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PLAN
DU SITE
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Pour un
apprentissage des compétences relationnelles
à l'école
Jacques
Salomé
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Le
mouvement pour enseigner des
communications plus vivantes à
l'école, mouvement amorcé il
y a quelques années, semble
aujourd'hui bien conscientisé. Les
projets prennent de la consistance, de
l'ampleur, il y a de plus en plus
d'écoles qui ont su créer un
programme pour favoriser chez l'enfant
l'acquisition de compétences dans
le domaine des relations.
Compétences pour pouvoir mieux se
confronter et s'intégrer à
son entourage proche et moins proche..Ces
programmes sont mis en uvre dans des
ateliers de parole, des groupes de
partage, des " cours de vie relationnelle
", des temps de rencontres et de mise en
pratique
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Ces
compétences sont ouvertes autour de beaucoup
d'enjeux et touchent à beaucoup de domaines,
je vais en évoquer quelques une pour baliser
l'ampleur du travail qui se réalise et
donner une petite idée de l'immensité
de ce qui reste à faire !
Renforcer
les compétences personnelles et
relationnelles des enfants pour prévenir les
addictions et les dépendances.
En s'appuyant plus
particulièrement sur des ancrages à
renforcer chez l'enfant comme la confiance en soi,
l'estime de soi, l'amour de soi et le respect de
soi. Confirmer les ancrages d'une communication en
réciprocité autour du savoir
demander, savoir donner, savoir recevoir et savoir
refuser.
· Former
les enfants à la médiation et
à la gestion des conflits qui peuvent surgir
en classe et dans les cours de
récréation.
Beaucoup d'enfants
et d'adolescents vont bien, beaucoup ont des
potentialités relationnelles naturelles et
beaucoup ont des capacités de
réflexion, des aptitudes à prendre
des responsabilités et des engagements
qu'ils peuvent mettre au service de leurs pairs
dans une même classe ou une même
école.
· Favoriser
l'acquisition d'outils
et de règles d'hygiène
relationnelles utilisables au quotidien pour
mieux communiquer et développer, en
particulier, ce que j'appelle l'écoute
active. Une écoute centrée sur la
personne (et non sur le problème ou la
difficulté), une écoute permettant
à l'enfant de dire son ressenti (comment il
a vécu tel événement, telle
situation), une écoute qui deviendra
agissante quand on apprend à ne pas rester
prisonnier de l'intention ou de la bonne
volonté pour passer du désir au
projet et du projet à la réalisation
Quand on veut changer quelque chose dans ce qu'on
vit (sortir de la victimisation ) et qui ne nous
convient pas (passer de la passivité ou de
l'opposition à la confrontation).
·
Sensibiliser à la responsabilité
affective et sexuelle.
Pour
démystifier les pseudo amours, pour
apprendre à ne pas confondre ses propres
sentiments avec ceux de l'autre, pour oser
reconnaître ses propres désirs et
accepter de ne pas les imposer, pour mieux se
définir face aux désirs de l'autre,
pour mieux entendre ses peurs, ses
résistances et ses possibles, pour pouvoir
respecter ses valeurs et ses croyances.
·
Développer des compétences
sociales.
Pour permettre
à l'enfant de pouvoir se confronter à
la loi, à des règles, aux exigences
et contraintes de la réalité. Pour
les aider à mieux différencier leurs
besoins de leurs désirs. Leur apporter
soutien et appui concret pour cultiver
l'affirmation (et non la passivité ou
l'opposition) pour leur permettre de passer de
l'affrontement à la
confrontation.
· S'ouvrir
à des communications vivantes et en
santé en acceptant d'entendre que la
violence est un langage.
Langage ultime du
désespoir (face à des traumatismes
parentaux ou sociaux). Langage de l'impuissance
(à trouver une place fiable dans le monde
d'aujourd'hui). Langage de la frustration
(liée à la non satisfaction des
besoins relationnels). Langage de la revendication
(face à des manques inévitables et
aux frustrations liées à la pression
du consumérisme, à la culture des
désirs
).
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Chacun
de ces objectifs peut être
traité séparément,
suivant les attentes et les besoins
particuliers de telle ou telle
école, mais l'ensemble de ces
thèmes devrait faire l'objet d'un
programme inscrit dans la durée,
avec un suivi jusqu'à
l'université ou la sortie d 'un
cycle d'enseignement.
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Livre
ressources.
·
Alain Braconnier : Le guide de
l'adolescent. Odile Jacob
·
T.Berry Brazelton : Ce dont chaque enfant
a besoin. Ed Marabout
·
Gérard Guillot : L'autorité
en éducation. Ed ESF
·
Jean Marie Petitclerc
:
Et si on parlait de la violence. Ed Presse
de la Renaissance.
·
Edith Tartar Goddet : Développer
les compétences sociales des
adolescents. Ed Retz.
·
Marie-Josée Auderset : La confiance
en soi, ça se cultive. Ed de la
Martinière.
·
Jacques Salomé : Pour ne plus vivre
sur la planète taire. Albin
Michel.
Site
de Jacques
Salomé
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Réaction
<<Le 5ième
Forum organisé en novembre 2007, par la Coordination
française pour la décennie, était
consacré à la non violence à
l'école, et plus précisément à
La Formation des enseignants à la relation, à
la gestion des conflits et à la médiation. Il
ne s'agit pas ici de faire un compte rendu de la
diversité et de la richesse des pratiques en IUFM
présentées par les intervenants. Je souhaite
établir une corrélation entre ces contenus et
celui de l'article de Jacques SALOME : " Pour un
apprentissage des compétences relationnelles à
l'école ". Les citations, hors contexte, viendront
étayer la réflexion que je partage avec vous,
lecteurs et lectrices, à partir de mon vécu,
de ma pratique professionnelle et de mon engagement dans le
domaine, il y a environ dix ans. Certains universitaires
français prônent une formation (en IUFM) aux
compétences psychosociales. Cette formation doit
inclure, à côté d'un apprentissage des
compétences relationnelles chez les
élèves ou futurs enseignants, une formation
continue à ces compétences pour tous les
enseignants de terrain. Aussi les remarques suivantes
seront-elles transposables de l'école des
élèves à celle des enseignants. "
Confirmer les ancrages d'une communication en
réciprocité
" et préciser " entre
élèves " permet de poser les autres questions.
Qu'en est-il des relations entre l'adulte et l'enfant, entre
le professeur et l'élève ou l'étudiant?
Qu'en est-il des relations entre professionnels ? De la
médiation entre adultes ? C. MARSOLLIER, (IUFM de la
Réunion), dans sa conférence sur Les enjeux et
priorités de la formation relationnelle des
enseignants, constate que " l'enseignant est immergé
dans le relationnel dissymétrique :
l'élève " subit " la relation. On a la
liberté de l'aider ou de l'ignorer. " J'estime
impératif de s'interroger aujourd'hui, à la
lumière des travaux réalisés en la
matière par des équipes ou des isolés,
sur la position, le choix, l'implication des enseignants
à travers la structure qui les emploie et avec
laquelle ils peuvent interagir. On a le devoir d'aider
l'élève à se construire à
travers une relation qu'il ne " subit " plus mais qu'il VIT
ou va vivre lui aussi dans la conscience d'un cadre à
respecter, d'une charte du mieux vivre ensemble, etc. Ne
sommes-nous pas, adultes, nous aussi
considérés comme ces " enfants " en train de "
subir la relation ", faute d'obtenir ou de pouvoir exercer
un droit à la parole professionnelle, notamment par
rapport à la structure hiérarchique ? Entre
pairs, nous devons avoir la possibilité d'Agir, et
pas seulement " appliquer ", " reproduire " et " faire
reproduire " (en termes de didactique).
Et je m'appuierai sur une
citation de Philippe MEIRIEU (non présent au
colloque) (Université Lumière - Lyon 2). "
L'éducation ne peut se réduire à
l'administration d'une " pédagogie bancaire ", comme
disait Paulo Freire, où les élèves
doivent simplement rendre le jour de l'examen les savoirs
qui leur ont été donnés pendant les
cours
" Elle ne peut se réduire à une
pédagogie bancaire politico - administrative qui, par
exemple, miserait principalement sur l'équipement en
ordinateurs de classes complètes. C'est ici, me
semble-t-il, qu'il faut poser la question des enjeux des
compétences, et surtout des compétences
psychosociales et relationnelles. Ne pas les réduire,
dans les actes et au quotidien de la relation
professionnelle, à des savoirs, dans un contexte
d'évaluation forcée. Ne pas les
réduire, c'est envisager des comportements
relationnels et des attitudes relationnelles en assurant un
mouvement bilatéral constructif entre ces
compétences, ces comportements et ces attitudes. "
Cela ne peut être qu'expérientiel ", selon
Jacques FORTIN (Université de Lille). Sans reprendre
son exclusive, cela nécessite en effet d'être
expérientiel, à tous les échelons de la
structure. " Former les enfants à la médiation
et à la gestion des conflits
" induit la
prévention des conflits par le repérage ou la
détection de signes précurseurs. Cette
prévention ou cette détection peuvent
s'organiser en s'appuyant sur certains comportements
relationnels qu'évoque le point 3 de l'article
intitulé : " Quelques outils " relationnels " pour
mieux communiquer " coécrit par Maryse LEGRAND et
Jacques SALOME. Et je cite à nouveau Jacques FORTIN :
" Repousser les conflits, c'est faire de l'autoritarisme. En
refusant la verbalisation des émotions, on favorise
la " cocotte minute ". Comment aider les enfants à
verbaliser les émotions, comment apporter du
vocabulaire dans le champ des émotions des enfants :
cela fait partie des missions de l'école. " Ainsi la
technique de visualisation, dont vous parlez au point 3 de
l'article précité, va-t-elle dans ce sens et
permet-elle une " médiation ". Elle ouvre aussi de
nouvelles perspectives sur l'accueil et la gestion
d'émotions (comme la colère), l'expression de
violences (comme le ressentiment) des adultes. Elle peut
faciliter le dialogue, dans le cadre d'une formation
continue, autour des " jugements de valeur " derrière
lesquels on peut découvrir un matériau
d'analyse : des croyances, l'expression symbolique de
blessures, de messages paradoxaux, le " biberon
éducationnel ". Le décodage cadré de
ces " produits de la pensée ", de ces jugements sur
les personnes ou les messages, permet parfois de
désamorcer, réduire ces " ferments de la
discorde ". Il engage un travail sur soi qui ne
relève pas d'une thérapie mais d'un
accompagnement relationnel. " La violence est un
langage
Langage ultime du désespoir
Langage de l'impuissance
" C'est aussi celui des peurs
que peut réveiller, chez l'autre, l'adulte plus que
l'enfant, des comportements relationnels. En avoir
conscience facilite une écoute centrée sur la
personne, une utilisation plus efficace et une
intégration plus subtile des outils. " Sensibiliser
à la responsabilité affective et sexuelle "
nécessite de se réinterroger sur la
distinction entre relation, sentiment, ressenti,
émotion. " Sensibiliser
" me semble une
approche plus complexe et plus délicate sur le plan
des comportements et des attitudes que sur celui des
compétences et des savoirs. Voici un exemple dans le
milieu scolaire. Dans la formation du futur personnel des
crèches , de nombreuses pages de cours sont
consacrées à la diététique et
parfois, un seul paragraphe concerne la toilette intime des
poupons et des tout-petits, qui ne fait l'objet d'aucun
temps de parole en classe. Or nettoyer ou laver le sexe des
petits me semble un acte relationnel qui mérite plus
qu'un paragraphe et un commentaire éventuel de simple
référence. Le contexte, le rapport au corps de
l'autre, la qualité du geste, la conscience du geste
posé constituent, selon mon point de vue, des
éléments incontournables d'un cours
destiné à de futurs professionnels. Les
mêmes remarques peuvent s'appliquer au " temps des
repas ". N'est-il pas important d'accepter d'entendre que
ces gestes de " soin " comme d'autres, posés
très tôt dans la vie de l'enfant, faciliteront
peut-être chez lui le renforcement du " respect de
soi, de l'estime de soi, de la confiance en soi et de
l'amour de soi " grâce à l'Autre surtout si les
ancrages de l'Autre, adulte ou enseignant, sont
réalisés ? Axer un cours sur des
compétences et des savoirs ne garantit pas des
attitudes ou des comportements relationnels. Il reste donc
beaucoup à faire, à construire
ensemble
dans le respect mutuel des individualités tout en
tenant compte du groupe. Débattre du cadre me semble
primordial. Clarifier les attentes, repérer ce qui
est négociable ou pas, réajuster sont des
actes de responsabilisation par rapport à cet " enjeu
" de respect mutuel citoyen, à distinguer, me
semble-t-il, du concept " saloménien " de
responsabilisation.
Je voudrais aussi souligner
l'importance de l'implication pédagogique. S'il est
vrai que " La conscience d'une charte (des droits de
l'enfant) ou d'une charte relationnelle n'assure pas son
intégration ", faut-il pour autant se rallier aux
propos de Dominique SENORE (IUFM de Lyon), autre intervenant
de ce colloque, qui annonce : " Nous ( ?) sommes tous
convaincus : On n'a pas les compétences pour modifier
les choses " ? Faut-il modifier les choses ou les vivre ?
Comme l'exprime en substance Edith TARTAR - GODDET
(psychologue clinicienne et psychosociologue), douter de soi
est très déstabilisant mais se remettre en
question ne l'est pas. Il existe des formations
expérientielles, comme l'outil du
Théâtre Forum, présenté par
Véronique GUERIN (IUFM de Montpellier) qui souligne
les compétences relationnelles que je reprendrai
ci-après. Travailler les compétences lors
d'analyses de pratiques, en formation d'IUFM, constitue un
des aspects importants de la formation à la relation
pédagogique. Cependant, le " Théâtre -
Forum " de la réalité à vivre
connaît un autre rythme (soumis à d'autres
imprévus) que celui des cours. Et en une
journée, une personne peut avoir vécu des
situations qui, traduites en jeux de rôles et analyses
de pratiques, feraient l'objet d'un cours d'une demi -
année ! Pour se préparer à ce "
Théâtre - Forum " de la réalité,
le recours à des outils " relationnels "
s'avère intéressant. La psychosociologue
invite ensuite à distinguer le développement
personnel et relationnel, de la thérapie. La
délimitation des pratiques est d'ailleurs un point
délicat de résistance du système
éducatif au " relationnel et au psychologique " et un
argument souvent utilisé par des gens qui ne s'y
engagent pas. Jacques FORTIN dit encore: " Plus
généralement, la place de l'affectivité
dans les relations interindividuelles, dans la
détermination des comportements et dans les processus
d'apprentissage, n'est pas connue et reconnue. " Cette place
n'est pas nécessairement mesurable, au sens de la
docimologie, étant donné la
multiplicité et l'interaction des paramètres
possibles, et tant que les intervenants du monde
éducatif n'auront pas " osé " davantage le
relationnel. " L'expérientiel " dont il parlait peut
aider à prendre et faire prendre en compte
l'affectivité. Des exemples existent dans la vie
professionnelle ; les outils relationnels aident à
faire davantage la part des choses. Le travail d'analyse des
pratiques est nécessaire, rappelle aussi Laurence
JANOT (IUFM d'Aquitaine) qui propose, en amont des
compétences psychosociales, un développement
des compétences personnelles par rapport au
phénomène de stress. " Parler de soi "
resterait un thème tabou à l'Education
Nationale. Et " parler sur l'autre " ? Mais qu'entend-on par
" parler de soi " ? Nombrilisme, narcissisme, impudeur,
plainte ? Non pas " parler de soi " mais plutôt "
partir de soi pour aller vers l'autre " (Jacques NIMIER,
Académie de Reims). Laurence JANOT énonce "
quatre facteurs de vulnérabilité : tendance
à l'anxiété ; au perfectionnisme ;
sentiment de n'avoir aucune maîtrise sur sa vie ;
très forte demande de reconnaissance. Si s'ajoute
à cela la perte de sentiment d'équité
dans la relation, cela peut mener à
l'épuisement professionnel (le burn - out, " cet
échec à la réciprocité ") et
mener à la dépersonnalisation ". Le conflit
n'est-il pas aussi un échec à la
réciprocité ? Il me semble intéressant
de " travailler " autour de ces facteurs de
vulnérabilité en termes de compétences
relationnelles et avec des outils (relationnels) mais aussi
par le repérage des croyances, l'analyse des
représentations mentales, des contextes.
L'étude de l'affectivité a sa place à
cet endroit. Se dessine un créneau possible pour une
médiation entre adultes (collègues et
hiérarchie) en milieu scolaire. " Partir de ce que
l'on a vécu et proposer une ou plusieurs
théories, et non des vérités. "
(Jacques NIMIER) La question du rapport à la
structure se doit d'être posée. Dominique
SENORE (IUFM de Lyon) rappelle lors de son intervention que
" toute tentative d'échapper à la structure
est considérée comme déviante." Avant
de décréter la déviance, il me semble
intéressant de s'interroger sur les règles.
Sont-elles imposées, négociées ? Et
comment ? Distinguer la structure, le système, les
rôles, les fonctions, les lois, les règles.
Elisabeth MAHEU (IUFM de Rouen) présente une liste de
dix compétences principales qui déterminent le
cadre général émanant d'un cahier des
charges ministériel. Parmi ces compétences,
citons " Travailler en équipe avec les parents ", "
Prendre en compte la diversité des
élèves ". Entre ces formulations et leur
réalisation, leur application, leur
concrétisation, les outils relationnels seront
nécessaires si l'on souhaite que ces
compétences " se déclinent en attitudes ".
Véronique GUERIN cite des compétences
relationnelles que je reprends ici pour revenir à
cette délimitation des pratiques: être capable
de faire " attention à sa propre
intériorité " ; faire " attention à
l'intériorité de l'autre (passer de la
projection à l'empathie) " ; " développer la
capacité à anticiper les
bénéfices et les risques de ses attitudes sur
une situation ". Les développer, non simplement en
termes de savoirs à évaluer mais de valeurs ou
d'enjeux, va nous amener à entendre le
réactionnel, le retentissement sur d'anciennes
blessures ou, au contraire, sur d'anciennes traces de vie
dynamisantes, d'anciennes traces de joie. Traduire en mots
le réactionnel ne suffira pas toujours. Faut-il pour
autant envisager une thérapie même
brève? On peut très bien proposer, dans des
cas très ciblés, à la demande
d'étudiants comme d'adultes en formation continue,
une écoute interactive centrée sur la
personne, qui relève de la relation d'aide
(ponctuelle) ou relation d'accompagnement dans le cadre
scolaire. A côté des psychologues, des
assistants sociaux, des praticiens en communication
relationnelle peuvent offrir ce genre de service citoyen.
Car un des objectifs consiste, me semble-t-il, à "
articuler le développement personnel au
développement collectif ". Et peut-être aussi
en sens inverse. Comme le rappelle Christophe MARSOLLIER,
à la fin de son intervention, " Il ne faut pas
opposer, dans la logique du continuum, la formation
académique à la formation pratique, pour une
Relation intelligente ", si l'on souhaite une Relation
intelligente. Mais le relationnel serait-il, dans les
formations, l'apanage de psychosociologues ou des
psychopédagogues ? Je ne le crois pas. Les autres
enseignants, mais aussi les élèves, les
parents, les " acteurs du monde éducatif ", peuvent
expérimenter (ce qu'ils font parfois depuis un
certain temps) des comportements relationnels à
l'aide de ces outils " simples " et peuvent ainsi favoriser,
en aval ou parallèlement, le travail collectif des
spécialistes. Il me semble important d'accorder une
place à ces apprentissages ou expériences de
vie. Car il faut les avoir vécues, confrontées
à la réalité pour que les "
hypothèses relationnelles " deviennent des
théories à réinvestir dans ce mouvement
bilatéral entre compétences, comportements et
attitudes. " Les compétences psychosociales et
relationnelles mobilisées en jeux de rôles " ne
sont pas nécessairement à l'uvre dans le
vivant des relations au quotidien. C'est pourquoi je
distinguais tout à l'heure les compétences des
comportements ou attitudes relationnelles. Si l'Autre
effectue une démarche similaire, cela facilitera
l'écoute, la communication alternée, le
décodage éventuel de la symbolique
utilisée (dans le cas des visualisations notamment)
ou le fonctionnement de certaines règles
relationnelles. Cela doit passer par le Dialogue, non par un
savoir établi comme une vérité. " La
formations continue, à l'écoute de la personne
mais aussi à l'écoute des groupes ", est
nécessaire, voire indispensable. Travailler sur la
confrontation des imaginaires permet de relativiser ;
écouter l'imaginaire des groupes ; confronter les
imaginaires du professeur et de l'élève. "
Quel est donc cet imaginaire qui agit dans un acte de
violence ? " (Jacques NIMIER, Académie de Reims)
L'utilisation des outils relationnels permet de se remettre
en question sans douter de soi ou en doutant de moins en
moins de soi, sans sentir ses énergies se perdre dans
les sables du désert. Comme l'Autre (ou l'entourage)
ne s'attend pas aux effets de cette pratique, il peut
interpréter cela comme une tentative de prise de
pouvoir ou de manipulation. C'est pourquoi c'est aussi une
affaire d'éthique et d'éthique personnelle. Je
fais surtout allusion dans ce cas à la relation entre
pairs ou à la relation à la hiérarchie.
Je ne peux convaincre l'autre mais je peux espérer
qu'il utilise lui aussi les outils pour se remettre en
question de manière constructive. Cela favorisera des
relations en alternance plus équilibrées, une
communication fluide, plus conviviale. Cela permettra de "
décliner en attitudes " l'une des dix
compétences présentées par la
coordinatrice des contenus pédagogiques de la
formation transversale, Elisabeth MAHEU : " Agir en
fonctionnaire de l'Etat, éthique et responsable ".
Faut-il multiplier encore, " construire de nombreux outils
pour ne pas être sans ressources " (Edith
TARTAR-GODDET) ? Les outils ne sont-ils pas suffisamment
nombreux pour constituer une démarche
intégrée de formation transversale ? Ne
risque-t-on pas une surabondance, une surconsommation, une
surenchère qui ne permettraient pas
d'apprécier et de développer ces
compétences psychosociales et relationnelles ?
Dominique SENORE souligne que " la compétition est
beaucoup plus présente que la coopération,
dans ce monde ". Et Marc FORGET, membre de l'IFOR (mouvement
international pour la réconciliation), dans sa
conférence intitulée " Similitude entre
l'école et la prison ", invite " à modifier
les méthodes d'évaluation et le contexte de
compétition ". Philippe MEIRIEU écrit : "
L'instruction est obligatoire mais l'apprentissage ne se
décrète pas. " " L'éducation
est
une affaire de désir et de confiance, une affaire
d'éthique
Se situer ainsi à la source de
ce qui peut mobiliser des hommes et des femmes pour cette
tâche immense et essentielle: éduquer des "
petits d'hommes " pour qu'ils s'approprient et
améliorent notre monde
éduquer des
enfants pour qu'ils se fassent uvre d'eux-mêmes.
" Et enfin, il écrit dans L'école et les
parents. La grande explication, " La qualité ne se
décrète pas. Elle se construit ". Tous les
enseignants, quelle que soit leur spécialité,
sont concernés par ces compétences
relationnelles et psychosociales qui favorisent les
apprentissages et facilitent l'intégration des
savoirs disciplinaires si ces outils relationnels sont
utilisés dans la pratique pédagogique. Il
s'agit peut-être aussi de réinterroger les
choix des contenus d'apprentissages en ces " temps de
transition ". " Le statut d'une parole n'est pas toujours le
statut de celui qui l'énonce " rappelle Dominique
SENORE. On pourrait supprimer le mot " toujours " et dire
aussi que le statut d'une parole n'est pas le statut de
celui qui l'énonce. Mais je m'attacherai plutôt
au mot " statut " en le sortant de ses contextes
phrastiques, en y réfléchissant à
partir du travail collectif sur les compétences. On
peut rédiger, modifier, ou faire enregistrer des
statuts. Ce n'est pas la même démarche. Dans ce
sens, ne pourrait-on vivre le passage du " statut " au "
statutaire ", par le biais de chartes de vie
relationnelle/professionnelle dialoguées qui
permettraient d'expérimenter intelligemment le
collectif, dans une dimension " adulte "? C'est dans ce sens
que le témoignage suivant semble aller, même si
je nuancerai par la suite. Enseignants à la Haute
Ecole pédagogique du canton de Vaud (en Suisse),
Yviane ROUILLER et Marco ALLENBACH expérimentent des
compétences psychosociales, présentent le
référentiel " fil rouge " composé de
onze compétences professionnelles et donnent
l'exemple d'un module spécifique : " Mettre en place
un cadre de travail approprié, où la
communication interpersonnelle " aura toute son importance.
Il s'agit d'un module. Le transférer pour le vivre
dans des relations interprofessionnelles, au concret, en se
confrontant à la réalité donnerait
indirectement d'autant plus de valeur ou de pertinence
à ce genre de module. D'autre part, que signifie "
Mettre en place " ? Et comment ? Qu'impose-t-on ? Que
négocie-t-on ? Etc. " Les Institutions, c'est nous "
(Jacques NIMIER)
qui les faisons vivre. Avec
très peu de concepts et d'outils relationnels, on
peut déjà apprécier l'effet d'une
petite mais " véritable révolution
pédagogique ", la révolution douce comme je
l'appelle. Encore faut-il oser ? " Nous nous interdisons
souvent beaucoup plus de choses que l'on nous en interdit. "
>> Anne
SALOMON
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