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Passer de
la transmission d'un savoir
à
l'écoute bienveillante de l'enfant
n'est pas chose
évidente.
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La Formation
Psychologique de Reims. m'a ouvert de
nombreuses pistes en me permettant de mieux
définir mon rôle dans une relation
d'aide.
Suite aux
premiers modules, je ressens plus
particulièrement des ajustements par rapport
à ma pratique au niveau de:
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-1) La
"non-trituration" dans le symptôme,
dans les difficultés de
l'enfant
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Sorti de la
formation de rééducateur, je savais
théoriquement que je ne devais pas
m'attaquer au symptôme de
l'enfant.
Pour justifier
cette idée, il suffisait de s'en
référer aux comptes-rendus
d'expériences montrant que le travail sur le
symptôme entraînait le renforcement ou
le déplacement de celui-ci.
La
formation psychologique m'a permis de concevoir le
symptôme comme une parole, un
langage que la personne en difficulté, s'est
construit pour continuer de vivre en
préservant son désir inconscient, et
le désir des autres. Dès lors que je
travaille dans l'écoute de l'autre, je ne
peux pas refuser le discours de cette
personne.
En
rééducation la première
condition pour que le travail d'aide puisse se
mettre en place, c'est d'accepter l'autre tel qu'il
est, avec son langage personnel.
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-2) La
non-interprétation des
phénomènes
inconscients
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Avant la
formation psychologique, même si
je ne le verbalisais pas à l'enfant,
j'étais tenté d'interpréter
les productions enfantines. Face à un enfant
on ne sait pas ce qu'il faut voir, ce qu'il faut
dire, on se pose plein de questions. On se rassure
comme on peut.
L'
interprétation est une prise de pouvoir que
je m'interdis maintenant . Même si
je n'y arrive pas toujours, je sais qu'il y a autre
chose à faire face à l'expression
spontanée.
Par exemple,
traduire par des paroles ce qui
été fait au niveau de la description
de la réalité.
Ce travail qui
consiste à renvoyer, tel un miroir, la
description des faits peut, il me semble, faciliter
la prise de conscience du vécu par l'enfant
et entraîner une mémorisation qui
devrait l'aider à se
structurer.
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-3) La
non-recherche des causes de
difficulté
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Quand je suis
revenu de ma formation de
rééducateur, il me paraissait
important de rechercher dans l'histoire de l'enfant
des causes à son échec. Cela
permettait de remplir des pages et de satisfaire
les "gourmands de dossiers".
C'est
au cours du travail
psychologique, que j'ai perçu non
seulement l'inutilité de ces recherches. La
recherche effrénée des causes me
paraît être un obstacle à
l'écoute de l'autre.
C'est prendre un
pouvoir qui nous rassure, c'est fonder notre aide
sur des rationalisations que l'on veut
objectives.
Je suis
maintenant convaincu que la recherche de l'origine
des troubles entraîne des réactions de
défense.
Trop liée
à des souvenirs douloureux, pénibles,
souvent accompagnée de honte et de
culpabilité, cette recherche ne peut pas
induire le changement.
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-4) La
création d'un
cadre
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Ce que j'ai
aussitôt perçu en
commençant la formation psychologique c'est
l'existence d'un "dedans" et d'un
"dehors'
Je n'avais pas,
auparavant, ressenti que les productions
n'ont de sens que dans un cadre
donné. Ces productions ne
signifient plus rien en dehors du contexte dans
lequel elles ont été
réalisées...
Ma
première préoccupation est maintenant
de créer un cadre, un espace garant d'ordre
et de sécurité.
C'est dans cet
espace et uniquement dans cet espace, que j'exerce
mes fonctions de
rééducateur.
Créer un
cadre c'est aussi instituer un
"début "et une "fin". Dans ma
pratique rééducative, j'ai
trouvé utile de structurer le passage du
"dehors" au "dedans", et le passage du "dedans " au
"dehors". C'est le sens du rituel du début
et du rituel de fin de séance. C'est un des
sens que je donne à la prise de rendez-vous
écrite à la fin de
séance.
Certes j'ai
toujours affirmé que ma
référence était l'expression
spontanée de l'enfant. Mais ce n'est pas
facile, définir l'expression
spontanée. On "vous attend au tournant" .
Vous êtes celui qui permet tout, qui refuse
d'intervenir.
La formation
psychologique m'a permis de mieux me
situer par rapport à cette
spontanéité qui reste le point de
départ de ma démarche. Cette
formation m'a permis de préciser mon
rôle, face à l'expression
spontanée de l'enfant.
Je ne suis pas
observateur, je ne suis pas un partenaire de jeu,
je ne suis pas un enseignant, je ne suis pas.....
la définition de ma fonction, par ces
négations est celle qu'on m'a donnée
lors de ma formation
théorique.
Mais se
définir par des négations, est certes
nécessaire mais pas suffisant.
Je sais ce
que je ne suis pas, mais je ne sais pas ce que je
suis.... et c'est bien
insécurisant.
Je commence
à mieux percevoir...
la
fonction de partenaire symbolique qui est le mien
dans cette relation d'aide.
Il ne
suffit pas que l'enfant en difficulté
s'exprime dans un espace sécurisant, sous
l'oeil approbateur d'un adulte pour qu'un
changement apparaisse. L'expression libre qui ne
trouverait pas de réponse
rééducative, pourrait conduire
à la répétition et enfermerait
l'enfant dans son attitude en renforçant
toute résistance au
changement.
Le jeu
spontané de l'enfant dans la salle de
rééducation a une visée
précise.
Le jeu que
l'enfant connaît dans la cour de
récréation et le jeu dans une salle
particulière telle que la salle de
rééducation n'est pas de même
nature. Ils ne répondent pas à la
même démarche. Dans une
démarche il y a un objectif uniquement
ludique, voire éducatif, dans l'autre
démarche, il y a une visée
rééducative.
Me laisserai-je
aller jusqu'à parler de...
"jeu de
récréation" et de "jeu de
re-création" ?
Dans ma
salle, l'enfant ne joue pas, mais il se joue face
à un adulte qui lui répond sur un
mode symbolique.
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-6)Travailler
dans le moment
présent
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C'est pour moi
une idée tout à fait nouvelle
à laquelle j'ai souscrit
après avoir commencé la
formation psychologique.
Elle est
inhérente à l'existence du cadre
rééducatif. Elle fait suite à
la non-recherche des causes, au refus d'interroger
le passé pour comprendre le
présent.
Depuis, je fonde
mon action dans l' ...
"ici et
maintenant".
Certes des
scènes du passé remontent à la
surface, mais elles sont revécues dans le
présent, et ce qui m'importe c'est la
façon dont celles-ci sont
revécues.
C'est
le travail sur les
émotions présentes qui a
été la plus grande nouveauté
dans ma pratique
rééducative.
Jamais,
auparavant, je ne me serais permis de faciliter,
chez l'enfant, l'émergence de ses
émotions.
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