Depuis
bientôt quatre ans, je reçois des
lettres d'enfants, (8 ans - 11 ans) et de
nombreuses lettres d'adolescents (12 à 17
ans) dans lesquelles reviennent
régulièrement ces quelques questions
: *
Comment apprendre à communiquer
avec nos parents ? *
Comment pouvons-nous les aider à
mieux communiquer avec nous
? *
Comment leur apprendre à mieux nous
comprendre ? Ces trois sortes de
questions révèlent un changement
incroyable dans la communication
enfants-adultes. Il y a chez les enfants une
prise de conscience que la communication peut
s'apprendre, qu'ils peuvent être partie
prenante dans cet apprentissage. indique bien
le souci de se responsabiliser "J'ai envie
d'apprendre, à mieux communiquer avec mes
parents"... Certains enfants,
sont manifestement animés du désir de
sortir ainsi d'une sorte de passivité, d'un
chemin tout tracé, d'un inéluctable
où tout semblerait joué à
l'avance. Nous assistons
ainsi à la naissance d'échanges
nouveaux où les enfants ne se laissent plus
définir ou enfermer dans le rôle de
: Les enfants ont
découvert que les adultes qui sont leurs
parents sont aussi démunis qu'eux et que le
seul fait de devenir parents ne donne pas, de
facto, un savoir nouveau. révèle
une mobilisation profonde pour tenter de sortir du
silence, des non-dits, des "communications en
conserve" à base de réponses
stéréotypées, pour
décloisonner le monde des adultes et
l'univers des enfants, pour faire cohabiter des
systèmes de valeurs parfois
antagonistes. Avec la même
question, les enfants expriment leur souhait de
"faire quelque chose". Certains se sentent investis
d'une mission, celle d'oser interpeller, inviter
leurs parents à découvrir que la
communication s'apprend et qu'ils peuvent entrer
dans cet apprentissage ensemble et non
séparément. "Ça
n'existait pas de leur temps, on ne leur a pas
appris à parler d'eux, ils n'avaient pas le
droit de parler pendant les repas, ou de dire ce
qu'ils ressentaient vraiment." "Avec les
parents qu'ils ont eus, ils ne pouvaient pas
apprendre à communiquer durant leur propre
enfance, nous pouvons les aider..." Les enfants
sentent bien qu'ils possèdent des
clés et des moyens dont leurs parents ne
disposent pas. Ils ont des ressources pour inviter
leurs parents à sortir d'une relation de
soins (les seules que les parents proposent
généralement) et leur permettre de
développer des relations d'échanges
(celles dont eux, ont besoin en tant
qu'enfants) Les
enfants sentent bien, qu'avec les adultes,
les seules relations possibles sont des
relations d'acceptation (le plus souvent
de soumission) ou d'altercation (en terme
d'opposition ou de fuite). Ils
souhaitent au profond d'eux-mêmes,
pouvoir établir des
relations de confrontation dans
lesquelles ils sentent que leur
différence peut être reconnue
et même
valorisée. Ils se sentent
détenteurs de beaucoup de savoir car ils ont
accès par la télévision, et
les ordinateurs à des connaissances
multiples, variées mais qui risquent de
rester dispersées, chaotiques, sans
priorité évidente ni
liens. touche
à des enjeux plus complexes à savoir
le besoin de compréhension, de
réciprocité et d'acceptation
mutuelles que réclament les
enfants. Le besoin de
compréhension passe chez les uns et les
autres par des mutations importantes. - Quand les
parents qui se sentaient obligés de produire
et de fournir des soins acceptent que leurs enfants
ont besoin d'échanges. Une
véritable révolution est
déjà amorcée par les
enseignants qui ne peuvent plus rester des
"fournisseurs ou des simples transmetteurs de
savoir" et qui devront dans un avenir proche,
être des médiateurs relationnels pour
permettre aux enfants de faire quelque chose avec
tout le savoir auquel ils ont accès, afin de
pouvoir devenir des agents de changement. Pour
aider ces futurs adultes, non seulement à
une prise de pouvoir sur le monde qui les entoure
mais aussi à se relier à ce monde,
à apprendre à vivre à
l'échelle planétaire, à
être un sujet dans le mouvement de
l'univers. - Quand
les enfants découvrent qu'être compris
ne signifie pas être d'accord et
répondre toujours positivement à
leurs demandes ou encore satisfaire toutes leurs
attentes. Cette recherche de
compréhension mutuelle obéit à
deux dynamiques. - Chez l'adulte
: * Vouloir
comprendre à tout prix ses enfants, vouloir
expliquer, et trouver une raison logique ou une
cause rationnelle à leurs comportements,
à leurs attitudes est devenue un souci
prioritaire chez beaucoup. La
"pathologie parentale" la plus
répandue réside dans
l'excès, dans ce besoin
forcené de vouloir
"comprendre" intellectuellement et
par là-même contrôler
le devenir d'un enfant. Il existe
aujourd'hui le risque non négligeable d'une
"psychologisation" excessive des relations
parents-enfants qui empêche de communiquer
véritablement , c'est-à-dire de
mettre en commun. Car: I "Il ne
vous appartient pas d'analyser, de
psychologiser et même de
thérapeutiser vos enfants, il vous
revient de vivre des relations vivantes
avec eux. Vivantes,
c'est-à-dire tout simplement
satisfaisantes pour vous et
éventuellement pour
eux." Vouloir
comprendre le pourquoi, la raison de la
conduite des enfants est un piège
redoutable puisque cette tendance conduit
à se centrer sur la
difficulté et non sur la
personne. Les
comportements des enfants recouvrent des
enjeux multiples qu'il s'agit d'entendre
comme des langages certes maladroits,
irritants ou simplement
incompréhensibles mais qui sont
toujours métaphoriques. Par ces
"langages symboliques", un enfant tente de
se dire ou de ne pas se dire. Les
difficultés commencent quand ces
langages sont vécus par les adultes
comme des agressions. le
refus ou l'opposition d'un enfant, d'un
adolescent est parfois entendu par un
adulte comme un refus, un rejet de sa
personne. C'est
alors la bonne image qu'il a de
lui-même qui est atteinte et
blessée. Et quand l'adulte
ramène trop à lui-même
les conduites et les comportements de
l'enfant, cette appropriation ne lui
permet pas de se différencier
suffisamment. La
collusion des ressentis et des
sentiments est un obstacle majeur et
fréquent à la croissance
mutuelle des enfants et des adultes. Toute
démarche d'apprentissage de la
communication reposera sur la
différenciation, sur la
prise de conscience de l'unicité de
chaque être et la reconnaissance de
vécus donc de ressentis
différents. - Chez l'enfant :
* Nous le savons,
pour l'enfant "comprends-moi maman ou papa"
veut souvent dire "sois d'accord
avec moi, accepte ma demande sans discuter,
satisfais-moi sans contre partie". Le besoin
d'approbation est tellement fort et
impérieux qu'il annule bien souvent ou
relègue au second plan le besoin
d'affirmation ou de différenciation qui est
pourtant nécessaire à toute
croissance. Ce
qu'il faut également savoir dans
les relations avec les adolescents c'est
que le rapport de force qui a
marqué une grande partie de leur
enfance (ils étaient dans la
position basse, celle qui reçoit ou
subit l'influence) se modifie. Le rapport
de force parfois même s'inverse. Ce
sont eux qui imposent leur influence
à leurs parents. C'est souvent une
découverte douloureuse pour les parents qui
pendant des années ont imposé leur
point de vue, ont formulé des demandes
à base d'exigences ou de
contraintes. Il leur est
difficile de changer de dynamique relationnelle et
d'oser, par exemple, des invitations, des
propositions ou de simples suggestions qui risquent
toutefois de continuer à être
entendues par les adolescents comme des tentatives
de contrôle. "Je ne
peux rien lui dire, il ne m'écoute
plus, il n'en fait qu'à sa
tête, il a toujours raison",
des
positions réactionnelles qui vont
confirmer le prétendu fossé
des générations mais surtout
augmenter les conflits, les malaises, la
souffrance des uns et des
autres. d'un
positionnement ferme à base de
témoignages de la part des
parents. "Oui,
j'ai un point de vue différent du
tien" "Je ne
souhaite pas collaborer à ce projet
que je ne sens pas bon pour
toi". "Je ne
veux pas entretenir une compétition
dans laquelle je ne me reconnais pas car
je n'ai pas le même système
de valeurs que
toi". Ainsi
parents et enfants découvrent ou pressentent
qu'ils sont embarqués sur la même
galère, celle de
l'incommunication. Ils ne
possèdent ni les uns, ni les autres la
recette magique pour arranger les choses, pour
pouvoir vivre ensemble et s'aimer sans
souffrir. Enfants et adultes
constatent souvent à leurs dépends,
que les sentiments ne suffisent pas, qu'il ne
suffit pas de s'aimer pour se comprendre et
même pour vivre encore ensemble. Les enfants sont
souvent les premiers à démystifier
l'escroquerie affective qui consiste à
s'entendre répondre : "Mais tu sais, je
t'aime". quand ils nous répondent '
mais je sais que tu m'aimes, mais ce n'est pas
de cela que je te parle, je te parle de ce qui ne
va pas bien entre nous
. " Il arrive
même aux sentiments de s'user et l'amour
blessé se transforme parfois en rancoeur, en
ressentiment et en auto-privation. Au-delà
des manifestations de tendresse et
d'affection, ce que souhaitent avant tout
les enfants, c'est un positionnement
relationnel ouvert et ferme où les
possibles et les limites de la
communication soient
réactualisés,
redéfinis, ajustés, non pas
seulement dans les situations de crise et
de conflit, non pas toujours sur le mode
réactionnel mais sur un mode
relationnel. Un mode qui permette de
relier, de maintenir les protagonistes de
l'échange ensemble dans la
proximité et non un mode qui
amplifie les oppositions, qui
sépare ou qui éloigne.
Certains parents mettent longtemps
à découvrir ou à
accepter que l'amour parental
réellement donné a pour
finalité ultime de permettre
justement à nos enfants de
s'éloigner, de nous quitter...en
gardant une relation qui ne soit ni
aliénante, ni
douloureuse. -Salomé(J.)Papa,
Maman, écoutez moi vraiment.(A
l'écoute des langages multiples de
l'enfant.) Ed. Albin
Michel.(1989) -Salomé(J.)Charte
de vie relationnelle à
l'école.(Pour mieux communiquer
à l'école.) Ed. Albin
Michel.(1995) La
relation adulte-jeune pour les
documentalistes <<Enfin des
réponses à des questions, Bravo et
merci je tiendrais conte de votre remarque>>
5/07 <<Bravo pour
votre site, enfin des réponses à mes
questions ! D'autres interrogations viendront
surement ! Des remises en question ! mais allons-y
petit à petit !>> 9/06
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