
élémentaire L'évolution
de la violence à l'école en France :
le collège Discussion :
l'école française dans le mur de la
violence ? Conclusion
générale Postface. Pour
une fédération des recherches sur la
violence à l'école : l'Observatoire
international de la violence à
l'école. Historique Buts Structures en milieu
scolaire Activités de
l'Observatoire international de la
violence Bibliographie Un passage <<« Le développement de
l'enfant est d'origine multifactorielle
[d'où] la conceptualisation de
modèles complexes qui admettent l'existence
de plusieurs trajectoires du développement
humain normal ou déviant. Le modèle
transactionnel est un modèle qui permet de
conceptualiser les stress comme des transactions
entre l'individu et son environnement. Ce
modèle rejette l'idée que la
compétence sociale et scolaire de l'enfant
est le résultat d'un seul processus
biologique ou encore d'un seul processus de
socialisation comme celui de l'influence de
l'éducation parentale. Le modèle
transactionnel conçoit plutôt le
développement humain sous l'angle de
l'apparition des facteurs qui peuvent soit
augmenter (facteurs de risque) soit réduire
(facteurs protecteurs) la probabilité de
développer un ou des troubles de
comportement. » Bref, cette approche est à la fois
probabiliste, non déterministe et complexe,
ayant dépassé depuis longtemps
l'idée qu'un seul stresseur peut engendrer
en soi une vulnérabilité fatale.
Autre-ment dit, la monoparentalité seule,
par exemple, n'explique rien, n'est pas une cause
de la violence, pas plus qu'aucun facteur pris
isolément. Tout est question de combinaison
de facteurs de risque dans l'augmentation de la
probabilité de risque et dans la
capacité de chaque individu à faire
face à un événement
précis, ce qu'on appelle communément
maintenant sa capacité de résilience.
Ainsi, Rutter (1985), un des grands
spécialistes de cette approche, intitulait
dès 1985 un de ses articles «
Résilience face à l'adversité
: les facteurs de protection contre les
désordres mentaux ». C'est juste-ment
en mesurant ce qui peut « prédire
» la vulnérabilité
(c'est-démontre la résilience. En
tout cas, selon ce même Rutter (loc. cit.),
la présence d'un seul facteur n'augmente pas
la probabilité de problèmes
ultérieurs. Pour lui la probabilité
des problèmes émotifs et
comportementaux augmente considérablement
avec l'association de plusieurs facteurs de risque.
Par exemple un enfant vivant dans un quartier
défavorisé n'est pas plus à
risque de vulnérabilité qu'un autre
enfant, sauf si se cumulent d'autres
problèmes, dans les relations parentales ou
dans les relations avec les pairs et
l'environnement social et scolaire. L'approche
transactionnelle des facteurs de risque n'est-elle
pas après tout, mutatis mutandis,
basée sur un même socle
épistémologique que celle de
l'interactionnisme symbolique : la construction
réciproque de la personnalité et des
statuts sociaux ?>> p. 154 Commentaire Un livre qui montre bien la complexité de
la question et qui donne des pistes
sérieuses de solution.
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