Vers les
années 70, 80, les congrès
internationaux sur l'enseignement des
mathématiques ne parlaient que de
"curriculum
"
c'est-à-dire, en quelque sorte, de
programme; fallait-il placer telle
question de mathématiques avant ou
après telle autre ? Fallait-il
enseigner telle partie des
mathématiques ou non , ce que l'on
appellerait maintenant le passage du
savoir savant au savoir enseigné.
Dans tout cela l'élève
n'existait pas.
-Puis vint
une didactique qui s'occupait des
"obstacles
épistémologiques
".
C'est-à-dire qu'on a pris
conscience qu'historiquement certaines
parties des maths avaient posé plus
de problèmes que d'autres aux
chercheurs : on restait toujours dans la
discipline mathématique,
l'élève était
toujours absent mais on introduisait
l'histoire, le temps, autrement dit
l'humain.
-Ensuite
l'élève est apparu dans la
didactique mais uniquement par ses
résultats aux exercices. Ce fut
l'époque de la
didactique
statistique
où on cherchait, pour un même
exercice, la fréquence d'apparition
de différents résultats,
faux ou vrais.
Video
5'30
-On
considérait l'élève comme une
boite noire avec un input, qui était
l'exercice proposé et un output qui
était le résultat qu'il
donnait.
-On a ensuite
essayé de poser des hypothèses sur le
fonctionnement de la boite noire en étudiant
non seulement les résultats mais en
cherchant à comprendre "les
différentesstratégies
" qui aboutissaient à ces résultats.
Pour ce faire on relevait, au besoin, les
brouillons des élèves pour voir
comment ils avaient procédé ; et ces
brouillons permettaient d'étudier les
diverses stratégies utilisées face
à un même exercice.
L'élève était toujours une
boite noire muette.
-Par la suite les
chercheurs en didactique prirent conscience que les
élèves pouvaient parler ! On
recommença donc à étudier les
stratégies mais cette fois en
"demandant aux
élèves comment ils s'y étaient
pris" pour
résoudre
l'exercice.
On a eu alors des relevés d'explications
"après coup " ; explications bien sûr
très "rationnelles " pour justifier leur
façon de faire, mais explications qui
permettaient de prendre conscience de l'importance
de la parole de l'élève.
-Un grand pas fut
fait par une didacticienne en physique
(Laurence
Viennot)
qui montra, en étudiant ce que disaient les
élèves, que ceux-ci avaient
effectivement une logique à eux, qu'ils
construisaient des "théorèmes
spontanés
" qui, bien que non exacts, leur servaient à
résoudre les questions
posées.
Qu'autrement dit,
les élèves avaient des
"représentations " (certains disent
encore des conceptions) des différents
points abordés, que la logique
mathématique n'était pas la seule
à intervenir dans un raisonnement
d'élève mais qu'il existait une autre
logique. (celle des association
d'idées)
-Il ne
restait plus qu'à se demander d'où
venaient ces représentations et à
prendre en compte "l'imaginaire
de l'élève"
comme
source de ces représentations pour avoir
toute la complexité de la personne de
l'élève ; c'est ce que font, à
la suite de mes
travaux,
des chercheurs comme Claudine Blanchard-Laville qui
introduit la notion de "transfert
didactique";
Benoît
Mauret ;
Jean Claude Lafon ; Nathalie Kaltenmark-Charraud ;
Isabelle René; Françoise
Hatchuel etc...
D'autres chercheurs
montrent également que l'élève
n'est pas seul mais que le groupe classe (dans
le contrat
didactique)
a son importance dans les phénomènes
d'apprentissage, autrement dit que le psychisme
individuel est pris dans des
phénomènes de groupe.
Cette
histoire de la didactique des mathématiques
est un exemple
du
travail de
complexificationque nous avons tous à faire
;