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Dans ce
système structuré par de solides
habitudes, celui qui pose une question, attend une
réponse qui aille dans le sens de ses
attentes, de ce qu'il sait, de ce qu'il
veut. Quand un
enseignant pose une question, il attend que
l'élève donne la bonne
réponse, celle du livre ou du savoir qu'il
possède, lui, et vérifie chez
l'enfant. Certains
pédagogues savent l'importance d'accueillir
et de s'appuyer sur la réponse de l'enfant
aussi éloignée soit-elle de ses
propres connaissances pour la relier à un
savoir cohérent. Le
dépassement du système
question-réponse quand il est
remplacé par une invitation à
partager, échanger, témoigner
renforce la communication relationnelle qui est
à la base d'une participation plus ouverte
chez tous les membres d'une classe.
Nous voyons plus
facilement dans le comportement des enfants, ce qui
nous blesse, nous dérange ou nous irrite que
le positif de leur conduite. De même nous
pouvons être portés à mettre en
avant dans nos remarques les erreurs plutôt
que ce qui est exact. J'aurais
souhaité rencontrer un enseignant qui puisse
me confirmer, que dans une dictée de quatre
vingts mots j'en avais écrit soixante quinze
de justes. Le statut même de l'erreur peut
être transformé en "occasion de
compréhension et de réussite" ou au
contraire de "faute" . La pédagogie de la
réussite est plus efficace que la
pédagogie de l'échec. La confiance en
soi se construit sur la confirmation des ressources
et des réussites plus que sur la mise en
évidence des manques et des insuffisances,
ou sur la dévalorisation trop
fréquente de l'image de soi.
Arrêter de
parler sur l'autre pour accepter de parler à
l'autre supposera le risque d'apprendre à
parler de soi, de pouvoir dire son ressenti, sa
perception ou sa position. Plutôt que
d'accuser un enfant de n'avoir pas fait, il est
plus important de dire sa déception ou de
confirmer son attente, de renouveler sa
demande. Quand nous
parlons sur l'autre nous n'existons pas pour lui et
ce dernier enfermé dans notre discours, n'a
pas non plus le sentiment d'exister.
Il y a
incontestablement un retour parfois de la violence
dans certains établissements scolaires.
Sévices moraux par des disqualifications
verbales, des jugements de valeur et parfois
même sévices physiques par des coups,
des punitions corporelles. Il faut se
rappeler que les blessures de l'enfance les plus
profondes, celles qui vont s'inscrire dans la
dynamique intime et structurer par la suite la
relation au monde d'un enfant se créent
à partir de sentiments liés à
l'expérience vécue dans la rencontre
avec l'humiliation, l'injustice, l'impuissance et
la disqualification. Le milieu scolaire
est fertile en situations où l'injustice,
plus par aveuglement et laxisme que par
volonté délibérée, les
humiliations petites et plus grandes ou encore le
renvoi de l'enfant à ses insuffisances vont
dominer. C'est pourquoi
les lieux où l'expression, la
médiation possible de ces différentes
situations qui vont inévitablement surgir,
peuvent se clarifier et se dépasser sans
trop de souffrance sont utiles à
créer. Les conseillers
d'éducation, certains professeurs
délégués qui par leur
sensibilité plus ouverte sont plus
disponibles, interviennent la plupart du temps en
situation de crise ou d'incidents majeurs. C'est
pourquoi il est utile de développer le temps
et l'espace de régulation où peuvent
se rencontrer les trois niveaux
interdépendants de toute situation
relationnelle : -la dimension
fonctionnelle (transmissions et acquisitions de
savoirs et de savoir faire) -la dimension
interpersonnelle (apprendre à demander,
donner, recevoir et refuser) -la dimension
intrapersonnelle (savoir-créer,
savoir-être et savoir-devenir). Des formations
à la médiation sont à
encourager car elles constituent des outils
extrêmement fiables pour régulariser
et dépasser les tensions, malentendus et
violences qui circulent entre tous les
protagonistes du système
scolaire. Je n'ai fait
qu'effleurer quelques unes des violences possibles
de la cohabitation scolaire, aujourd'hui viennent
s'ajouter les pollutions et les intrusions du monde
extérieur : drogues, passages à
l'acte venant de l'extérieur, l'école
n'étant plus un sanctuaire
protégé. Avec les
dysfonctionnements familiaux, la perte des
repères et des valeurs, le vide relationnel
de certains quartiers, l'insécurité,
le désespoir tout cela contribue à
fragiliser l'entrée dans la vie de beaucoup
d'enfants. Peut-être
qu'un jour un enseignement de la communication
relationnelle comme une matière à
part entière ouvrira les portes à
moins de détresse pour les enfants comme
pour les enseignants ! C'est l'utopie que je
porte. Salomé(J.).Charte
de vie relationnelle à
l'école.Pour mieux communiquer
à l'école. Ed. Albin Michel
(1995) Salomé(J.).Minuscules
aperçus sur la difficulté
d'enseigner. Ed. ENFA Toulouse Voir
aussi:
Livres
sur la violence Voir
la vidéo de Jacques
Salomé: <<J epense
que ce site est très bien =) En ce moment,
en ECJS (je suis une élève de
l'enseignement général secondaire )
Nous trvaillons sur la violence à
l'école. je trouve que ce site est
très bien
expliqué.>>
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