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Jean
Piaget <<La
limite entre la psychanalyse et la psychologie
courante semble donc
nette.
En
réalité il n'en est
rien. La
conscience et l'inconscience sont partout
mêlées, souvent d'une manière
inextricable,
et
si l'on a violemment opposé ces deux aspects
de la vie de l'esprit,
et
par conséquent la psychanalyse à la
psychologie de l'intelligence, c'est par une
simplification du réel, sans doute utile au
début des
recherches,
mais
qu'il est superflu de conserver
aujourd'hui. Bien
plus, les essais tendant au rapprochement de ces
deux disciplines
ont
sans doute un certain avenir, comme nous essaierons
de le montrer. Les
mécanismes spéciaux que la
psychanalyse a découverts dans
l'étude des
sentiments
ont
en effet leur importance dans le
développement de la
raison>>.
<<C'est
après de lentes et difficiles
évolutions qu'est apparu le concept de
nombre. Au cours de cette recherche d'une pratique
et d'un savoir arithmétique l'homme s'est
servi de son propre corps physique comme objet
concret facilitant le dénombrement. Cette
relation privilégiée avec le corps
humain a eu comme conséquences de modeler
d'une certaine façon les pratiques et les
savoirs. Le choix des bases de numération :
cinq, dix, vingt ou soixante n'est-il pas en
relation avec le nombre des doigts de la main ?
Dans ce rapport les différentes parties du
corps sont devenues "objets numériques"
évoluant en se différenciant
lentement vers la suite des nombres
entiers. Comment des
civilisations éloignées ont
adopté des pratiques très proches les
unes des autres ? Comment les noms des
éléments du corps humain sont devenus
les noms de nombres et ont permis la
numération ordinale ? Ayant
constitué une suite numérique les
hommes furent peu à peu contraints de
réaliser des opérations avec les
nombres. Comment les
mains sont-elles devenues de véritables
machines à calculer ? Ce
procédé de calcul manuel existait
déjà chez les égyptiens de
l'ancien empire.>>(p.9) <<C'est
à travers l'analyse des pratiques
anthropomorphiques que nous souhaitons observer les
premières manifestations d'une dynamique
affective en relation avec les
nombres.>>(p.9)
<<Nous
ferons les hypothèses
suivantes a) Il existe une
composante affective mise en jeu par
l'élève dans l'apprentissage et
l'utilisation des chiffres et des
nombres. b) L'inconscient
participe dans les représentations et les
comportements des élèves à
l'égard des nombres et en particulier
à l'égard des
chiffres. c) Les
élèves dont l'affectivité dans
la relation aux chiffres est ni trop importante ni
trop faible, obtiennent en moyenne de meilleurs
résultats à un test comportant des
activités
numériques.>>(p.126) <<Pour
obtenir une meilleure observation de la
manifestation de conduites affectives dans
la relation aux chiffres nous avons
suivi: Ainsi nous
souhaitions analyser le plus large
éventail possible des conduites
conscientes et inconscientes chez un
élève, dans le cadre de
notre
problématique.>>(p.127)
<<Description
de l'échantillon. Nous avons
choisi d'observer un échantillon de 45
élèves appartenant à deux
classes distinctes de 4ème
préparatoire dans un lycée
d'enseignement professionnel. Pour les deux
classes, la section suivie est : employés
techniques de collectivités
(E.T.C). Passation du
test. Cette
recherche a pour objectif de faire apparaître
les composantes fantasmatiques de l'objet
nombre. Nous pourrons
également observer l'expression symbolique
et les mécanismes de défense mis en
jeu ainsi que les différentes
stratégies pour lutter contre la prise de
conscience de mobiles inconscients, avec les
frustrations et les angoisses qui peuvent en
résulter. Les
élèves ne connaissaient pas la
finalité du test et ont participé
avec le seul souci de réaliser une
rédaction. Le texte proposé
était le suivant : "Après
avoir parcouru des plaines et
traversé des montagnes vous arrivez
au pays des chiffres. Racontez ce que vous
observez et ce que vous
ressentez.">> (p.127-129)
<<L'analyse
du test précédent a permis de mettre
en évidence une dynamique fantasmatique
dans la relation d'un élève à
l'objet nombre. Nous avons
observé comment se construisent des
mécanismes de défense afin de
rétablir des équilibres
pulsionnels. L'analyse de cas
cliniques facilitera l'approche de
représentations spécifiques autour
des nombres et permettra d'approfondir certains
mécanismes pulsionnels. Avant de constituer
une grille définitive nous avons
réalisé une dizaine d'entretiens
libres avec les élèves. Suite à ces
différents entretiens il est apparu des
thèmes privilégiés et des
représentations fortement chargées
d'affectivité. La méthodologie
employée consistait à faire parler
librement les élèves sur les
nombres. La passation des entretiens s'est
réalisée durant le temps scolaire (au
moment d'une heure d'étude). Pendant 45
minutes à une heure les élèves
pouvaient s'exprimer sur leur vécu dans la
relation avec les
nombres.>>(p.161) (Sophie) (Christelle)
<<A l'aide de
ce test projectif nous souhaitons analyser les
relations affectives dominantes que les
élèves établissent, à
un moment donné, avec un chiffre
particulier. Nous avons
observé combien le graphisme d'un chiffre
pouvait se modifier d'un élève
à l'autre. Les déformations d'un
graphisme manuel ou l'aspect
stéréotypé des
caractères mécaniques pourraient
entraîner des variations pour les effets
projectifs. Afin de remédier à ces
variables parasites nous avons fait le choix que le
signifiant chiffre soit dessiné par
l'élève lui-même et non
proposé par
l'expérimentateur. A partir de son
graphisme l'élève évoquera des
représentations plus personnelles et plus
pertinentes. Le
procédé du test est tiré du
modèle de Rorschach. De la même
façon que l'on présente aux
élèves différentes planches,
dans ce test le signifiant permettant l'effet
projectif se limite aux graphismes successifs des
différents caractères de la
numération : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8,
9.>>(p.219) Échantillon <<Nous avons
réalisé la passation de ce test dans
différentes classes de 4ème
préparatoires de L.E.P. Il s'agit de la
section E.T.C. (employé technique de
collectivité) pour l'échantillon des
filles avec un effectif de 45 élèves,
et de la section menuiserie pour
l'échantillon des garçons comportant
également un effectif de 45
élèves. Dans une
deuxième expérimentation nous avons
fait passer le même test à des
élèves de CM2 pour des
échantillons également de 45
élèves filles et 45
élèves garçons. Ainsi nous avons
travaillé sur 180 élèves avec
un total de 1800 représentations
différentes.>>(p.219-220)
<<Suite aux
observations réalisées dans notre
recherche expérimentale nous essaierons
de construire une approche possible de
l'intrication de l'affectif et du cognitif.
Dans la partie
théorique nous avions montré
l'intérêt d'une confrontation entre
les travaux de Freud et Piaget. Il apparaissait de
nombreuses difficultés dues à la
subordination respective entre les
évolutions cognitives et affectives. Si
Piaget a beaucoup travaillé pour la
construction d'une synthèse entre les deux
théories, ses conclusions se sont surtout
orientées vers la prédominance du
cognitif (structural) sur l'affectif
(énergétique). Tous les travaux
plus récents s'orientent désormais
vers la participation active des deux
composantes mais leurs analyses demeurent le
plus souvent descriptives. Pour obtenir une
approche plus fonctionnaliste nous partirons des
travaux de Vergnaud sur la
représentation. Nous
considérerons son analyse de la notion de
schème et de concept comme
particulièrement intéressante pour
constituer les bases de notre propre construction
théorique.>>(p.400)
dans
l'U.E.R. de Sciences de l'Éducation de
PARIS V sous la direction du Professeur
Gérard VERGNAUD |
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