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Certaines personnes
qui maîtrisent parfaitement ce code ont un
langage qui, en définitive, ne dit presque
rien. À l'inverse,
d'autres ont un langage tellement hors code,
tellement personnel qu'on ne les comprend
plus. La parole
infiltre le corps et celui-ci la relaie,
la supplée dans son
message. suppose
l'écoute de cette partie subjective, sa
voix, ses mots comme " substance sonore "
avant même de prêter attention au
message proprement dit. - Est-ce
une manifestation de puissance pour
m'impressionner ? Est-ce
pour lui un " mur sonore " que je
ne peux ni contourner, ni traverser et qui
a pour fonction de m'empêcher de lui
adresser la parole? -
Est-ce un prolongement de
lui-même qu'il me tend
narcissiquement pour que je l'admire ou
pour me fasciner comme le font certains
serpents vis-à-vis de leur proie
? -
Celle-ci m'est-elle offerte
parcimonieusement de façon
à me la faire désirer
? -
S'agit-il d'un discours fleuve dans
lequel je risque de me noyer ? D'un
torrent qui peut tout emporter
? -S'agit-il
de m'intimider? de m'envoyer un message
de tendresse? -
Le ton est-il charmeur ? dur ?
implorant ? Il y a aussi les
mots utilisés, l'évitement phobique
de certains ou au contraire l'utilisation
incantatoire de certains autres, les lapsus...
La
façon dont l'autre
se sert de sa parole est aussi
important que ce qu'il dit Je ne peux
entendre son désir qu'en restant
attentif à ce que cette "masse
sonore " provoque en moi. Exemple: Une
phrase très banale : " J'ai trois enfants "
peut être prononcée avec beaucoup
d'émotion ; alors qu'une phrase de contenu
apparemment plus angoissant : " Je me fais chahuter
", peut être énoncée
très calmement. Si quelqu'un dit,
par exemple: " Ça ne va pas, j'ai le
cafard ", l'envie de lui répondre " Tu
verras, demain ça ira mieux,il y aura du
soleil et tu reverras la vie en rose ", ne servira
que notre désir de lui dire : " Je ne veux
pas entendre tes ennuis, ton émotion me
gêne. Cette
émotion est le signe que la parole
exprime cette subjectivité, elle
est un élément important de
ce qu'il me dit et de ce qu'il
désire que j'entende. Ainsi, dans la
parole elle-même, prise comme symptôme,
on peut dire que
se trouvent des nuds d'interactions
cognitivo-émotionnelles
une
interaction entre un code de l'ordre du
cognitif et
quelque chose qui vient de la personne qui
est de l'ordre de l'expression
émotionnelle. (voir
Psychisme) « Les
mots de nos discours quotidiens ne sont
rien d'autre que magie devenue pâle
» (Freud). Peut-être vaut-il
mieux qu'elle soit pâle : il arrive
que le pouvoir magique des mots soit
dévastateur. Jubilation d'Hitler
quand il découvre en 1919 dans
quelque brasserie munichoise comment la
parole peut fasciner un auditoire : «
Ce dont j'avais toujours eu la prescience
se trouvait confirmé : je savais
parler. » Plus tard ses
éructations contribueront à
faire d'un peuple une masse n'ayant qu'une
seule voix, celle du Führer. Voir le
film de Leni Riefenstahl Le Triomphe de la
volonté et ce qu'en dit Primo Levi
: « Si vous avez vu au cinéma
les dialogues d'Hitler avec la foule, vous
avez assisté à un spectacle
effrayant. Il se formait une induction
mutuelle. Hitler répondait à
la réaction que lui-même
provoquait. » p.21 "En marge
des Jours" J.B. Pontalis. NRF Ed. Galimard
(2002) <<salam
alikoum wa rahmate allah; un site très
intéressant,très important,je suis
étudiante en psychologie clinique et je le
trouve très efficace.>>
Amina <<Très
fréquente cette manière de
répondre des "banalités", même
affectueuses pour tenter de ne pas simpliquer
dans une relation chargée
daffectivité.>> <<Site
très interessant>> |
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