PLAN
DU SITE
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Les audits et le budget
de l'E.N.
Les réformes qui se
préparent?
Billet d'humeur
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On voit se profiler à
l'horizon une série de
réformes sur les horaires, le temps
de travail, les IUFM... au nom d'une
rationalisation et d'une efficacité
plus grandes et avec en
arrière-plan des économies
à faire! Devant cela nous
risquons d'être, soit
désabusés et passifs, soit
en opposition inconditionnelle
habituelle.
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Je ne suis pas "expert comptable", je ne me
lancerai donc pas dans des polémiques de
chiffres. Je sais trop, du reste, que la
façon de regrouper des secteurs puis
d'interpréter des baisses ou des
augmentations est toujours sujet à caution.
Du reste, ces polémiques me paraissent
souvent une façon d'éviter la
réflexion sur les choix
nécessaires.
Cependant il est bon, me semble-t-il, d'avoir
quelques repères pour être un
participant actif et critique. En voici trois:
1) Le budjet global de l'E.N. et de la
recherche ne peut qu'augmenter ( il est
inférieur à celui des grands
pays). C'est une nécessité
éthique (le développement de la
demande d'éducation), économique
(pour rester compétitif) etc..Mais
évidement cette augmentation aura des
limites imposées par les diverses
contraintes budgétaires et ne pourra se
faire que progressivement!
2) La répartition de ce budjet
entre le primaire, le secondaire et le
supérieur ne peut que se modifier: En effet
on sait:
- d'une part, que le budjet par
étudiant en France est bien
inférieur à celui des grands pays
(principalement en Université) et que cela
n'est pas supportable à long terme;
- d'autre part, que le budjet du primaire
devra, lui aussi, augmenter dans la mesure
où on prend conscience (avec beaucoup de
retard sur Freud !!!) que c'est là que se
joue, bien souvent, le futur parcours des
élèves. Il est coûteux et
souvent d'une efficacité limitée de
chercher à mettre en place des aides au
collège quand l'échec provient de
facteurs plus précoces et à un
âge où l'enfant aurait
été plus réceptif. Un effort
considérable est donc à faire en
maternelle et dans les premières
années de primaire pour qu'il y ait la
possibilité d'un véritable travail de
compensation des handicaps (culturel, social,
familial....) des élèves.
3) L'augmentation du budget de l'E.N.
étant limitée, il en résulte
qu'un effort d'économie devra être
fait dans l'enseignement secondaire
Ces économies peuvent se faire par
la suppression des diverses décharges de
services, sur les nombres d'heures de classe dans
les disciplines, sur le nombre
d'élèves par classe, sur le nombre de
disciplines enseignées dans une école
ou pour un élève, sur le temps de
travail des enseignants (annualisation,
diversification...), en transformant les
enseignants en employés chargés
d'utiliser des méthodes standardisées
(bonnes pratiques) et donc en diminuant les
salaires (cadre B et non plus A
nécessaire)...etc....
Là, la discussion est ouverte et
les avis seront certainement très
variés en fonction des intérêts
de chacun. La tentation, bien
compréhensible, est, alors, d'être
"contre tout", pour être "avec tout le
monde", mais c'est faire abstraction des choix
nécessaires et inéluctables et, en
quelque sorte, se mettre "hors jeux" de ces choix
qui seront faits par d'autres. Or il doit exister,
compatibles en partie avec les
intérêts de chacun, des solutions
préférables pour les
élèves. C'est là que doit
s'ouvrir la discussion non polémique et
utile.
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Personnellement (mais je peux
comprendre qu'on ne soit pas d'accord!) je
pense que cette nécessité
d'économie dans le secondaire va ,
à plus ou moins longue
échéance, poser le
problème des objectifs de
l'enseignement secondaire, des contenus
enseignés et des méthodes
d'enseignement et que cela est une bonne
chose.
Par exemple :
-la diminution des heures
d'enseignement dans une discipline
donnée, reposerait obligatoirement
les questions: quoi enseigner? et comment
le faire?
-l'annualisation des horaires
d'enseignement amènerait les
enseignants à s'entendre d'avantage
entre eux (voir: Les
remplacements.
-la diversification des matières
enseignées par un même
professeur amènerait à
repenser l'interaction
des matières entre elles.
Cela amènera, encore,
à se poser davantage la question du
mode d'enseignement (cours ex-cathedra ou
non....) il sera nécessaire
d'introduire d'autres méthodes:
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objectifs à atteindre pour un groupe
d'élèves en dehors des heures de
classe avec construction de portfolios, utilisation
des TIC qui deviendront de plus en plus
indispensables,
des E.I.A.H. qui permettront une
individualisation du travail...
-si des heures de "soutien", "d'étude"...
sont proposées grâce à la
pésence d'aides éducateurs, la
nécessité de programmer avec eux
l'avancement des objectifs, la recherche de
méthodologies à utiliser...seront
pour l'enseignant l'occasion de se voir confier un
véritable travail
d'encadrement qui justifiera le cadre
A: cadre supérieur et non cadre B:
employé exécuteur de taches
standardisées)
Tout cela pourrait favoriser un réel
changement du métier
d'enseignant....
Les enseignants y sont-ils
préparés ? Je ne le pense pas pour la
majorité d'entre eux, d'où le risque
d'une opposition brutale et purement corporatiste,
alors qu'il y aurait nécessité d'une
véritable négociation (gagnant,
gagnant) avec le gouvernement quel qu'il soit.
Ce changement imposerait l'organisation d'un
véritable accompagnement des enseignants
(groupes d'analyse de pratique, formation clinique,
heures de concertation, coaching pour certains...)
pour un changement moins douloureux, plus
progressif, plus collectif.
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Si un gouvernement essaie d'imposer
cela au forceps,
il y a un risque important de blocage,
de résistance légitime des
enseignants à ces changements non
négociés et non
accompagnés ou alors de
déstabilisation aboutissant
à des effets pervers opposés
aux objectifs désirés (comme
souvent dans ces cas).
La seule solution efficace est
donc dans une négociation
où chacun sera prêt
à faire des concessions pour
trouver des solutions acceptables.
La soit-disant réforme
de la lecture est un exemple de ce
qu'il ne faut pas faire!
Aurons-nous bientôt un ministre
de l'E.N. capable de s'intéresser
à l'essentiel, de dialoguer et de
négocier? Cela existe
peut-être....
Voir:
Lignes de
clivage par Philippe
Meirieu cahiers-pedagogiques
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Réaction
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<<La
réforme commence par une prise en charge
honnête et sans mensong à
soi-même des responsabilités : Nous,
enseignants primaires, et vous, professeurs du
secondaire ou du supérieur, ne faisons
toujours pas le même métier; Que l'on
fasse ou non son travail, on est payé le
même salaire... J'attends qu'on en
discute.>> 1/08 Marianne (PE et en passant
conseillère péda)
<<Malgré
que je ne suis pas concerné par les
changements apportés, a mon avis toute
réforme doit s'inscrire dans un projet
global, quelles sont aujourd'hui les
dysfonctionnements du système
éducatif par rapport aux produits
escomtés.les petites réformes risque
d'occulter l'essentiel.>> 9/07
<<L'humeur
n'est pas forcément bonne conseillère
: vos propositions de changements pourraient
paraître tout à fait novatrices et
certainement intéressantes si la
réalité du terrain était toute
autre. Sans doute, ne connaissez-vous du secondaire
que ce que l'on autorise à en dire aux
médias et "sociologues" à la mode.
Vous parlez de diminuer les heures d'enseignement,
quand la technologie, la physique, les SVT se
limitent déjà à 1h30 par
semaine..., quand un élève de
6ème reçoit 5h de français
alors que ses grands-parents en recevaient 9, dans
des classses dédoublées. Mais "ce bon
vieux temps"-là est sorti de la
mémoire ministérielle, pas comme le
"zéro de conduit" ou le "b et a, ba".
L'annualisation des horaires est un faux
problème : les enseignants s'entendent
très bien, et sans être chercheurs,
ont depuis longtemps compris que
l'intérêt de l'élève est
le suivi pédagogique et non le cours
bouche-trou que prodigue le collègue par
contrainte ou par intérêt financier.
L'interaction des matières entre elles est
bien évidemment pensée et
évaluée par les inspecteurs de
l'éducation nationale. Leur travail est
essentiel à l'école de la
République, car il assure le même
enseignement à chaque élève
dans n'importe quelle partie du territoire
français. Enfin, la construction de
portfolio est digne d'un enseignement a minima,du
fameux "socle commun" d'où sont exclues
l'analyse et la réflexion au sein du groupe,
au profit de l'entassement de connaissances par
l'individu. Quant au TIC-E, est-il utile de
rappeler l'absence de volonté de financement
des outils par les Conseils Généraux
(soit par indigence, soit parce que cela ne
répond pas à leur politique
éducative)et par le MEN lui-même, qui
refuse de mettre à disposition des
établissements le personnel technique
capable de maintenir correctement un parc
d'ordinateurs payés par un financement
départemental. Repenser l'enseignement, oui,
bien sûr, mais certainement pas en
redistribuant les moyens existants
déjà insuffisants, en
déshabillant Pierre pour habiller
Jacques.>> Isabelle (Professeur de
collège) 11/06
<<Je suis
favorable à l'évolution de
l'enseignement secondaire dans le sens où tu
le préconises et implique un réel
changement du métier d'enseignant. Dans le
secondaire mais aussi dans le supérieur
où l'acte d'enseignement nécessite
une pédagogie adaptée. Elle l'est
ponctuellement mais trop rarement. Je crains le
pire avec l'insertion des IUFM dans les
universités à moins que les
départements Sciences de l'éducation
soient parties prenantes.>> Jean Michel
11/
<<Les
enseignants français sont malheureusement
souvent des "cadres B Savoir être
"désabusé(e) " et ACTIF(s) Mieux
Réfléchir pour Comprendre. Le
parcours de Toute personne se joue sur les
Rencontres heureuses ou malheureuses. Ses
intérêts particuliers FAUX savoir se
les mettre en veilleuse. Des choix
"éclairés" Avant de lire ton papier
je mettais dans mon b. "personnel": Objectif,
Contenu, Méthode. Je crois que tout est
dit>> Bernadette 11/06
<<La question
de la charge de service des enseignants est
très sensible. C'est un peu comme la
température extérieure : il y a celle
indiquée par le thermomètre et celle
« ressentie », laquelle est au moins
aussi importante que la première et
dépend du contexte (vent, humidité
etc.). Aborder la question en termes comptables
n'est pas une bonne approche, et sur ce point nous
sommes d'accord. Cela dit, même
présentée avec humour,
l'évocation d'un glissement progressif du
statut de professeur certifié ou
agrégé vers celui d'un
exécutant adoptant un mode de fonctionnement
« routinisé » dans la stricte
observance de protocoles écrits et
pensés par d'autres, a de quoi faire dresser
les cheveux sur des têtes pas
nécessairement obnubilées par la
défense d'intérêts
corporatistes ! Alors qu'un nombre croissant
d'organisations font appel, de manière plus
ou moins intensive et régulière, au
mode d'organisation par projets pour maintenir ou
améliorer leurs positions
compétitives, et que le langage techno
éducatif l'a intégré depuis
longtemps (projet d'établissement, projet
éducatif, projet académique,
pédagogie du projet, etc.) cette petite
provocation ne manque pas de sel. D'ailleurs, comme
l'écrivait J. Ardoino dans le n° 87
d'Education permanente, « Finalement, il n'y a
jamais de pédagogie sans projet ».. Si
le projet devait rester l'affaire de quelques
ingénieurs pédagogiques (je ne dis
pas pédagogistes.) tandis que l'enseignant
-personnel d'exécution- se contenterait
d'appliquer les protocoles standardisés, on
accentuerait le caractère mécaniste
de l'organisation éducative au prix d'une
apparente rationalité dont les limites sont
évidentes : la classe transformée en
atelier d'usinage soumis à de multiples
contrôles de conformité tandis que la
gestion globale du système devient affaire
de coordination comme l'a fort bien
démontré H. Mintzberg dès 1989
dans son « Voyage au centre des organisations
». Force est de reconnaître
qu'au-delà d'une inflexion du discours vers
un appel à la responsabilité des
enseignants (not. la circulaire de mai1997 sur la
mission du professeur), le système «
Education nationale » est encore largement
géré comme une bureaucratie
mécaniste (hiérarchie
d'autorité, contrôle du sommet vers le
bas, planification détaillée,
formalisation des procédures, etc.). Inutile
d'épiloguer plus longtemps sur cette vision
d'une organisation, instrument d'une «
société en sablier » fort peu
adaptée au monde contemporain. Quant aux
intérêts corporatistes, dont on ne
niera pas la réalité, ils sont aussi
à mettre en perspective avec
honnêteté et lucidité. Ne
serait-il pas temps qu'on reconnaisse la
diversité des métiers d'enseignant
plutôt que de s'arque bouter aux anciennes
castes « corps des agrégés,
certifiés, PEGC, etc » auxquelles sont
attachés des « privilèges »
aussi peu légitimes que porteurs
d'efficience. Pour ne prendre qu'un exemple,
comment justifier qu'un PA doive 3 heures de moins
qu'un PC et soit mieux payé tout en
accomplissant la même tâche ? Il est
clair qu'un dépoussiérage des statuts
serait légitime, dans le respect des droits
acquis certes, mais avec un souci de
cohérence et de meilleure gestion de la
ressource humaine. De la même façon,
il est vrai que le temps de préparation des
cours ou autres séances pédagogiques
n'est pas le même en collège, en
lycée, ou en post-bac. Je le constate pour
ma part puisque j'enseigne sur une échelle
de bac -1 à bac +3. Cela étant, les
heures de concertation avec l'équipe et la
gestion des liens avec les parents peut prendre un
temps très important en collège, ce
qui peut s'analyser comme une forme de compensation
du temps moindre des préparations,
corrections, gestion de stages et de projets plus
denses à un niveau supérieur. Dernier
point : lorsque j'ai débuté dans
l'enseignement, en 1976, les personnels
administratifs devaient un service de 41 h (contre
45 heures en 1950) tandis que (depuis 1950) les PC
devaient 18 h, les PA 15 h, les PEGC 21 h et les
instituteurs 27h (30 h en 1950). Depuis 2000, les
personnels administratifs ne doivent plus que 35 h,
mais si la situation s'est un peu
améliorée pour les PEGC (18 à
20h) et les instits/profs des écoles (26+1
concertation), elle est restée la même
pour les PA (15h) et les PC (18h) . du moins sur le
papier parce qu'en fait les contraintes de toutes
sortes se sont multipliées. Dans ces
conditions, commencer par poser l'équation
de l'efficience du système en termes
comptables comme le font les technocrates
ministériels (à mille lieues des
réalités du terrain) n'est sans doute
pas la meilleure façon d'aborder le vrai
problème de la nécessaire
évolution du (ou des) métier(s)
d'enseignant>> Gilles
(économie-gestion) 11/06
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