L'imaginaire,
c'est ce qui est lié, comme son
nom l'indique aux images, à ces
images personnelles et uniques qui se sont
inscrites en nous dans la relation duelle
que nous avons eue, en particulier, avec
notre mère. A ces images, sont
liées des émotions ;
l'émotion est quelque chose qui
touche au physiologique ; il y a
déjà là quelque chose
qui est à l'interface du psychisme
et du corps. Le
symbolique,
c'est tout ce que la culture a inscrit en
nous comme tiers ; c'est la langue que
nous n'avons pas choisie mais qui nous
relie aux autres, c'est le raisonnement
(la logique) qui nous est commun avec les
autres humains ; c'est le monde des
signes, des codes, des lois qui
structurent les groupes
humains. Lacan
rajoute enfin le
réel,
(différent de la
réalité) qui est tout ce qui
est irreprésentable, insoutenable,
qui ne peut être mis ni en images,
ni en symboles, ni exprimable par des
mots, c'est un reste. Le cognitif
est un terme qui est pris dans un sens plus ou
moins large ; il peut aller des processus de
computation, de pensée logique,
jusqu'à tous les processus intervenant dans
la connaissance. Nous le prendrons dans le sens
étroit de processus rationnel; le cognitif
appartient donc au symbolique. Les interactions
cognitivo-émotionnelles sont alors dans
l'interface entre l'imaginaire et le
symbolique, elles se situent dans ces mixtes
que sont: - les
représentations (les maths
bonnes, mauvaises), - les
symptômes (en début
d'année je commence toujours par
une migraine), - les
métaphores (j'en ai plein le
dos de corriger des
copies). Il y a dans ces
mixtes une forme et un fond : - la
forme c'est du domaine du cognitif qui se
traduit par des mots, par une localisation
dans le corps : la tête, le
dos... - le
fond c'est l'émotion qui est
rattachée à ce mixte, c'est
l'émotion qui s'est inscrite dans
ce fond. Le fond anime la
forme, la forme contient, structure, donne une
forme au fond. C'est en cela que
consiste l'interaction
cognitivo-émotionelle. Ces deux plans
(rationnel et imaginaire) interagissent
continuellement dans ces nuds que sont les
interactions cognitivo-émotionnelles. Le
plan du rationnel et le plan de l'imaginaire et des
émotions ne sont pas séparables,
ils sont comme les deux faces d'une même
pièce ; ( 1' 25 ) Vidéo 13 -
Toutes
les Vidéos Certains
pensent qu'il est possible de rester dans l'un : "
nous sommes enseignants et nous avons seulement
à transmettre des connaissances ". C'est
une illusion, c'est un fantasme. - les
phénomènes
de
motivation,
- les
phénomènes
de
groupe
en classe, - les
réactions
violentes
de
certains élèves.
Autrement dit ces
aspects sont inscrits dans le plus profond du
psychisme
des élèves, de
nous-mêmes. C'est peu dire,
même si cela peut amener au
découragement, que pour motiver,
gérer les conflits... quelques
recettes-astuces ne sont pas
suffisantes. Prendre
conscience de la "complexité "
de la réalité rend plus
modeste dans nos désirs et par
contrecoup moins culpabilisé en cas
d'échec. Si nous nous
croyons capables de faire réussir tous les
élèves de notre classe, il est bien
évident que la réalité sera
tout autre et cela sera ressenti comme étant
de notre faute. Si au contraire,
nous savons que la réussite des
élèves est fonction de nombreuses
variables (milieu, intelligence, histoire de
l'élèves, entourage etc.) dont
beaucoup nous échappent, alors nous serons
plus réalistes dans nos objectifs et nous
vivrons moins nos échecs comme des
fautes. De plus, la
prise en compte de la complexité du
réel suggère de mettre en uvre
des processus eux-mêmes plus complexes et
donc souvent plus efficaces. Accepter
la complexité de la
réalité, c'est être
attentif à ces nuds, à
ces interactions
cognitivo-émotionnelles que
sont: C'est,
d'une part, permettre qu'ils puissent
apparaître et, d'autre part, les
entendre (Voir: qu'est
ce que
l'écoute)
et en tenir compte. La
culture télévisuelle vu par
Valery Giscard
d'Estaing: <<Cette
nouvelle culture de l'information s'appuie
sur le couple
émotion-simplification,
débouchant sur
l'affirmation. Emotion
véhiculée par l'image,
choisie en raison de son potentiel
affectif; simplification du raisonnement,
en raison de la brièveté du
temps octroyé; et affirmation pour
conclure. On peut même
résumer davantage, en disant que ne
subsiste, dans la plupart des cas, que le
couple émotion-affirmation: on
passe d'une émotion forte à
une affirmation péremptoire qui se
grave dans la tête.>> Les
Français Réflexions sur le
destin d'un peuple. Ed. Plon,
p.300 On peut voir une
analyse plus fine de cette intrication
du cognitif et de
l'affectif
dans la thèse de Benoît
Mauret Voir :Le
vécu émotionnel des enseignants
confrontés à des perturbations
scolaires: Réaction: << je tiens
seulement à vs remercier pour tt ces sujets
educatifs ;je suis marocains ;beaucoup
interessé par le sujet de la gestion de la
classe ;et du groupe en genéral;je suis
enseignant et j'ai bq appris de vs a travers ces
sujets.merci et veillez accepter mes respects les
plus sinceres>> 6/07 <<site
remarquable et bien construit, que je n'ai
malheureusement pas le temps de parcourir en
entier. Mon questionnement se situe autour de la
place de la création, la
créativité par rapport à la
triade imaginaire,symbolique,réel. La
création se situe-t'elle comme une irruption
du réel tel que peut l'être un
traumatisme, parfois "irreprésentable" et
non symbolisable par tout un chacun ? >>
11/06 <<Bonjour,
Etant en formation capsais, afin de devenir
rééducateur spécialisé
en école primaire, je cherchais depuis le
début de ce mois des explications concernant
le réel, l'imaginaire et symbolique !
Après plusieurs recherches, je
découvre avec enchantement votre site,
clair, enrichissant voire passionnant ! Merci pour
vos étincelles>>
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