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Prévenir le suicide

Jean-Marie Petitclerc

 

             Derrière le désir de mort se cache le plus souvent chez l'adolescent un formidable désir de vivre autrement. On se trompe lourdement lorsque l'on pense que l'adolescent suicidaire est fasciné par la mort. En fait, il éprouve un grand désir de vivre, mais autrement, car la réalité de sa vie au quotidien lui paraît trop décevante au regard de ses aspirations.

             Le but de la tentative de suicide consiste alors plus à vouloir changer de vie, plutôt qu'à l'interrompre.

             La conjugaison de deux sentiments me semble animer tout adolescent suicidaire. Tout d'abord, un état de souffrance, lié à une situation devenue intolérable, et simultanément, une conviction d'impuissance. Toutes les tentatives pour changer cet état de fait s'étant avérées vaines, l'adolescent perd confiance en sa capacité de pouvoir être acteur de modification possible. Ne reste plus alors comme solution que le grand saut dans l'inconnu. Le geste suicidaire constitue en quelque sorte une dernière tentative désespérée de changer le cours des choses devenu insupportable.

             Aussi surgit-il au terme d'une triple crise : de confiance, d'espérance et du lien social dont il nous faut prendre conscience.

 

             Crise de confiance, tout d'abord. Le sujet marqué par l'échec, n'a plus aucune confiance dans sa capacité pour peser sur le cours des choses. On ne soulignera jamais assez combien l'échec est générateur de perte de confiance en soi.

             La meilleure prévention du suicide passe par la valorisation du sujet et la mise en lumière de ses réussites. Il y a fort à faire, car notre système éducatif a souvent plus tendance à pointer l'échec que la réussite.

 

Crise d'espérance ensuite.

             Il est temps de s'interroger dans notre pays, quatrième puissance économique du monde, sur l'attitude des adultes, relayée par les médias, qui consiste à toujours mettre en avant ce qui dysfonctionne.

Une part importante du mal-être de la jeunesse provient du regard négatif que les adultes portent sur demain.

 

Crise du lien social enfin.

             Il est paradoxal de constater qu'à l'heure où jamais les moyens de communication n'ont été aussi développés, jamais l'isolement n'a été aussi grand. Ce constat est peut-être encore plus vrai pour les jeunes tant la relation inter générationnelle est devenue difficile.

             Ecouter, dialoguer, valoriser, rendre acteur, tout ceci nécessite d'être attentif à l'enfant qui grandit.

             L'adolescent, à cet âge marqué par la fragilité, mérite l'attention de ceux qui l'accompagnent.

Même s'il proclame haut et fort son désir d'autonomie, même s'il donne l'impression de se rebeller face à des marques de tendresse qu'il juge puérile, n'oublions pas que, derrière cette apparence un peu rebelle, il reste très fragile.

Prévenir le suicide, c'est d'abord savoir être attentif.

 

             Beaucoup de parents me demandent, lors de conférences : " Y a-t-il des signes avant-coureurs, qui peuvent constituer des indicateurs de conduites suicidaires ? "

             Je refuse toujours de donner une liste, car je me méfierai de l'attitude de parents qui deviendraient en quelque sorte des " détecteurs d'indicateurs ". Un tel positionnement risquerait, par la suspicion qu'il génère, de rendre encore plus difficile la communication.

L'important, c'est de ne jamais cesser d'être attentif à l'enfant qui grandit.

 

             Souvent, l'adolescent, avant de poser un geste suicidaire, commence par déserter les activités qui, auparavant, donnaient sens à sa vie de jeune.

             Par exemple, un garçon qui dit ne plus être intéressé par le foot, alors qu'il y consacrait auparavant tous ses week-ends ; ou bien une fille qui trouve la danse nulle, alors qu'elle ne manquait auparavant sous aucun prétexte une séance d'entraînement.

             À ces moments-là, il faut surtout ne pas être indifférent, mais questionner afin de connaître la raison d'un tel désintéressement.

             Être attentif à l'adolescent, c'est prêter attention à ses pôles d'intérêt, et se rendre très présent en période de fort désinvestissement.

 

             Mais lorsqu'on est parent, on n'est pas toujours le mieux placé pour discuter avec l'adolescent de ce qui va mal, tant celui-ci s'interdira de parler de ses éventuels désirs suicidaires à ceux qu'il chérit tant. Ce serait leur créer trop d'angoisse, et il ne veut pas faire souffrir ceux qu'il aime.

             Aussi est-il essentiel, en termes de prévention du suicide, de veiller à ce que chaque jeune, en particulier à l'âge de l'adolescence, puisse rencontrer quelqu'un avec qui il puisse discuter en confiance, surtout lorsque l'ambiance familiale devient pesante pour lui.

 

             L'important, c'est de veiller à ce que jamais le jeune ne soit isolé, mais qu'il appartienne à un réseau dans lequel il puisse, s'il le désire, trouver à qui parler en vérité.

Voir:

Un dossier sur le suicide dans ce site

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Commentaire

Commentaire:

<<Je vis en ce moment les problèmes énoncés dans cet article avec ma fille qui est en 3ème, elle a 16 ans et s’enfonce complètement à cause des maths surtout qui l’angoissent et qu’elles refusent depuis toujours. Elle parle souvent de mort, d’une autre monde (son père est décédé lorsqu’elle avait 11 1/2. Alors tout ça fait un tout je pense... J’essaie de l’aider mais là franchement je suis désarmée. Que va-t-elle devenir et que fera-t-elle l’année prochaine ??? Grande reflexion que ce sujet du suicide.>>

<<Ce que je trouve dommage dans tous les écrits parlant du suicide, c'est que cela ressemble plus à un catalogue des sentiments et gestes d'un adolescent. Souvent, on pourrait plus facilement croire que l'on nous parle du mode de fonctionnement d'une série robots, plutôt que d'êtres humains, tous différents, agissant selon leur conscience. >>

<<bnjour j'ai lu avec bcp d'interêt votre article parce que cette année je suis en Masters 1. j'ai choisi d'écrire mon mémoire sur le suicide comme conséquence probable d'un ratage de la sublimation.>>

<<Bonjour, Le Père Jean-Marie PETITCLERC apporte à la lumière de St François de Sales et de la pédagogie salésienne un éclairage quant au suicide des jeunes. Son message est me semble t-il clair empreint de fraternité élémentaire. Toutefois j'ose espérer que dans un environnement laïciste qui interdirait toute forme d'expression religieuse son message puisse t-il être entendu.>>

<< Prévenir le suicide oui bien sûr qui est contre ? Le problème c'est de trouver les moyens pour le prévenir. Vu les conditions de plus en plus folles d'enseignement c'est de plus en plus hard d'y parvenir à temps !>>

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