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Le quadrant Q1
L'échelle de maîtrise de la classe
(constituée par un sous-ensemble de
questions) montre que la maîtrise la plus
importante se situe dans le quadrant Q1; celui-ci
correspond aux directions des questions «
devoir de contrôle » (q. 29) et «
silence indispensable » (q. 20). C'est
également dans ce quadrant que l'on trouve
le cours magistral, la notation avec un
barême précis, la démonstration
de tous les théorèmes. C'est aussi
dans ce quadrant Q1 que l'on trouve la direction de
la classe C4, mathématiques au service du
moi.
Cet ensemble d'indices marque l'expression
d'un désir de maîtrise sur la classe,
sur les théorèmes. Les
mathématiques sont utilisées ici
comme moyen de maîtrise. Cependant, n'est-ce
pas le silence de ses pulsions et le contrôle
de lui-même que le professeur recherche avant
tout? Les mathématiques sont ainsi
utilisées pour la recherche d'un ordre
interne, d'une cohérence interne
(mathématiques unifiées et
cohérentes). L'acceptation des
modèles pédagogiques institutionnels
(cours magistral, notation illusoirement
précise, etc.) est utilisée comme
renforcement des défenses de
maîtrise.
Le quadrant Q3
S'opposant à cette région, se
trouvent en Q3 des centres de gravité
marquant l'absence de recherche de maîtrise
sur les objets externes. Ici se situe la
maîtrise la plus faible.
La pédagogie laisse une part
d'initiative plus grande aux
élèves (travail individuel,
travail sur fiches, travail de groupe). La notation
est plus souple (note globale). Mais c'est aussi
dans ce quadrant Q3 que se situe la direction de la
classe C1, les mathématiques au service du
sur-moi dans son versant interdicteur. Les
mathématiques ne sont-elles pas ici un
mauvais objet externe à combattre,
contre lequel on peut lutter, on peut se battre
pour gagner une libération
désirée, libération que l'on
donne déjà aux
élèves?
C'est ainsi que l'expression d'un jugement est
difficile pour certains (note avec
difficulté en Q3) parce que cela pourrait
réveiller en eux un autre jugement. Les
mathématiques peuvent alors osciller entre
un « autre monde » (dans le quadrant Q4,
proche de l'axe 2) et un objet désinvesti,
« moyen de gagner sa vie » (dans le
quadrant Q3, proche de l'axe 1).
En tout cas, le modèle
pédagogique institutionnel est
refusé, combattu à la limite
comme persécuteur ; cette attitude a pour
résultat positif la mise en oeuvre de
nouveaux procédés pédagogiques
(dans le quadrant Q3, travail de groupe et travail
individuel sur fiches).
Le quadrant
Q4
La région Q4 est la région
où l'on trouve les valeurs les plus
élevées des échelles
agressivité et anxiété. On
y trouve les centres de gravité des
variables psychologiques : séparation des
parents pendant plus d'un an avant l'âge de
16 ans, difficultés de lecture,
d'élocution, d'orthographe.
En effet, 27 % des professeurs de
mathématiques disent avoir eu des
difficultés en orthographe au cours de leur
scolarité contre 13 % des professeurs de
lettres appartenant à l'échantillon
de controle étudié. Aucune
différence significative entre hommes et
femmes. Plus surprenant encore, aucune
différence significative entre les
catégories certifié,
agrégé, ni non plus entre les
tranches d'âge.
Cette région du plan (1 - 2) (Q4) est
donc caractérisée par la
présence des centres de gravité des
ensembles exprimant des manques. Or, c'est
aussi la région où se situe la
direction de la classe C3, les mathématiques
au service de l'idéal du moi (idéal
de complétude). Les mathématiques
serviraient donc ici de compensation à des
manques, la construction d'un fétiche
permettant de masquer ces manques. Les
mathématiques sont alors
idéalisées comme « loi
expliquant le monde » (Q4). Idéal de
vérité. Principe premier devant tout
régir, la vie, l'action, la pensée.
Seule façon d'être «sûr de
raisonner juste » (q. 113),
c'est-à-dire de ne pas déraisonner et
en particulier de ne pas percevoir ses manques.
Le quadrant Q2
possède trop peu de points pour être
interprété.
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