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Globalisations restreintes,

globalisation généralisée

 Jacques Demorgon

             Le texte qui suit se propose de développer une perspective vraiment globale sur la question de la globalisation et du développement. Pour cela, il étudie ces phénomènes de façon multiréférentielle.

             Quand on traite, aujourd'hui, de globalisation et de développement, il s'agit essentiellement de globalisation économique avec son excroissance singulière de globalisation financière. Or cette globalisation, on le sait, entraîne du développement, mais aussi du sous-développement : croissance des inégalités et dégradation grave de l'écologie planétaire ()

- L'une est représentée par quantité d'études constituant un ensemble de réflexions et d'informations. S'y ajoute, ou s'en détache, une branche activiste prônant une " alter-mondialisation ".

- L'autre réaction, qui a, malheureusement, fait la preuve de sa capacité à durer, s'exprime dans le terrorisme international, planétaire, lui aussi.

 

1/ La Globalisation : actualité et histoire.

             Il nous faut, d'abord, savoir lire ces globalisations restreintes. Nous y parviendrons mieux en découvrant que la globalisation est une donnée fondamentale de l'histoire humaine. Jusqu'ici, nous ne savions pas comprendre qu'il y avait eu, hier aussi, globalisation ! Mais de quoi ?

             Nous ne pouvions pas répondre avant cette nouvelle pensée de l'histoire qui s'est mise en place de Max Weber ( ) à Georges Dumézil () et Fernand Braudel (). Elle a montré qu'entre les individus et les sociétés, le lien de production réciproque s'effectuait par l'entremise des grands secteurs d'activités:

économiques, politiques, religieuses, informationnelles.

 

             Trois globalisations successives ont résulté de la façon dont les acteurs de ces grands secteurs se sont alliés et subordonnés les uns aux autres dans une dynamique complexe.

a/ Royaumes et empires ont émergé sur la base d'une association des acteurs du politico-militaire et du politico-religieux, contrôlant l'économie et l'information.

b/ Ensuite, religieux et politique se sont dissociés, à travers les luttes de la papauté et de l'empire, le schisme protestant, l'anglicanisme. L'alliance de l'économie et de l'information, humaniste et techno-scientifique, a engendré une autre forme de société : la nation marchande.

c/ Aujourd'hui, cette alliance de l'économie et de l'information, renforcée par les nouvelles technologies, s'est hissée au niveau mondial, lançant à toutes les autres sociétés, un double défi.

- Le premier, géopolitique, concerne biens et moyens disputés.

- Le second, transpolitique, résulte des oppositions entre sociétés de forme différente, co-présentes sur la planète.

 

             Après la période des tribus, les trois globalisations historiques singulières ont, en effet, produit trois grandes formes différentes de sociétés :

- royaumes ou empires,

- nations marchandes

- aujourd'hui, sociétés soumises au défi de l'économie informationnelle mondiale.

             Cette référence concernant le " jeu " des grandes activités humaines peut, seul, permettre un nouveau traitement compréhensif de la co-présence sur la planète de ces formes opposées de sociétés. Déja, nous comprenons mieux que chaque globalisation, pour restreinte qu'elle était, ne pouvait que vouloir et croire être " la " globalisation. Et, en un sens, pour son époque, elle l'était.

             La période historique actuelle est sans doute la première à mettre l'humanité face au problème de sa constitution. C'est seulement ce problème, d'une difficulté maximale, qui requiert de prendre, comme horizon, une globalisation vraiment généralisée. Celle-ci, contrairement aux tentatives historiques antérieures et actuelles, doit pouvoir se poser comme recherche, toujours moins réductrice, de la dynamique conflictuelle et d'arrangement des activités humaines : religieuses, politiques, économiques et informationnelles. Cela vaut pour chaque secteur, en lui-même, entre ses différentes dimensions et expressions.

             La mondialisation économique informationnelle mondiale est certainement une étape sur ce chemin. Ses apports sont grands mais ses déficits, nombreux. Rien n'est donc garanti et les menaces sont très lourdes. C'est une raison de produire la conscience la plus claire possible de ces questions. Nous ne sommes là qu'au tout début de cette tentative.

 

 

2/ Les deux grandes globalisations d'hier : du royal au national

             Précisons leur évocation rapide faite ci-dessus. Aux sociétés communautaires-tribales, les humains ont, largement substitué des sociétés royales-impériales, à partir d'une première globalisation à dominante politique, religieuse et militaire. Cela, pendant des millénaires.

             Mais, en Europe, à partir du 12e siècle, on a eu des lacunes, des insuffisances, des retards dans la constitution ou la reconstitution des royaumes ainsi qu'un affaiblissement de crédibilité de l'Église catholique. Le religieux et le politique se sont de plus en plus dissociés.

             En même temps, dans les cités et les ports marchands de l'Italie, de la Baltique et de la Mer du Nord, s'est progressivement mise en place une nouvelle hiérarchie d'actions, de connaissance, de valeurs, subordonnant le religieux au politique, puis le politique à l'économie et à l'information ()

             Le passage de la forme royale-impériale à la forme nationale-marchande, c'est à dire la seconde globalisation, s'effectue donc dans la mesure où la précédente hiérarchie des secteurs d'activités a été affaiblie à travers trois données convergentes :

- discrédit d'une Église catholique infidèle à ses propres idéaux antiéconomiques;

- insuffisance d'autorité des pouvoirs politiques, liée aux guerres, croisades, etc.;

- volonté des acteurs de l'économique de s'installer dans les interstices laissés libres.

             Il ne faut pas concevoir ces évolutions comme linéaires. Elles sont au contraire toujours aléatoires, contradictoires. Elles ne font pas se succéder le primat d'un secteur d'activité au primat d'un autre. Elles remanient ensemble tous les secteurs.

             Comme Weber l'a montré, en dépit ou à cause des milliers d'articles qui ont voulu revenir sur sa thèse, si le catholicisme a du faire une place au protestantisme, c'est parce que celui-ci a su opérer une ré-équilibration dans la considération des secteurs d'activités.

             Le religieux "humain" perdait sa prééminence. Le politique se renforçait et l'économique sortait de la zone de sous-estimation dans laquelle il avait été jusqu'ici maintenu. La hiérarchie verticale des valeurs royales-impériales, avec au sommet le religieux, puis le politico-militaire et, à la fin, l'économie, basculait à l'horizontal. Mutation fondamentale qui allait conduire à une ré-équilibration inverse, l'économie et l'information s'associant pour contrôler le religieux et le politique. C'est cela qui constituait le fondement de la nouvelle globalisation, celle de la nation-marchande.

Le religieux

Le politique/militaire

L'économique

Le religieux - Le politique/militaire- L'économique
Economique et information

Religieux et politique

             Si le XXe siècle a été un siècle monstrueux, c'est que nombre de sociétés singulières d'alors y étaient dans l'incertitude géopolitique () . Chacune pouvait croire plus puissant son propre mélange d'atouts impériaux, aidés par le religieux, ou d'atouts nationaux-marchands, aidés par les perspectives démocratiques. Le recours à la mobilisation totale et aux violences extrêmes et aux violences extrêmes devait trancher.

             Les choses ont certes évolué à partir de ces drames, mais les déséquilibres de la globalisation en cours conduisent à une double dégradation, celle de l'écologie terrestre et celle de la relation des humains entre eux. C'est à partir de ces manques graves que certains tentent leur propre globalisation pervertie à travers le terrorisme international.

 

3/ La " globalisation " terroriste

             S'il n'est pas illégitime, au contraire, de parler de globalisation terroriste, c'est que ceux qui le produisent opérent bien, au plan mondial, une conjonction unique de données culturelles fort diverses, inventées à travers les siècles.

- Certaines, par exemple, sont issues d'un temps pré-islamique constitué par un certain nomadisme tribal. Elles contribuent à la production d'un terrorisme nomade et délocalisé, un terrorisme mondialisé.

- Mais elles puisent aussi dans un islam hier fondateur d'empire à base monothéiste. Compte tenu des évolutions concurrentielles des sociétés () , ces valeurs communautaires-tribales ou religieuses-impériales n'ont pas suffisamment eu l'occasion de poursuivre leur évolution. Les voici telles que, toujours recevables par les populations actuelles, et disponibles pour ceux qui veulent et savent les utiliser.

             Les situations des populations, dans de nombreux pays islamiques, sont pour l'essentiel dramatiquement bloquées et instrumentalisées par divers pouvoirs externes et internes souvent liés entre eux. Le cas de l'Arabie Saoudite et des Etats-Unis est, à cet égard, assez patent.

             Dès 1995, Martine Gozlan () écrit "L'intégrisme s'appuie, avec un savant machiavélisme, sur un terreau fertile en malheurs divers... Les foules exaspérées ont tout simplement des désirs dont l'absence de réalisation les rend folles. Elles ont faim de pain, de toit, de travail, de sexualité." C'est sur un tel terreau que s'est mise en place la tentative d'Al-Qaida.

             Ce n'est pas un hasard si elle l'a fait, d'abord, dans un pays, l'Afghanistan, en proie aux rivalités des deux grandes puissances d'alors - URSS et Etats-Unis - et dans lequel un islam fanatique tentait d'unifier des tribus, ce que les précédents royaumes n'avaient pas vraiment fait.

             A un autre pôle le réseau Al-Qaida joue sur les données culturelles les plus récentes des sociétés informationnelles-mondiales. Thérèse Delpech () met en évidence tels éléments précis de sa conjonction culturelle singulière : "Le réseau Al-Qaida a eu recours à des pratiques low-tech (des virements d'argent selon des méthodes ayant cours à Peshawar, par exemple) ou, au contraire, à des pratiques high-tech (le cryptage de messages via Internet) qui avaient en commun d'être pratiquement imparables. Aucun service de renseignement au monde ne pouvait prétendre les contrer sauf peut-être avec une énorme préparation."

             Edgar Morin () souligne aussi cela : "Al-Qaida n'a ni centre étatique, ni territoire national, il ignore les frontières, transgresse les Etats, et se ramifie sur le globe; sa puissance financière et sa force armée sont transnationales ". Morin fait aussi le lien entre barbaries antérieures et nouvelles : "Le XXe siècle a vu se nouer l'alliance entre deux barbaries, l'une de destructions et massacres venus du fond des âges historiques, l'autre intérieure à notre civilisation, venue du règne anonyme et glacé de la technique, d'une pensée qui ignore tout ce qui ne relève pas du calcul et du profit. Le terrorisme international met en œuvre une nouvelle alliance entre les deux barbaries."

 

4./La globalisation économique informationnelle mondiale actuelle.

             La globalisation économique mondiale s'est engendrée à travers une stratégie de double opposition.

             D'abord, celle du monde occidental avec l'URSS, la Chine et leurs satellites. Ensuite, celle des sociétés nationales-marchandes entre elles, en particulier dans la Triade " Europe, Etats-Unis, Japon ".

La première opposition mettait en concurrence les sociétés de culture impériale et les nations marchandes démocratiques. Cette opposition conservait une dimension militaire cruciale.

La seconde entraînait les grandes nations industrielles-marchandes dans une concurrence économique exacerbée entre elles.

             La jonction de ces deux phénomènes est d'ailleurs clairement lisible avec l'Internet militaire mondial devenu, avec Al Gore, commercial mondial. Cette stimulation concurrentielle à l'intérieur de la Triade accroîtra considérablement le potentiel commun, mettant l'URSS en grande difficulté et conduisant la Chine à des compromis.

             Cette nouvelle forme de société d'économie informationnelle mondiale, quatrième grande forme sociétale de l'histoire humaine, doit être considérée à son niveau véritable, macrosociologique. Les Etats-Unis sont le premier pays porteur de cette forme mais il importe de les en séparer car, comme nation, ils ne se situent qu'au niveau mésosociologique. () Reste que cette évolution eut été impossible sans la poursuite de l'alliance entre l'économie et l'information. D'où la nécessité de traiter des formes de cette alliance.

             L'information est une production qui résulte d'une double et conjointe rencontre : celle des hommes entre eux et avec le réel. Chaque fois que les hommes se barrent l'accès au réel (déni de l'expérience) comme entre eux (mépris de la communication), l'information est compromise.

             Il n'est aujourd'hui plus mis en doute que le secteur de l'information prend une place pleine et entière, à côté des secteurs religieux, économique et politique. Ce n'est que récemment que l'on a pris conscience de son ampleur, de sa complexité, de sa profondeur. Mais aussi de son influence déjà considérable et fortement évolutive () C'est vrai sur une actualité qu'il contribue à exacerber comme sur un devenir humain qu'il pense dominer.

             Enfin l'information est un enjeu décisif de pouvoir entre les humains avec toutes ses formes : sous-information, désinformation, surinformation.

             L'une des plus remarquables de ces formes nouvelles concerne la comptabilité de l'imaginaire économique. Elle se constitue à travers les attentes et les projections des acteurs sur les évolutions des économies et des entreprises. Elle invente ses mesures : taux de change des monnaies, cours des actions et des obligations, multiples autres fluctuations des productions et des prix.

             On oppose très souvent de façon véhémente la communication et l'information. Certes les humains ont des possibilités exceptionnelles de communiquer mais ils ne le font pas séparément des situations qu'ils affrontent et qu'ils partagent dans leurs oppositions ou leurs coopérations. Communication et information méritent d'être distinguées, voire opposées, mais plus encore associées.

             Le terme d'information ne lui convient qu'à la condition de le prendre au sens le plus large. L'information concerne les choses et les êtres, leur représentation dans les sciences, leur manipulation ou leur production grâce aux techniques. Cela comprend l'accès à l'information à partir de laquelle la nature est, elle-même, productrice des formes de la vie et des êtres (biotechnologies).

             Ensuite l'information porte sur la manière dont les humains connaissent et traitent leur existence à travers les religions, les arts, les jeux, les sports, les modes et les médias.

             Le terme informationnel a pour fonction de rassembler ces multiples visages de l'information.

 

5./ Globalisations restreintes et globalisation généralisée

             Ces analyses multiples étaient indispensables pour fonder la distinction entre les globalisations restreintes - historiques et actuelles - et une globalisation généralisée que l'humanité n'est pas en mesure de produire puisqu'elle vient à peine de la penser.

             Elle est du moins en mesure de comprendre qu'aucune globalisation généralisée ne peut délaisser l'entre-transformation de l'économique, du politique, du religieux et de l'informationnel. Pas davantage l'entre-transformation des tribus, des empires, des nations et des sociétés en voie de mondialisation. Ce programme constitue un horizon limite. Sa réalisation ne saurait être assurée même dans les siècles qui viennent. Sans doute, de nouveaux échecs pourront seuls en refonder la nécéssité. Le maintenir au foyer de la conscience humaine et le développer est le seul moyen de réduire si possible les dangers qui déjà sont là.

Divers déficits de globalisation nous apparaissent, dès aujourd'hui , très clairement, dans tel ou tel secteur.

1/ Par exemple, la globalisation actuelle est financière, et pas même économique en totalité. Quand elle essaye de l'être, c'est toujours en fonction d'une pensée économique dominante. On a vu à quel point les recommandations du FMI allaient toujours dans le sens d'une même orthodoxie économique, supposée toujours bonne, quelle que soit la diversité des sociétés, de leur histoire et de leur type de développement. Cependant des institutions, comme l'OMC, ont montré qu'à travers les conflits qui s'y déroulaient, un apprentissage d'objectivité meilleure pouvait se faire jour.

¨2/ La globalisation actuelle ne parvient pas à être politique, en dépit des grandes institutions internationales et du slogan à la fois trompeur et léger de la gouvernance mondiale.

3/ En dépit des tentatives œcuménistes, la globalisation religieuse apparaît encore totalement dépourvue de sens. En témoignent la longue traîne irlandaise d'opposition des catholiques et des protestants, les massacres récurrents engendrés par l'opposition de l'islam et de l'hindouisme, les attentats lourdement meurtriers entre sunnites et chiites, aujourd'hui, en Irak ?

4/ Enfin, la globalisation ne parvient pas davantage à être informationnelle. En effet, la lutte autour de cet informationnel contribue à le déformer, à le dévier, et même à le détruire. L'informationnel-mondial, reste aujourd'hui encore, un vœu pieux. Il n'est jamais atteint que du point de vue d'un ensemble sociétal, essentiellement occidental, qui reste très inférieur au monde.

 

             En réaction à tous ces déficits de globalisation, on voit se développer diverses positions nouvelles d'action et de pensée dont celles qui se sont auto-proclamées alter-mondialistes. Elles n'ont pas encore produit la nécessaire globalisation de leur pensée et de leur analyse.

             Cependant, devant la gravité des situations de misère mondiale et de destruction de la nature, leurs propositions sont de plus en plus souvent prises en compte, à la fois par les acteurs de l'informationnel mais aussi à un niveau plus populaire. Elles cherchent à rétablir la présence des acteurs écartés du fait des inégalités, et la prégnance des problèmes écartés du fait des luttes exacerbées pour maintenir les dominations acquises

             Le maintien ou l'accroissement du désordre mondial peuvent partiellement renforcer certains projets globalisateurs comme le projet écologique. À l'instantanéité de la lutte concurrentielle s'oppose, par exemple, les perspectives raisonnées du " développement durable " ; ou éthiques du " commerce équitable".

             Des positions plus politiques s'organisent aussi comme celles proposant des systèmes de redistribution mondiale, basés sur un mode de taxation de certaines plus-values capitalistiques.

             Ainsi, dans l'économie informationnelle mondiale, le global reste quand même limité même s'il commence à s'accroître. C'est autour de son accroissement que les cultures demain vont s'engendrer. L'interculturel fait directement partie de ces accroissements possibles de l'informationnel-mondial

             Encore faut-il qu'il ne soit pas réduit à un interculturel volontaire se prenant pour un nouvel évangile. L'interculturel est aussi factuel et doit être considérer aux trois plans :

- microsociologique, celui des personnes et petits groupes ;

- mésociologique, celui des grands groupes, des entreprises, des sociétés ;

- macrosociologique, celui des grands secteurs d'activités et des grandes formes de société ()

             Sur ces bases explicitées, il deviendra possible et nécessaire de comprendre tout ce qui ne manquera pas d'empêcher la recherche d'une globalisation généralisée plus authentique, mais aussi tout ce qui pourrait la favoriser.

             Bien évidemment, les orientations singulières de l'Europe () devraient pouvoir jouer ici un rôle important, contribuant davantage au développement, à l'approfondissement, par exemple, de l'histoire et du droit international. On ne peut manquer d'être encouragé par les dernières analyses du " rêve européen ", présentées par le penseur américain Jeremy Rifkin ().

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